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Indépendantiste corse: "Il faut pousser la France à bout pour qu’elle lâche quelque chose"

© AFP 2021 Yannick GrazianiDrapeau corse, la préfecture à Ajaccio
Drapeau corse, la préfecture à Ajaccio - Sputnik France, 1920, 02.12.2021
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En Guadeloupe, la contestation contre les mesures sanitaires a poussé Paris à se dire "prêt" au dialogue sur l’autonomie de l’île. Une annonce qui a provoqué l’incompréhension d’indépendantistes corses, critiques envers le pouvoir local officiel.
"L’affaire de la Guadeloupe est un coup de pied au derrière à l’ensemble de la ligne représentée à l’Assemblée de Corse", tacle d’emblée Pierre Antonini, secrétaire général de l’organisation politique Per l’Indipendenza.
La visite en Guadeloupe de Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, n’a pas résolu l’agitation née du refus de l’obligation vaccinale pour les soignants et les pompiers de l’île. Venu pour tenter d’apaiser la crise sociale aux Antilles, le ministre a de plus monté contre lui certains cercles politiques en Corse, où son annonce d’être "prêt" à discuter de l’autonomie de l’île passe mal.
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Pierre Antonini, qui avait porté en 2019 le "problème Corse" devant l’Onu afin que le peuple corse soit reconnu comme "autochtone", ne tarit pas de critiques sur les résultats obtenus par les nationalistes "officiels", actuellement aux manettes de l’Assemblée de Corse.
Pour le secrétaire général du mouvement indépendantiste, "la voie légaliste française, la voie électoraliste" suivie en Corse "n’a pas fait l’unanimité et depuis 2015, elle a provoqué de plus en plus de contestations".
"L’électoralisme montre ses limites quand vous vous enfermez dans un système sans plus avoir de moyens de pression derrière. Aujourd’hui, la France, un ancien État colonial, est en pleine déliquescence et elle s’arc-boute sur ce qui reste. À un moment donné, il faut la pousser à bout pour qu’elle lâche quelque chose", soutient l’homme politique.
Notre interlocuteur rappelle que la position de Paris "durant des années" vis-à-vis de l’ensemble du mouvement nationaliste corse consistait à "ne reconnaître que la voie du suffrage universel".

"Les situations conflictuelles ou de violence" ont fait avancer les choses

D’après lui, cette attitude a poussé les partis nationalistes, qui ont gagné les Régionales et "ont obtenu une majorité absolue" aux Législatives, à abandonner "toutes les autres formes de lutte, où ils s’appuyaient encore sur les Corses".
"La Guadeloupe vient de démontrer que seul le peuple avait la solution au problème. C’est une leçon magistrale que certains viennent de se prendre ici", avance Pierre Antonini.
Pour son organisation politique, officiellement déposée en juin 2020, le soutien des Corses reste la pierre angulaire de toute discussion avec Paris. "On n’a pas arrêté de crier au loup: le peuple de Guadeloupe a obtenu en quatre jours ce que l’on réclame depuis six ans à l’assemblée de Corse et que l’on n’arrive pas à avoir: une ouverture des discussions", s’insurge l’homme politique.

"Une leçon magistrale"

Pour le responsable indépendantiste, les trois résultats électoraux corses en faveur des nationalistes "en 2015, en 2017 et surtout en 2021", ont donné des "résultats nuls". Bien que pour son mouvement, "l’autonomie n’est pas la panacée", M. Antonini se dit prêt à passer par cette revendication au nom des fameux "résultats" dans les négociations avec Paris.
"Toutes les avancées statutaires en Corse ont été faites dans des situations conflictuelles ou de violence. Il faut le reconnaître. Ce n’est pas en créant un nouveau système clanique en Corse que l’on va faire plier la France."
Et de rappeler d’amers constats: un taux de chômage de 8%, le plus élevé de France, une population corse qui "commence à être marginalisée sur sa propre terre". "La population est obligée de vendre" parce qu’elle n’a plus les moyens de vivre, déplore l’homme politique.
"On a renoncé à toute sorte de luttes, on a renoncé à s’appuyer sur les Corses. Je ne dis pas que le FLNC était une bonne chose, il a des choses à dire là-dessus. Mais si vous ne vous appuyez même plus sur les “vôtres”… En Guadeloupe, ce ne sont pas les politiques qui ont mené la barque. Ce sont les syndicats et le peuple, donc le relais populaire", conclut Pierre Antonini.
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