Il a osé attaquer George W. Bush à coup de chaussure

Sputnik a rencontré Mountazer al-Zaïdi pour évoquer l’"attaque" à la chaussure lancée par ce journaliste et mieux comprendre ses motifs.

Ce sont sans doute les chaussures les plus connues d'Irak, une paire qui a instantanément propulsé son propriétaire au rang de héros national et a fait parler de lui dans le monde entier.

Le 14 décembre 2008, vous vous en souvenez? Le président américain George W. Bush en visite à Bagdad tient une conférence de presse quand une lourde chaussure noire arrive dans sa direction. Puis une seconde. Scandale! Certains parlent même d'attentat à la chaussure…

Heureusement, le président américain est parvenu à éviter de justesse le "cadeau d'adieu" local. Qui sait ce qui aurait pu arriver, si le lanceur avait été plus précis? En tout cas, M. Bush se souviendra toute sa vie de cette visite.

Le jet de chaussures visant la tête du dirigeant américain provenait du journaliste irakien Mountazer al-Zaïdi, furieux des propos de George Bush sur la guerre en Irak.

Six ans après cet incident insolite, Sputnik, qui a d'ailleurs une bonne mémoire, a interrogé M. al-Zaïdi sur ses origines et les motifs qui l'ont poussé à cette action.

"Je suis un citoyen arabe et nationaliste. Je suis né en Irak, à Bagdad et j'ai grandi dans la province de Dhi Qar, lieu de naissance du prophète Abraham. Je suis marié à une Libanaise, elle est mère de ma fille Omidiya, nommée en l'honneur d'une reine de Babylon", raconte-t-il.

Selon lui, "l'attaque" contre le président américain n'était pas spontanée. Le journaliste avait préparé ce projet pendant quatre ans avant de le réaliser.

"C'était pour ses mensonges. Une réponse à ses déclarations selon lesquelles les Irakiens auraient accueilli les Américains avec des fleurs", explique-t-il.

Pour Mountazer al-Zaïd, les conséquences de l'incident se sont avérées malheureusement beaucoup plus lourdes que les dégâts causés à George Bush: l'homme a passé neuf mois en prison. Mais la polémique autour de cette histoire a pris une telle ampleur que son sort a été suivi avec intérêt dans tout le Proche-Orient et le parlement jordanien a même observé une minute de silence en signe de solidarité.

Les chaussures, quant à elles, sont devenues l'incarnation du sentiment anti-américain. En 2009, un monument en forme de gigantesque soulier a vu le jour à Tikrit, ville natale de Saddam Hussein. Et même si la statue a été par la suite démontée sur l'ordre des autorités, cette chaussure est devenue un symbole de la résistance anti-américaine dans le monde arabe.

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