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Europe

Sortir sans crainte d’être droguée et violée: des Belges lancent "Balance ton bar"

Un verre - Sputnik France, 1920, 22.11.2021
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"#Balance ton bar où tu t’es fait agresser ou droguer à ton insu!" C’est l’appel que lancent de jeunes Belges après la multiplication des victimes de la "drogue du violeur". Les activistes espèrent une prise de conscience à l’échelle internationale.
Parti modestement d’une page Instagram qui dénonçait les agressions sexuelles dans les bars bruxellois, le mouvement #Balance ton bar déferle dans la rue de la capitale belge où il a réuni plusieurs centaines de manifestantes.
"C’est un mouvement né il y a un mois et qui tend à s’étendre au-delà des frontières belges. J’aurais aimé coordonner l’effort avec les Français. J’ai lancé pas mal de pages sur les réseaux en France qui sont désormais tenues par des volontaires", assure au micro de Sputnik Maïté Meeus, à l’origine de l’initiative.
France, Espagne, Canada, Colombie… Droguées à leur insu puis violées, les victimes de ce nouveau fléau mondial sont de plus en plus nombreuses. Des réponses locales voient le jour. Ainsi, à Lille, un patron d’estaminet a inventé un bouchon de silicone à fixer sur le verre pour empêcher les agresseurs d’y introduire quoi que ce soit.
Grâce aux activistes belges, des centaines de comptes d’"antennes locales" de #Balance ton bar fleurissent de rose les réseaux sociaux. L’objectif de base du mouvement est de "libérer la parole des femmes victimes des violences", de diffuser l’information sur les agressions sexuelles, les "viols ou les drogues que les filles reçoivent dans leur verre". Désormais, les initiatrices semblent vouloir passer à l’étape suivante.

La parole libérée doit trouver une oreille bienveillante

Parler et dénoncer n’est pas un but en soi pour la jeune femme de 23 ans qui a lancé le mouvement. "Dans un second temps", elle souhaite laisser la place aux mesures concrètes: prévention et prise en charge des victimes.
"Au niveau de la prise en charge, il s’agit de s’occuper du processus de dépôt de plainte, du parcours juridique qui, souvent, n’aboutit pas. J’essaye d’attirer l’attention sur ce problème", souligne Maïté.
Notre interlocutrice se plaint également d’un "manque d’information chez les officiers de police". D’après elle, cela représente un second traumatisme pour les victimes. Quand elles ne trouvent pas une oreille bienveillante au commissariat, "ça peut aller jusqu’à être moquées ou insultées".

Les premières réactions officielles

Maïté rappelle que, même s’il existe en Belgique trois centres de prise en charge de victimes de violences sexuelles (CPVS) –à Gand, Liège et Bruxelles–, "ils sont constamment saturés".
"Grâce au mouvement #Balance ton bar, le secrétaire d’État à l’Égalité des chances a promis la multiplication des sites et leur agrandissement. C’est une belle victoire", se félicite Maïté Meeus.
En France, les réactions se multiplient également. Après avoir reçu neuf plaintes de femmes déclarant "avoir été droguées à leur insu" dans des bars et discothèques, Laure Beccuau, procureur de Paris, a annoncé au micro de RTL l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Les établissements nocturnes dans le collimateur

Et s’il existe des protocoles de prise en charge des victimes, "tout reste à faire pour le préventif". Mobiliser les patrons d’établissements demanderait que l’idée fasse son chemin dans les esprits du monde de la nuit. En effet, certains tenanciers tentent de "se disculper d’une façon claire et nette".
"On déplore le manque d’implication des patrons au niveau de la prévention. Certains sont dans le déni, d’autres dans l’ignorance. Je regrette le silence de certains, parce qu’on ne peut plus nier l’évidence des témoignages devant nous", détaille Maïté.
Certains vont jusqu’à sortir des communiqués de presse pour se dédouaner de leurs responsabilités. Ainsi, une boîte de nuit bruxelloise, Les Jeux d’hiver, a diffusé des "conseils" pour "éviter les problèmes", "manger avant de sortir " ou "venir accompagnée". Notre interlocutrice juge "très malvenus dans la situation actuelle" ces "conseils" qui renvoient la responsabilité sur les victimes potentielles.

"Mais on a aussi des patrons d’établissements qui souhaitent mettre des mesures en place. On va surveiller si c’est vraiment fait et respecté dans le temps, ou s’il s’agit juste de leur réaction à ce qu’ils considèrent comme un mauvais coup de communication", conclut Maïté Meeus.

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