"Grosse pu**": le policier "a craché sur l'uniforme de la République", selon Darmanin

© AFP 2022 DANIEL COLEEmmanuel Macron et Gérald Darmanin, en janvier 2022
Emmanuel Macron et Gérald Darmanin, en janvier 2022 - Sputnik France, 1920, 16.02.2022
Selon le ministre de l'Intérieur, le policier, qui a traité de "pu**" une femme qui avait porté plainte pour agression sexuelle, n'a "plus sa place" au sein de la police nationale. Une enquête pour "injures non publiques" a été ouverte.
Gérald Darmanin a estimé que le policier qui a traité de "pu**" une femme qui avait porté plainte pour agression sexuelle n'avait "plus sa place" au sein de la police nationale.

"Ce policier a sali non seulement toutes les femmes qui essayent de déposer plainte [...] mais il a sali, il a craché sur l'uniforme de la République de ses 250.000 autres collègues policiers et gendarmes", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur Europe 1.

"Je pense que ce monsieur n'a plus sa place dans la police nationale", a ajouté M.Darmanin, précisant qu'il n'est "pas le seul à décider, car il y a des recours juridictionnels".

Enregistrement diffusé par Mediapart

Le préfet de police Didier Lallement, condamnant "des propos inadmissibles", a annoncé mardi avoir saisi la "police des polices" (IGPN) d'une enquête administrative et a demandé la suspension du policier à titre conservatoire.
Selon un enregistrement mis en ligne par Mediapart, le policier a laissé par erreur un message sur le répondeur de la plaignante dans lequel il l'insulte, la traitant notamment de "grosse pu**" ou de "sale pu**" à plusieurs reprises.
La jeune femme de 34 ans avait déposé plainte dans la nuit du 4 au 5 février auprès de policiers du commissariat des Ve et VIe arrondissements de Paris pour "agression sexuelle en état d'ivresse", a indiqué Mediapart.
Un policier de ce commissariat l'avait rappelée à la mi-journée et lui avait laissé un message vocal pour lui demander de venir compléter sa plainte.
Croyant avoir raccroché, on entend le fonctionnaire plaisanter avec une de ses collègues: "je la rappellerai de toute façon parce que là, elle doit être en train de cuver!".
Lisant ensuite à haute voix un extrait de la plainte de la jeune femme, il ajoute: "Elle n'a pas de sens la plainte en fait". "Ah évidemment elle refuse la confrontation", lance-t-il ensuite.
"C'est vraiment une pu**. [...] Pu****, elle refuse la confront' en plus la pu**. Comme par hasard. En fait c'était juste pour lui casser les couilles, je suis sûr. [...] Pu****, grosse pu**", conclut-il, avant que le combiné soit bien raccroché.

Enquête pour "injures non publiques"

Une enquête a été ouverte, a appris l'AFP mercredi auprès du parquet de Paris. La peine encourue est une amende de 1.500 euros.

"À la suite du dépôt de plainte réalisé mardi dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale, une enquête préliminaire a été ouverte du chef d'injures non publiques", a indiqué le parquet de Paris.

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