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Pass sanitaire obligatoire pour les adolescents: faut-il vacciner les jeunes?

© AFP 2021 FREDERICK FLORINDes élèves à la rentrée 2020 à Strasbourg
Des élèves à la rentrée 2020 à Strasbourg - Sputnik France, 1920, 01.10.2021
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Le pass sanitaire chez les 12-17 ans devient obligatoire. La vaccination des adolescents reste un sujet controversé après des parents, épidémiologistes et virologues. Débat virtuel entre Alexandra Henrion-Caude, Mylène Ogliastro et Antoine Flahault.
Depuis 30 septembre, le pass sanitaire est obligatoire pour les jeunes de 12 à 17 ans. "Par conviction ou à reculons" selon France Info, plus de trois millions d’adolescents ont déjà été vaccinés: 71% d’entre eux ont reçu au moins une dose et 63% les deux injections.
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Le professeur Antoine Flahault, du service de médecine tropicale et humanitaire au sein des Hôpitaux Universitaires de Genève, assure ne pas avoir "connaissance de contre-indications spécifiques liées à l’âge pour la vaccination des adolescents". Selon lui, il "existe d’exceptionnelles allergies" à certains des composants des vaccins, mais "elles n’ont rien de spécifique à l’âge". Une opinion que défend également Mylène Ogliastro, virologue, chercheuse à l’Institut national de la recherche agronomique (INRAE), qui souligne que les contre-indications sont "les mêmes que pour les adultes: antécédents allergiques majeurs".

Adultes ou ados, face au vaccin, quelle différence?

Connue pour ses doutes sur le vaccin anti-Covid-19, la Dr. Alexandra Henrion-Caude, directrice de recherche de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) à la retraite, appelle pour sa part à renverser les termes de la question et à "se demander s’il y a une indication à cette injection génique expérimentale des adolescents". Elle appelle en effet à voir la situation dans son ensemble et rappelle que "le taux d’incidence du Covid-19 de Sentinelle depuis des mois est remarquablement bas, et sa dernière estimation en semaine 38 fait état de 0,0004%, soit quatre cas pour 100.000 habitants".

"Au plus fort de l’épidémie, d’après les données de Santé Publique France, le risque de mortalité de cette tranche d’âge était de 0,00005%, soit 4 décès pour plus de 8,5 millions de moins de 15 ans en 2020 chez des enfants en déficit immunitaire contre zéro décès chez les enfants sains", plaide Henrion-Caude.

Enfin, la chercheuse rappelle que "les jeunes ne sont pas transmetteurs", en se basant sur "une vingtaine d’études épidémiologiques internationales", dont trois études françaises: une de l’INSERM, une de l’Institut Pasteur et une de la société pédiatrique Activ. D’après ces études, la transmission d’enfant à enfant n’est pas prouvée et "les foyers découverts dans les écoles sont dus aux adultes fréquentant les écoles ou aux parents à domicile".

"Vaccins sûrs" ou risques de "myocardites et de péricardites"?

Bref, elle ne trouve pas de justification à la vaccination en masse les adolescents, d’autant que "les adolescents forment un groupe d’âge, qui en l’absence d’autres maladies sévères (ce que l’on appelle comorbidités), ne sont ni à risque du Covid-19, ni de grippes saisonnières". Elle rappelle également qu’il "n’a jamais été dans les habitudes de les vacciner [contre les grippes saisonnières, ndlr]" et insiste sur le rôle de l’immunité naturelle chez l’adolescent.

"Le Washington Post mentionne, par exemple, les 15 publications scientifiques qui font état de l’efficacité de l’immunité naturelle dans la protection contre cette maladie. Or, s’il y a bien une classe d’âge où le virus a beaucoup circulé du fait de leur mode de vie, ce sont les adolescents", souligne Dr. Henrion-Caude.

