Marine Le Pen donne-elle des gages pour une union des droites?

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Marine Le Pen marque-t-elle un infléchissement de la ligne politique du Front National? Les thèmes de l’Euro et l’Union européenne intéressent tout particulièrement les défenseurs de l’idée d’une union des droites. Icone de cette stratégie, le maire de Béziers Robert Ménard.

«Il y a un certain nombre de questions auxquelles il faut apporter de vraies réponses, que ce soient des questions programmatiques, que ce soient des questions de leadership, que ce soient des questions d'alliance.»

Lors de l'Emission Politique sur France 2 jeudi soir, Marine Le Pen est revenue, entre autres, sur sa vision politique et sur la ligne qu'elle souhaite donner à son parti après « sa très mauvaise prestation lors du débat de l'entre-deux tours », selon Robert Ménard. De nombreuses questions furent abordées durant cette soirée. Mais deux d'entre elles requièrent particulièrement l'attention du maire de Béziers: l'Euro et l'Union européenne.

Florian Philippot, ancien vice-président du front National avait fait adopter à Marine Le Pen la stratégie d'une sortie inconditionnelle de la France dans le système monétaire de l'euro et de l'Union européenne. Depuis son départ, et le retour à une ligne économique plus libérale, le Front National est dans le flou. En déclarant: « j'ai une vision pragmatique, je n'ai pas une vision idéologique de la monnaie. Si l'euro était positif pour la France, après tout, je me contenterais de l'euro, mais je considère qu'il continue à être négatif (…) il faut retrouver nos souverainetés les unes après les autres » Marine Le Pen dit seulement à demi-mot que ce thème n'est plus la priorité de son mouvement.

Mais pour Robert Ménard, la finaliste de la présidentielle se trompe en ne voulant pas affirmer l'abandon de la sortie de l'euro, et préfère avancer les bienfaits de la monnaie commune:

«Je sais que ce n'est pas la bonne méthode. Je crois qu'aujourd'hui ce n'est pas seulement que la sortie de l'euro est anxiogène, ce n'est pas seulement qu'elle est largement repoussée par les français —70% — je crois que c'est une erreur. […] L'euro est un rempart contre la spéculation. L'euro nous met à l'abri d'un certain nombre de mauvais coups, d'un certain nombre de spéculateurs du monde de la finance. […] Il ne faut pas supprimer l'euro, c'est un outil indispensable à notre pays.»

Quant à la critique permanente de l'Union européenne, le maire de Béziers réagit fermement à la vision étriquée de Marine Le Pen:

«Elle confond l'Europe bureaucratique et technocratique, l'Europe insupportable d'arrogance de Bruxelles, avec l'Europe auxquels les européens aspirent. L'Europe c'est une civilisation, c'est une histoire commune, une géographie commune, Marine Le Pen a tort de la rejeter en bloc, de parler d'européistes, comme si c'était un crime d'aimer l'Europe.»

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Robert Ménard: la France a besoin de quelqu’un comme Donald Trump
Après cette mise au point, Robert Ménard conçoit malgré tout un infléchissement de la part de Marine Le Pen sur l'euro en affirmant qu'elle ne fait plus de la sortie de l'euro un absolu et que la monnaie européenne n'est pas responsable de tous les maux de la France. Et, après avoir regardé sa prestation, il souhaite l'encourager à développer cette nouvelle voie:

«Marine Le Pen, il faut aller plus loin, il faut continuer, encore un effort. Vous êtes sur la bonne voie mais il ne faut pas s'arrêter en chemin.»

Robert Ménard poursuit son argumentation en défendant, de manière positive mais prudente, l'euro et l'Union européenne fortement contestés par une partie des souverainistes. Se présentant comme un homme qui aime son pays, il assume un système extranational pour se prémunir de tous les dangers de la mondialisation et appelle à construire une Europe des nations fortes:

«L'euro et l'Europe, malgré leurs défauts, sont un instrument qui nous permet de peser sur le monde face à la montée en puissance de pays qui pèsent de façon invraisemblablement forte sur le marché, sur l'avenir du monde. […] la France a besoin d'alliance. Les alliances cela passe d'abord par la construction d'une Europe puissante. […] Il ne faut plus de cette Europe arrogante, insupportable qui veut régenter les différents pays, il faut respecter la spécificité de chacun de nos pays européens, il faut respecter notre histoire, notre culture qui est différente d'un pays à un autre.»

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Séminaire de refondation du Front national: l’unité est de mise
Mais plus loin pour quoi?

L'échec du souverainisme de gauche et le départ des Patriotes (nouveau mouvement de Florian Philippot) permet de donner très probablement un visage libéral à la stratégie économique de son successeur à la vice-présidence du Front national, Nicolas Bay. Mais au-delà de l'aspect purement économique, le FN, sur le chemin de la «refondation» — d'après sa Présidente —, est davantage disposé à réaffirmer ses valeurs de droite. La conjecture est assurément positive pour une union des droites: les partis sont malades, un grand nombre de leurs responsables souhaite cette alliance. Et depuis un certain temps, les idées de la droite souverainiste et conservatrice s'assument par une jeunesse décomplexée: le mensuel L'Incorrect en est une illustration frappante.

Considérant qu'il y a 90% des idées communes entre tous ces mouvements, Robert Ménard fustige les comportements égoïstes des élus qui finalement ne servent pas les intérêts de leur pays:

«C'est les intérêts de boutique. Chacun veut être calife à la place du calife, c'est juste ça. Chacun pense que c'est lui qui est le meilleur, chacun pense que c'est autour de lui que doit se faire l'unité, chacun pense qu'il est à ce point spécifique, à ce point un sauveur et ne veut pas entendre parler des autres.»

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