L'artillerie russe apprend à faire barrage aux pick-ups des djihadistes

© REUTERS / Alaa al-FaqirFree Syrian Army fighter stand near an anti-air craft machine gun in Quneitra, Syria July 8, 2017.
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Les artilleurs russes apprennent actuellement à détruire les tout-terrains armés conduits par des djihadistes et utilisés activement au Moyen-Orient.

Le programme de formation inclut des exercices spéciaux pour les obusiers et les mortiers, mis au point en se basant sur l'expérience des opérations militaires en Syrie. Les artilleurs apprennent à dresser un barrage de feu sur le trajet des voitures afin de les empêcher d'atteindre les troupes.

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L'état-major de l'armée de terre précise que le nouveau système de combat contre les tout-terrains est testé par les artilleurs des 15e et 30e brigades d'artillerie du District militaire central. A terme, il sera incorporé à la formation militaire d'autres unités d'artillerie de l'armée de terre, ainsi qu'aux troupes aéroportées et de l'infanterie de marine.

Chaque bataillon russe d'infanterie motorisée, aéroporté et d'assaut aéroporté inclut une batterie de mortiers de 82 mm ou de 120 mm. Les régiments et les brigades comptent également une ou deux divisions d'artillerie qui possèdent des obusiers de 122 mm et de 152 mm automoteurs ou tractés.

Le principe de lutte contre les voitures armées est relativement simple. Ces dernières, en général des pick-ups dotés de mitrailleuses, de canons sans recul et de roquettes antichars, vont vite et sont très manœuvrables. En combat rapproché les unités de djihadistes à bord de ces voitures peuvent facilement détruire les chars et les véhicules de combat d'infanterie.

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C'est pourquoi il est primordial d'empêcher l'ennemi d'approcher de ses propres troupes. Un barrage de feu est donc dressé sur le chemin des convois de terroristes et comme les pick-ups ne sont pas des voitures de combat et ne disposent pas de blindage, ils ne peuvent pas franchir un mur d'explosions et d'éclats.

L'expert militaire Vladislav Chouryguine explique que le recours aux groupes de combat à bord de voitures hautement manœuvrables était largement répandu aujourd'hui dans les conflits de basse intensité.

«Pour les militaires russes la guerre contre les voitures armées est d'actualité car ces véhicules de combat improvisés sont activement utilisés en Syrie, et de telles menaces pourraient apparaître sur le territoire de l'OTSC», note l'expert.

D'après l'expert militaire indépendant Anton Lavrov, l'expérience des conflits militaires contemporains montre que la lutte contre les pick-ups armés est difficile et coûteuse.

«Les pick-ups armés échappent rapidement aux tirs des chars et entrent en combat rapproché, a indiqué l'expert. En Irak, les voitures de l'État islamique (groupe terroriste interdit en Russie) ont infligé de sérieuses pertes aux militaires irakiens munis de chars américains M-1 Abrams. On estime que le moyen le plus efficace de lutter contre les pick-ups armés sont les hélicoptères d'assaut Mi-35M, Mi-28, Ka-52 et AH-64 Apache. Mais chaque décollage des appareils coûte très cher et ils n'arrivent pas toujours à temps sur le théâtre des opérations.»

Selon Anton Lavrov, la nouvelle tactique des artilleurs russes est un moyen très efficace et peu coûteux de lutte contre les pick-ups armés. Le barrage de feu empêche les voitures d'entrer en combat rapproché et pendant ce temps, les véhicules de combat de l'armée peuvent facilement les éliminer à distance.

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Les pick-ups Toyota ont été utilisés pour la première fois par les forces du Tchad contre les forces libyennes pendant la guerre dans les années 1970-1980. A cause de l'utilisation active des voitures, le conflit tchado-libyen a même été surnommé «guerre des Toyota». Actuellement, les pick-ups à grande capacité de franchissement sont présents dans les gammes de pratiquement tous les constructeurs automobiles. Sachant que le Moyen-Orient est le marché principal pour ces voitures. Souvent, les constructeurs livrent même déjà leurs pick-ups avec des fixations pour les armements, les munitions et les moyens de communication.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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