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À l’inverse, le professeur Flahault ne voit pas la nécessité de se priver ce cet outil de lutte contre l’épidémie. Il balaye les inquiétudes que certains manifestent vis-à-vis de possibles effets indésirables de ces nouveaux types de vaccin sur la santé des jeunes. Nous avons "non seulement un recul suffisant" sur l’utilisation des vaccins ARN messager (ARNm) chez l’homme, estime-t-il, mais "une expérience unique dans l’histoire de l’humanité, qui n’avait jamais vacciné autant de personnes dans un délai aussi court".
"Je ne connais pas d’effets indésirables liés à des vaccins qui seraient survenus plus de six mois après l’injection. On a administré plus de six milliards de doses de vaccin contre la Covid dans le monde depuis plus de neuf mois et à ma connaissance, on n’a pas rapporté d’effets indésirables de survenue tardive liés au vaccin", affirme le professeur helvétique.
Mylène Ogliastro confirme "une efficacité remarquable" des vaccins à ARNm anti SARS-Cov-2. "Ces technologies ont plus de 20 ans, même si le monde les découvre aujourd’hui", souligne l’épidémiologiste, qui salue "une véritable prouesse technologique" dans la production et la vaccination de masse "déployées à l’échelle mondiale en si peu de temps".
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Alexandra Henrion-Caude se montre quant à elle bien plus pessimiste sur les effets indésirables de la vaccination contre le Covid-19. L’ancienne chercheuse de l’INSERM estime en effet que de "persévérer dans cette voie de soi-disant “vaccination” pourrait avoir des conséquences dramatiques" et cite "les retours des campagnes" de vaccination en Israël et aux États-Unis avec "un grand risque de fragilisation du cœur des jeunes au travers de myocardites et de péricardites" et "des troubles importants des règles des filles". "A-t-on le droit de prendre le moindre risque sur l’un comme sur l’autre, en l’absence de toute indication médicale?" insiste la scientifique. "Non!", répond-elle, mettant toujours en doute l’utilité de la vaccination:
"Celle-ci ne sert à rien puisque les vaccinés peuvent contaminer les autres et faire des formes graves, voire mourir. Nous sommes donc sur un slogan publicitaire et non médical, qui plus est ne correspond pas à la réalité", soutient Alexandra Henrion-Caude, toujours aussi radicale.
Pour elle, il serait judicieux d'avoir une vision spécifique du corps des adolescents "en mutation accélérée, celui de la puberté", qui n’est pas forcement pris en compte par nos deux autres interlocuteurs.
"D’un point de vue épidémiologique, il serait préférable de vacciner les plus jeunes, chez lesquels le virus circule beaucoup, pour protéger les plus fragiles. Exactement comme pour le SARS-Cov-2", indique Mylène Ogliastro.
Bien qu’à ce jour la vaccination ne soit pas obligatoire chez les adolescents, le professeur Antoine Flahault se rallie à cette position et appelle à écouter les médecins qui recommandent fortement "un vaccin sûr et efficace pour les adolescents", car il protège contre "les formes graves de la Covid-19, potentiellement mortelles".
"Même si le risque de complications et de décès par Covid reste rare chez l’adolescent, il n’est pas du tout exclu et il est possible de l’éviter par un vaccin sûr, donc on ne peut pas imaginer ne pas le recommander très fortement à tous les adolescents", appuie le professeur genevois.
M. Flahault souligne également que "même les formes bénignes du Covid ne sont pas si anodines", perturbant la scolarité des adolescents, étant à l’origine de fermetures de classes, de quarantaines ou de formes chroniques de la maladie.

Et l’immunité de groupe?

Au-delà des implications individuelles de la vaccination, se pose également sa dimension sociale: est-ce la sécurité du groupe ou de l’individu qui doit primer? Nos interlocuteurs ont également des visions opposées sur la question de "la responsabilité collective" dans la lutte contre la pandémie. Pour Antoine Flahault, il est impossible de ne pas recommander largement "un très bon vaccin" pour éviter une forme longue du Covid-19, "redoutable et invalidante".
"Qui peut souhaiter que son adolescent puisse être à l’origine d’une contamination d’une personne âgée ou à risque de son entourage, de ses grands-parents par exemple? Tout cela parce que l’on n’aurait pas voulu qu’il ou elle se vaccine? A-t-on le droit d’imposer une telle expérience à son enfant?" questionne professeur Flahault.
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De même, pour Mylène Ogliastro, quand on a "la chance d’avoir un vaccin contre un pathogène, oui, il mieux vaut se faire vacciner, pour les adultes jeunes et moins jeunes". L’immunité de groupe primerait sur les doutes.
"Vivre avec le virus veut-il dire le laisser circuler ou à éviter, ou en tout cas à fortement limiter [sa circulation, ndlr], grâce à l’immunité de groupe? D’où l’importance d’inclure les ados dans la vaccination. Car chez eux, le virus circule très activement", assure Mylène Ogliastro.
Sans s’écarter de sa ligne, Alexandra Henrion-Caude cite encore les médecins du groupe anglais JCVI, affirmant que "le principal danger des adolescents n’est clairement pas ce virus, mais bien le vaccin, ses complications et le traitement social qui en est fait".

"Je terminerai sur les effets indésirables de ces injections qui, même s’ils sont rares, peuvent stopper la vie d’un enfant ou d’un adolescent ou au minimum en briser les espoirs, comme tous ces sportifs dont la carrière a brutalement été cassée", conclut l’ancienne directrice de recherche de l’INSERM.

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