Du GNL redirigé depuis le Japon vers l'Europe? Tokyo dit songer à une aide

Gaz naturel - Sputnik France, 1920, 04.02.2022
Sans confirmer les informations selon lesquelles les États-Unis avaient demandé au Japon de détourner une partie de leurs importations de GNL vers l'Europe, le ministre japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie a promis de réfléchir à une aide pour le Vieux Continent, mais pas au détriment de la population de son propre pays.
Sur fond de crise énergétique en Europe et d’inquiétudes sur les tensions autour de l’Ukraine qui pourraient interrompre l'approvisionnement depuis la Russie, le Japon, grand importateur de gaz naturel liquéfié (GNL), va réfléchir à un moyen d'aider la communauté internationale, a déclaré le 4 février le ministre japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, Koichi Hagiuda.
Le ministre a cependant indiqué que le Japon, pauvre en ressources, devrait d'abord obtenir suffisamment d'énergie pour éviter toute pénurie d'électricité dans le pays, en cette période froide.
"Nous verrons si quelque chose peut être fait après s'être assuré que la vie des gens n'est pas affectée", a-t-il dit.
Koichi Hagiuda a toutefois refusé de confirmer les informations selon lesquelles les États-Unis avaient demandé au Japon de détourner une partie de leurs importations de GNL vers l'Europe.

L'Europe et l'Asie en concurrence pour le GNL disponible

Fin janvier, le Wall Street Journal a annoncé que les États-Unis menaient des négociations avec un certain nombre de pays sur l’exportation de gaz vers l'Europe pour se substituer à celui de la Russie. L’administration Biden aurait tenu des appels vidéo avec des responsables du monde entier, essayant de convaincre les acheteurs en Corée du Sud, au Japon et dans d’autres pays, qui ont déjà payé leurs importations pour que les États-Unis réacheminent ces expéditions vers l’Europe.
Selon le journal, "plus de deux douzaines de pétroliers" étaient en route des États-Unis vers l’Europe, "attirés par les prix élevés du gaz dans l’UE".
En décembre dernier, le Financial Times a également annoncé que les propriétaires de plusieurs tankers avec du GNL, destiné aux marchés asiatiques et faisant déjà route vers l’Asie, réorientaient leurs navires en direction de l’Europe. Une décision que le journal avait expliquée par l’attractivité des prix du gaz sur le Vieux Continent battant de nouveaux records.
Et dans le contexte de la hausse généralisée des prix de l’énergie, le risque de pénurie maintient la concurrence entre les consommateurs européens et asiatiques pour le GNL disponible, estime un expert de l’agence Fitch.
"Les prix en Europe et en Asie continueront à être étroitement corrélés. La croissance de la demande de GNL dans une des régions entraînera leur nouvelle augmentation alors que l’Europe et l’Asie continueront à prétendre aux quantités de GNL disponibles, l’une au détriment de l’autre", a indiqué à Sputnik le directeur du volet ressources naturelles et matières premières de l’Agence Fitch Dmitri Marintchenko.

Sécurité énergétique et crise ukrainienne

Les discussions portant sur la dépendance énergétique des pays européens envers la Russie se sont intensifiées ces derniers mois sur fond de tensions croissantes autour de l’Ukraine.
Le Kremlin a qualifié les propos sur les préparatifs de l’Occident pour une invasion hypothétique de l’Ukraine de vains et a affirmé qu’ils causaient une escalade sans fondement des tensions. En effet, elles ont déjà des conséquences directes sur les pays européens qui subissent l’augmentation des prix du gaz.
En ce sens, le gazoduc russe Nord Stream 2 qui attend toujours le feu vert du régulateur énergétique allemand permettrait de livrer directement deux fois plus de gaz à l'Europe. Ce qui ne presse pas pour autant Bruxelles.
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