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Rafale en Croatie: le marché de l’occasion a le vent en poupe

© Photo Domaine public/U.S. Department of DefenseRafale au dessus de l'Irak, 26 octobre 2016.
Rafale au dessus de l'Irak, 26 octobre 2016. - Sputnik France, 1920, 26.11.2021
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Pour la deuxième fois cette année, le Rafale s’impose à l’export dans un pays européen. En Grèce comme en Croatie, la France avait proposé des appareils d’occasion. Fort de cette méthode, la France espère également l’emporter en Ukraine. Analyse.
C’est signé. Les ministres français et croates de la Défense ont conclu la commande de Rafale annoncée par Zagreb en mai dernier. Un deal concrétisé à l’occasion de la visite officielle d’Emmanuel Macron en Croatie, la première d’un chef d’État français dans ce pays de l’UE et de l’Otan.
Ce contrat de 1,155 milliard d’euros comprend douze appareils d’occasion au standard F3-R, leur armement et la formation des pilotes. Les six premières machines devront être livrées à la Croatie entre le troisième trimestre 2023 et le début de l’année 2024, les six autres suivront avant le printemps 2025.
"Un acte fort pour l’Europe de la défense" a salué, une fois n’est pas coutume, Florence Parly. "La Croatie est le 3e pays européen [France inclue, ndlr.] à s’équiper du Rafale", conclut-elle dans son tweet. La ministre a également annoncé que ces appareils, qui seront prélevés sur les capacités de l’Armée de l’air et de l’espace seront compensés par une commande d’appareils neufs. Toutefois, si cette contrepartie avait déjà été affirmée devant les sénateurs en juin, aucune modification ne devrait être apportée à la loi de programmation militaire (LPM) avant les élections de 2022. La responsabilité d’honorer cette promesse de Florence Parly est donc renvoyée à la future majorité. Les aviateurs tricolores devront être d’autant plus patients que ces "livraisons commenceront à partir de 2027", a avancé lors d’un point de presse Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées.
Prélever dans les dotations des armées est relativement nouveau en France. Dans le cas du Rafale, ce modèle a été inauguré avec la Grèce. Fin janvier, Athènes s’est offert douze avions de combat d’occasion et six neufs. Une bonne entrée en matière, puisque l’aviation grecque a ensuite annoncé en septembre son intention de commander six appareils neufs supplémentaires.

L’armée française, nouveau stock pour l’export?

Dans une moindre mesure, le même mécanisme avait été utilisé en 2015, lors du transfert à la marine égyptienne de la frégate multimissions FREMM Normandie (rebaptisée Tahya Misr). Il s’agissait alors pour les autorités françaises d’honorer une commande chiffrée à cinq milliards d’euros "concrétisée dans un laps de temps très court, non compatible avec les procédures habituelles", alors que le bâtiment n’était pas encore entré en service dans la marine nationale.
Pour en revenir au marché croate, au-delà d’une livraison express, il s’agissait également de rendre le Rafale financièrement plus compétitif. En effet, en Croatie, on retrouvait face au chasseur omnirôle de Dassault le F-16 Viper du numéro un mondial de l’armement, l’américain Lockheed-Martin, ou encore le Gripen des Suédois. Seuls les Israéliens proposaient également des F-16 "Barak" de seconde main.
© AFP 2021 MARIO GOLDMAN / AFPDéveloppé en 2018, le standard F3-R permet notamment la mise en œuvre du missile air-air longue portée (BVR) Meteor de MBDA, qui s’ajoute ainsi au traditionnel MICA des appareils de la chasse française. Autre ajout en matière d’armement: la version à guidage terminal laser de l’armement air-sol modulaire (AASM). Ajoutée aux versions à guidage GPS et par imageur infrarouge, l’accès à cette famille de bombes guidées permet au Rafale d’opérer des frappes par tous temps. Des capacités de frappes air-sol également renforcées par l’arrivée de la nacelle de désignation Talios de Thales.
Développé en 2018, le standard F3-R permet notamment la mise en œuvre du missile air-air longue portée (BVR) Meteor de MBDA, qui s’ajoute ainsi au traditionnel MICA des appareils de la chasse française. Autre ajout en matière d’armement: la version à guidage terminal laser de l’armement air-sol modulaire (AASM). Ajoutée aux versions à guidage GPS et par imageur infrarouge, l’accès à cette famille de bombes guidées permet au Rafale d’opérer des frappes par tous temps. Des capacités de frappes air-sol également renforcées par l’arrivée de la nacelle de désignation Talios de Thales. - Sputnik France, 1920, 26.11.2021
Développé en 2018, le standard F3-R permet notamment la mise en œuvre du missile air-air longue portée (BVR) Meteor de MBDA, qui s’ajoute ainsi au traditionnel MICA des appareils de la chasse française. Autre ajout en matière d’armement: la version à guidage terminal laser de l’armement air-sol modulaire (AASM). Ajoutée aux versions à guidage GPS et par imageur infrarouge, l’accès à cette famille de bombes guidées permet au Rafale d’opérer des frappes par tous temps. Des capacités de frappes air-sol également renforcées par l’arrivée de la nacelle de désignation Talios de Thales.
Reste que ces contrats sont bien plus modestes que ceux signés hors d’Europe, tant en volume d’appareils qu’en raison de leur état. 24 exemplaires avaient été vendus mi-février 2015 à l’Égypte, auxquels se sont ajoutées 30 machines supplémentaires depuis mai 2021. Même chose du côté du Qatar, qui a passé commande de 24 Rafale en en mai 2015, 12 autres ont suivi en décembre 2017, puis 24 supplémentaires en mai dernier. Pour ces seuls 24 derniers appareils commandés, la facture s’élève à 6,3 milliards d’euros, soit un ratio par appareil trois fois plus élevé que dans le cas de ceux vendus à la Croatie. Entre-temps, l’Inde s’était également portée acquéreuse de 36 Rafale en septembre 2016 pour environ huit milliards d’euros.

Armes d’occasion: nouvel argument de vente de la France

Mais dans le cas de ces trois pays, il s’agissait de négociations intergouvernementales, sans appel d’offres et donc sans mise en concurrence, comme l’exige le droit communautaire de la concurrence… du moins pour les pays qui s’y tiennent, puisque la Pologne a trouvé une raison de le contourner.
Ces négociations intergouvernementales semblent jouer en faveur de l’industrie française, comme l’a encore démontré en juin le choix des Suisses en faveur du F-35: dès lors que les industriels français se retrouvent en compétition directe avec leurs concurrents américains, les chances pour eux de l’emporter s’amenuisent drastiquement, tout particulièrement en Europe où 21 des États membres font également partie de l’Otan.
La France est-elle ainsi condamnée à proposer des appareils d’occasion pour espérer vendre à ses "partenaires" européens? Fort de ses succès grec et croate, la France a ainsi également proposé à l’Ukraine des Rafale de seconde main, où ils feront face aux F/A-18 Hornet de Boeing. Un débouché ukrainien auquel croirait Emmanuel Macron, laissait fuiter fin mars le site Intelligence Online. Dans la mesure où les Américains eux-mêmes doutent de la solvabilité de leurs alliés ukrainiens, alors que les Français sont quant à eux prêts à offrir à Kiev une garantie financière à hauteur de 85% du contrat, le dossier français a en effet toutes ses chances de l’emporter… que les Rafale soient d’occasion ou non.
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