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Qassem Soleimani: deux ans après sa mort, l’aura du "héros de l’axe de résistance" toujours vivace

© AP Photo / Office of the Iranian Supreme LeaderLe général Qassem Soleimani, commandant de l'unité spéciale Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique
Le général Qassem Soleimani, commandant de l'unité spéciale Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique - Sputnik France, 1920, 03.01.2022
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De Téhéran à Gaza en passant par Beyrouth et Bagdad, des commémorations ont rendu hommage à Qassem Soleimani, mort il y a deux ans. Le général iranien était l’architecte de "l’axe de la résistance", qui fonde la politique étrangère de l’Iran.
Le 2 janvier 2019, Qassem Soleimani, chef de la Force al-Qods, atterrit à Damas avant de se rendre à Beyrouth pour voir son ami Hassan Nasrallah, dans un lieu tenu secret. Le soir, il reprend la route pour la capitale syrienne, où il prend un vol en direction de Bagdad. L’avion se pose à 00h20. L’homme fort de la politique étrangère iranienne est accueilli personnellement par son bras droit, l’Irakien Abou Mahdi al Mohandes, qui dirige la milice Kataëb Hezbollah. Les deux hommes montent dans la même voiture, une Toyota Avalon, qui est pulvérisée à 00h45 par un missile Hellfire tiré par un drone américain MQ-9 Reaper, sur la base d’informations fournies par Israël. Le général de l’ombre iranien mourut à 62 ans.
Terroristes pour les uns, héros pour les autres, deux ans après son assassinat, le mythe de Qassem Soleimani est plus vivace que jamais. Dans tout le Moyen-Orient, les chiites, mais aussi les sunnites opposés à la politique américaine, ont glorifié son nom à l’occasion de commémorations de son décès. Les responsables militaires iraniens ont affirmé que l’Iran allait poursuivre son œuvre et venger sa mort. Même son de cloche du côté de la fille du défunt. À Bagdad, devant une foule acquise à sa cause, Zeinab Soleimani a promis des représailles, appelant également au départ des troupes américaines d’Irak.

Une véritable icône régionale

Dans l’enclave gazaouie, une banderole à l’effigie de Qassem Soleimani a été hissée. Dans les rues de Damas, un régiment de l’armée syrienne a brandi des portraits géants du général iranien. Au Liban, des dirigeants du Hezbollah ont placé une photo du défunt à l’entrée du mémorial des victimes à Saïda. Le parti chiite libanais a également lancé une campagne de reboisement à la frontière israélienne baptisée "l’olivier de Soleimani". "Nous ferons face à l’ennemi dans toute prochaine guerre avec 100.000 combattants qui portent en eux l’esprit, la détermination, la foi et la volonté de Qassem Soleimani", a martelé le cheikh Nabil Kaouk, membre du Conseil central du Hezbollah.
Ainsi, malgré son décès, l’influence de l’ancien stratège de la politique étrangère iranienne s’est perpétuée. "C’est un exemple pour nous tous", affirme un membre du Hezbollah, qui a préféré garder l’anonymat.
"En Iran, en Irak, en Syrie, au Liban en Palestine et même au Yémen, Qassem Soleimani a permis de vaincre l’ennemi et de s’opposer aux ingérences étrangères au Moyen-Orient. C’est le véritable héros de l’axe de la résistance", estime-t-il au micro de Sputnik.
Au lendemain de l’avènement de la République islamique iranienne en 1979, Téhéran a voulu s’ériger comme la puissance s’opposant aux intérêts américains et israéliens au Moyen-Orient. De ce fait, le pays des mollahs a cherché à s’appuyer sur un réseau d’alliances plus ou moins homogène, grâce aux différentes communautés chiites présentes dans la région. Pour les détracteurs de l’Iran, Riyad et Tel-Aviv en tête, cet axe n’est rien d’autre qu’un "arc chiite" inféodé aux desseins iraniens. Néanmoins, plusieurs groupes sunnites et même chrétiens y adhèrent, notamment en Palestine et au Liban.
Ainsi, des houthis yéménites au Hezbollah libanais en passant par le Hamas, les Hachd el Chaabi irakiens et les troupes de Bachar el-Assad, l’Iran a-t-il développé une réelle coalition régionale. Et Qassem Soleimani y fut pour quelque chose:
"C’est lui qui a multiplié les rencontres, les déplacements, pour tisser des liens pour créer une sorte de communauté de destin entre les différents groupes. Il a également transmis de nombreux conseils militaires. C’était un homme de terrain", souligne notre source locale du Hezbollah.
Son premier fait d’armes remonte aux années 1980 lors de la guerre Iran-Irak. Qassem Soleimani fut envoyé sur le front Sud avant de combattre les groupes indépendantistes sunnites arabes dans le Khouzestan iranien. Le général gravit les échelons de l’armée jusqu’à être nommé à la tête de la Force al-Qods entre 1997 et 1998, unité spéciale des gardiens de la révolution évoluant sur les théâtres extérieurs.

En Syrie, Afghans et Pakistanais contre Daech*

C’est au Liban qu’il acquerra ses lettres de noblesse. "Il était présent avec nous pendant tout le conflit contre l’ennemi israélien en 2006", nous raconte le membre du parti libanais. En guerre pendant 33 jours, l’incursion israélienne est stoppée par les combattants du Hezbollah. À l’échelle régionale, la puissante milice libanaise est auréolée de cette victoire. "Il nous a été d’une précieuse aide", ajoute notre interlocuteur. De surcroît, l’homme fort de la politique étrangère iranienne avait fourni ses conseils au Jihad islamique gazaoui pour l’approvisionnement des missiles Kornet.
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Mais c’est véritablement le conflit syrien qui mit en lumière les capacités opérationnelles du général iranien. Après s’être rendu une première fois en 2011 à Homs, c’est en 2012 qu’il est envoyé avec plusieurs conseillers militaires pour aider les troupes de Bachar el-Assad contre les islamistes. L’année suivante, ce fut au tour du Hezbollah libanais d’envoyer des renforts pour épauler les soldats de l’armée arabe syrienne. Par cette mobilisation massive, plusieurs villes à la frontière libanaise ont été reprises. "Nous avons également libéré des zones chrétiennes des mains des takfiris [salafistes, ndlr]", souligne le membre du Hezbollah.
Face aux difficultés croissantes sur le terrain, outre son influence pour que la Russie intervienne militairement en 2015, Qassem Soleimani a de fait étendu les réseaux d’alliances. Véritable meneur d’hommes, il a également mobilisé les combattants chiites afghans et pakistanais, permettant la constitution de la brigade pakistanaise Liwa Zaynabiyoun et de la milice afghane Liwa Fatemiyoun, dans le contexte de la lutte contre l’État islamique*. Pas moins de 12.000 Afghans étaient présents en Syrie et en Irak au paroxysme de la guerre. "C’est en partie grâce à ses conseils et son implication sur le terrain que la Syrie est de nouveau pacifiée", estime notre source locale.
"Il a montré le chemin à suivre pour les générations futures", conclut le membre du Hezbollah.
En l’assassinant, Washington et Tel-Aviv l’ont érigé en véritable martyr pour ses partisans.
*Organisation terroriste interdite en Russie
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