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Pass sanitaire: pour les forains, le gouvernement a donné le «coup de grâce à l’activité économique»

Fête foraine - Sputnik France, 1920, 29.07.2021
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Quelques jours après l’instauration du pass sanitaire, c’est la douche froide pour les forains. Ils accusent entre 60 à 80% de baisse de fréquentation. La décision de l’exécutif «assassine» la profession, estime un membre fondateur de la Fédération des forains de France.
«C’est incompréhensible. On voudrait tuer le secteur que l’on ne s’y prendrait pas autrement.»

Membre fondateur de la Fédération des forains de France, Xavier Saget laisse éclater sa colère au micro de Sputnik. L’objet de son ressentiment? La décision gouvernementale de conditionner l’accès aux fêtes foraines à la présentation d’un pass sanitaire valide. Ce dispositif fait grincer des dents autour des manèges. On y voit un épouvantail susceptible de faire fuir la grande majorité de la clientèle. «Cela crée la psychose, les gens ne comprennent plus rien», confirme Xavier Saget.

Ainsi, il déplore que depuis l’instauration du sésame le 21 juillet dernier, les fêtes foraines accusent une baisse de fréquentation de l’ordre de 60 à 80%. Or il n’y a «aucun accompagnement pour les victimes de ces pertes», s’insurge notre interlocuteur.

Absence de concertation avec les forains

«Quand les frais sont supérieurs aux recettes, il faut prendre des décisions.» Le membre fondateur de la Fédération des forains de France reste pessimiste.

«C’est donc la pire des mesures qu’ils pouvaient nous annoncer en pleine saison. C’est le coup de grâce à l’activité économique.»

Un changement de cap brutal imputé à l’incohérence gouvernementale que fustige Xavier Saget: «La clientèle était au rendez-vous et tout allait bien. Trois semaines après, on vous dit: “C’est terminé, il faut le pass.” C’est du grand n’importe quoi

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Un désarroi compréhensible puisque l’activité des forains avait repris le 30 juin dernier, après plus d’un an d’arrêt. Or ils ont dû investir leurs dernières économies afin, par exemple, de reconstituer leurs stocks, de procéder à l’entretien des manège et aux indispensables révisions après une longue période d’inactivité. Ou encore, tout simplement, pour financer la location des emplacements. Celle-ci pouvant parfois dépasser allégrement les 10.000 euros.

«On est resté dix-huit mois sans travail. Certes, on a eu des aides de l’État, mais vous ne pouvez pas faire vivre une entreprise. On a tout reculé: le paiement des assurances, on a demandé des reports sur les échéances de nos prêts. On a dû limiter les dépenses pour tenir», rappelle-t-il.

Le pass sanitaire provoque donc l’amertume des forains. Ceux-ci enragent aussi devant l’absence de dialogue avec l’exécutif. Des négociations auraient pu aboutir à la mise en place d’aménagements.

«Ce sont des mesures prises dans l’urgence, sans concertation. Quand on annonce des mesures en juillet, il faut un certain laps de temps pour que les entreprises se préparent. On ne peut pas traiter une profession de la sorte», fulmine le membre de l’organisation représentative de la profession.

Notre intervenant s’étonne que certaines activités sont exemptes de pass sanitaire. De quoi accréditer l’idée que l’exécutif passe allégrement du «en même temps» à la cote mal taillée?

Une colère à la hauteur des sacrifices réalisés

En effet, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne vis-à-vis du laissez-passer! Y échappent les centres commerciaux de moins de 20.000 m2. Mais également les marchés en extérieur qui occupent le domaine public. «Ils ont une densité de clients semblable, voire supérieure, à la nôtre, mais ils ne sont pas soumis au contrôle du pass sanitaire. Idem pour les parcs et jardins où se déroulent de nombreuses manifestations», énumère Xavier Saget.

Un deux poids, deux mesures qui ne passe donc pas. Surtout au vu des sacrifices consentis par la profession: «On est resté chez nous. On a accepté que les fêtes soient annulées. On a présenté des protocoles sanitaires. Et, là, on nous assassine

«Donc je pense que l’on va se révolter. On ne va pas mourir comme ça», conclut, combatif, Xavier Saget.
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