Fumer «ce serait traiter sa pneumonie à la Kalachnikov» en pleine pandémie de Covid-19

Alors que des études américaines et chinoises relèvent le faible taux de fumeurs parmi les malades du Covid-19, la communauté scientifique appelle à la prudence concernant cette théorie. «Il y a quelque chose, mais on ne sait pas quoi», selon le président de Paris sans tabac, Bertrand Dautzenberg.

Plusieurs études font état du faible nombre de fumeurs parmi les malades du coronavirus. Cependant, trop peu de données sont actuellement disponibles pour tirer des conclusions, relate BFM TV.

«On a quelque-chose de très particulier avec le tabac. On a constaté que l'immense majorité des cas graves ne sont pas des fumeurs, comme si [...] le tabac protégeait contre ce virus, via la nicotine», a déclaré la semaine dernière le directeur du comité scientifique contre le Covid-19 Jean-François Delfraissy.

Des données chinoises et américaines sur le taux de fumeurs parmi les malades du Covid-19 viennent appuyer cette théorie.

Bertrand Dautzenberg, ancien pneumologue et président de Paris sans tabac, signale à BFM TV que selon une étude américaine, sur plus de 7.000 malades du Covid-19, seulement 1,3% sont fumeurs, contre 12,6% selon des études chinoises.

«Le tabac ne sera pas une solution»

«Est-ce que c'est la fumée, est-ce que c'est la nicotine? On ne sait pas pour le moment, plusieurs études sont en cours pour tenter d'expliquer le phénomène», confie Bertrand Dautzenberg, qui ajoute que le tabac n’est pas une solution contre le Covid-19.

«Ce serait traiter sa pneumonie à la Kalachnikov. La cigarette, il faut toujours arrêter. Fumer ne sera jamais positif», insiste-t-il.

Des formes plus graves chez les fumeurs

Un fumeur - Sputnik France
Les fumeurs sont-ils davantage susceptibles d’être infectés par le Covid-19?
Dans le même temps, les fumeurs infectés par le virus développeraient des formes plus graves de la maladie.

Selon une étude parue fin mars dans la revue médicale américaine New England Journal of Medecine, la plupart des patients sévèrement atteints du Covid-19 présentaient des facteurs aggravants tels que le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires et le tabagisme.

Évoquant le récepteur ACE2, porte d’entrée du coronavirus, M.Dautzenberg reconnaît qu’«on sait que la nicotine joue un rôle sur la régulation de ce système».
«Il y a quelque chose, mais on ne sait pas quoi», résume-t-il, mais il appelle à ne pas se jeter sur les substances nicotiniques, car rien n’a encore été prouvé.
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