Moscou propose une nouvelle coalition internationale contre Daesh

© AP Photo / Karim KadimIraqi security forces display a flag of the Islamic State group and weapons and ammunition confiscated after regaining control of during operations over the last week, from towns of al-Karma and Saqlawiyah near Fallujah, at al-Taji Camp north of Baghdad, Iraq, Friday, July 10, 2015.
Iraqi security forces display a flag of the Islamic State group and weapons and ammunition confiscated after regaining control of during operations over the last week, from towns of al-Karma and Saqlawiyah near Fallujah, at al-Taji Camp north of Baghdad, Iraq, Friday, July 10, 2015. - Sputnik France
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le secrétaire d'État américain John Kerry et leurs homologues du Golfe ont évoqué hier au Qatar des solutions pour intensifier la lutte contre les terroristes de l'État islamique, écrit mardi le quotidien Kommersant.

Sergueï Lavrov a dévoilé pour la première fois les plans du président russe Vladimir Poutine pour neutraliser les islamistes, qui veut créer une large coalition avec la participation des armées syrienne, irakienne, kurde et des pays de la région. Hier, Washington a également mis à jour sa stratégie — désormais toute menace pour l'opposition dite "modérée" pourra être un prétexte d'ingérence militaire de la part des USA, y compris contre l'armée gouvernementale syrienne. Dans ces circonstances le plan de Moscou pourrait devenir l'unique alternative réelle à l'ingérence directe des États-Unis dans la guerre civile syrienne. Mais on a l'impression qu'à l'issue des entretiens de Sergueï Lavrov à Doha, les USA et leurs alliés n'étaient pas prêts à accepter les propositions russes.

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Le ministre russe était manifestement "minoritaire", alors que Washington, Riyad et Doha cherchent toujours à faire démissionner le président syrien Bachar al-Assad en soutenant les groupes armés qui lui sont opposés. Moscou juge cette approche néfaste, notamment en l'absence de progrès dans le combat contre l'État islamique, qui contrôle d'importants territoires irakiens et syriens. La coalition nationale créée par les États-Unis avec la participation de leurs alliés régionaux ne parvient toujours pas à stopper la propagation de cette menace. La Russie et d'autres États soutenant Damas ne sont pas prêts à coopérer avec cette coalition tant que sa mission ne sera pas régie par une résolution spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies.

Moscou a ses propres propositions pour contrer la menace terroriste en Syrie et en Irak, exposées succinctement par le président russe Vladimir Poutine puis révélées dans le détail par Sergueï Lavrov à Doha.

Le ministre russe a déclaré hier que les frappes aériennes étaient "insuffisantes". "Il faut former une coalition regroupant ceux qui combattent sur le terrain la menace terroriste arme: c'est-à-dire l'armée syrienne, l'armée irakienne et les Kurdes", estime-t-il.

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Des sources diplomatiques précisent qu'il est fondamental pour Moscou que cette coalition dispose d'un mandat approprié du Conseil de sécurité des Nations unies. Le président russe compte accorder une attention particulière à ce sujet lors de son discours à l'ouverture de la 70e session de l'Assemblée générale des Nations unis à New York fin septembre.

Le président américain Barack Obama, de son côté, a signé un décret autorisant les forces américaines à riposter à toute action hostile visant l'opposition syrienne "modérée". Sachant que le Pentagone protégera les adversaires de Bachar al-Assad avec l'aviation non seulement en cas d'attaques de l'EI, mais également de l'armée syrienne. Cela signifie de facto une éventuelle implication directe des États-Unis dans le conflit syrien du côté des rivaux de Damas.

Sergueï Lavrov rejette catégoriquement une telle approche: "J'ai interrogé le Secrétaire d'État américain John Kerry à ce sujet. Quand il y a un an, les États-Unis annonçaient la création d'une coalition pour combattre l'État islamique en Irak et en Syrie, Washington avait obtenu l'accord de l'Irak mais avait décidé de ne pas demander celui de la Syrie. Nous avions alors souligné le caractère illégitime et contre-productif d'une telle approche", rappelle le ministre russe. 

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