Deux étudiants agressés à Poitiers pour un sticker collé sur leur ordinateur

Une salle de classe - Sputnik France, 1920, 13.02.2022
Deux étudiants ont été pris pour cible à l’université de Poitiers par des militants d’extrême droite, il y a un peu plus d’une semaine, relate France Bleu. Des actes qui ont été condamnés par la direction de l’université et par le syndicat SUD.
Un nouvel épisode de violence sur fond de politique s’est déroulé dans une université française. À Poitiers, deux étudiants de l'université ont été pris pour cible par des militants nationalistes, il y a un peu plus d'une semaine, rapporte France Bleu. Les faits se sont déroulés dans l'Hôtel Fumé, et à proximité du bâtiment de l'UFR de Sciences humaines et arts.
Un groupe de personnes cagoulées s'est introduit dans l'enceinte de l'établissement et a agressé un étudiant, car ils avaient remarqué que celui-ci avait un autocollant antifasciste sur son ordinateur. La deuxième agression aurait eu lieu pour la même raison.
Dans un communiqué, le syndicat SUD éducation et recherche 86 qualifie ces agressions de "lâches, haineuses" ou encore "honteuses". L’organisation souhaiterait que des mesures soient prises pour faire cesser ces manifestations de haine et d’agressivité de la part de "l’extrême droite". Il rappelle que des tags "Hate antifa" ont été découverts sur des portes d’un bâtiment.

Des affrontements sporadiques

Ces batailles rangées au sein des universités françaises ne sont pas un phénomène nouveau. En octobre 2019, une bagarre générale impliquant des militants de la Cocarde face à ceux de l’UNEF et du NPA a eu lieu à Nanterre, le jour des élections étudiantes, relate Le Figaro.
Lorsque les militants de la Cocarde sont arrivés sur les lieux pour distribuer des tracts, ils ont fait face à leurs opposants qui étaient déjà présents. C’est alors que les coups ont commencé à pleuvoir pendant près d’une heure avant que les CRS ne viennent mettre un terme aux hostilités.
Le 15 janvier 2020, à l’université de Tours, des membres de la Cocarde étudiante de Tours et de l’Union des étudiants tourangeaux (UDET) ont tenté de déloger les militants d’ultra-gauche qui bloquaient l’université pour protester contre la réforme des retraites et la précarité étudiante, relate France Bleu.
Cette quinzaine de militants a attaqué les bloqueurs, car ceux-ci étaient "déterminés à voir la fac rouvrir" selon leurs termes, afin "d’en finir avec cette dictature de la minorité gauchiste". Selon le collectif, ils défendaient à travers cette action "une liberté d'étudier".
Si l’offensive n’a pas fait de blessés, le blocus du site universitaire des Tanneurs s’est poursuivi jusqu’au 22 janvier lorsque les forces de l’ordre ont délogé les militants dans le calme. Cependant, la reprise des cours a dû être retardée suite aux dégâts engendrés par le blocus. L’université a chiffré auprès de France Bleu les dommages matériels causés à hauteur de 236.000 euros.
Plus récemment, en novembre 2021, l’Union nationale inter-universitaire (UNI), un syndicat étudiant de droite, a eu son local saccagé à Caen. L’organisation a expliqué sur Twitter que l’extrême gauche, à travers le syndicat anti-fasciste SL, était à la manœuvre de ces actions. Elle a déclaré sur Twitter avoir reçu des menaces depuis de la part de ses adversaires, mais aussi de quelques professeurs. Le syndicat SL avait répondu en affirmant qu’il s’agissait de ridicules accusations diffamatoires et d’une mise en scène grotesque.
Pour l’UNI, il s’agissait de leur deuxième agression en moins d’un mois. En octobre 2021, un militant du même syndicat avait été pris à partie verbalement à Nanterre par une militante UNEF le jour des élections étudiantes.
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