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«Une vraie mission de guerre»: un pilote français raconte les évacuations d’Afghanistan

© Sputnik . Stringer / Aller dans la banque de photosAéroport international de Kaboul, août 2021
Aéroport international de Kaboul, août 2021 - Sputnik France, 1920, 01.09.2021
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Décrit par Joe Biden comme étant «l’une des plus difficiles de l’Histoire», l’opération d’évacuation depuis l’aéroport de Kaboul exigeait un haut niveau de professionnalisme de la part des pilotes impliqués. Parmi eux se trouvait le lieutenant-colonel Nicolas, de l'Armée de l'air française, qui partage son expérience.
Achevée par la France le 27 août, l’opération Apagan a permis d’évacuer en 12 jours près de 3.000 personnes d’Afghanistan, selon Florence Parly. Et cela grâce aux pilotes de l’armée de l’Air et de l’Espace qui ont pu assurer le pont aérien dans les conditions de chaos qui régnaient à l’aéroport de Kaboul.
Dans un entretien à Franceinfo, le lieutenant-colonel Nicolas, qui avait précédemment effectué plusieurs missions au Sahel, a confié que malgré «un mode d'action un peu différent» c'était «une vraie mission de guerre». 
«Ce n'est pas anodin du tout de voir ces gens quitter leur pays comme ça dans l'urgence, c'était assez émouvant», souligne-t-il.
D’après lui, «l’objectif était d'évacuer des personnes le plus rapidement possible». Il a précisé au Parisien que l’équipage n’avait qu’«une demi-heure entre le poser et le décollage» pour embarquer les passagers «en laissant tourner les moteurs». Un jour, après l’autorisation de la cellule spéciale de la base aérienne d’Orléans, il a dû prendre à bord de son A400M 226 réfugiés alors qu'il avait une capacité de 116 passagers assis.
«Soit on les installait à deux par siège avec une ceinture partagée, soit à même le plancher avec une sangle de protection», a-t-il ajouté.

Des conditions de guerre

De surcroît, il se rappelle avoir vu lors de son atterrissage à Kaboul «des échanges de tirs aux alentours de l’aéroport». Lors d’un des décollages, son avion a déclenché automatiquement des «leurres» pour déjouer un missile détecté.
En effet le site d'information militaire Opex360, qui reprend une vidéo de CBSNews, confirme qu’il s’agissait d’un A400M «Atlas» de l’armée de l’Air et de l’Espace en train de larguer ces leurres infrarouges.

​D’autres témoignages

Le 19 août le site du ministère tchèque de la Défense a publié le témoignage du pilote d’un Airbus A319 qui a évacué depuis Kaboul 62 personnes. Il rappelle que le passage entre le Turkménistan et Kaboul était sans contrôle aérien et que, par conséquent, son équipage a dû calculer lui-même les distances et s’aligner dans la file d’attente pour l'atterrissage, tout comme chercher les fréquences pour communiquer avec les autres avions.
D’après lui, ils ne pouvaient pas compter sur le carburant à Kaboul, c’est pourquoi ils ont fait le plein à Bakou. Finalement, l’aéronef a attendu quatre heures et demie en Afghanistan, car l’équipage ne voulait pas décoller dans la nuit en n’ayant aucune idée du fonctionnement des feux de piste.
«C'était une expérience. J'ai eu plusieurs vols, disons, non traditionnels, mais c'était sans aucun doute difficile et sacrément long», a confié ce pilote militaire qui sert dans l’armée tchèque depuis 2001.
La Russie a également évacué entre le 24 et le 26 août ses citoyens ainsi que certains du Kirghizistan, du Tadjikistan, de la Biélorussie, et de l'Ouzbékistan. Le chef de la Défense russe Sergueï Choïgou a remercié le 31 août les pilotes et le personnel médical pour un travail rapide et bien coordonné lors de cette opération qui impliquait trois avions Il-76MD et un Il-62.
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