"On demande à la Russie d'être l’ange gardien de la Centrafrique"

© SputnikManifestation à Bangui contre l'ingérence occidentale et pour la coopération avec la Russie, 3 mars 2022
Manifestation à Bangui contre l'ingérence occidentale et pour la coopération avec la Russie, 3 mars 2022 - Sputnik Afrique, 1920, 13.08.2023
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Le 13 août est le jour de l'Indépendance de la République centrafricaine. Après 63 ans d'indépendance, Bangui s'attend à ce que la Russie devienne son "ange gardien" et l'aide à se sécuriser et à développer son enseignement pour pouvoir progresser, a estimé à Sputnik Samuel Feizounam Ouanfio du ministère de l'Éducation nationale de la RCA.
Il y a 63 ans, la République centrafricaine obtenait son indépendance. "À mon avis, cette date du 13 août, c'est une date qui doit amener tous les Centrafricains à réfléchir à ce que nous avons pu réaliser, quels sont les défis que nous aurons à relever par rapport au développement de notre pays", a déclaré à cette occasion à Sputnik Samuel Feizounam Ouanfio, Directeur général de l'Institut national de recherche et d'animation pédagogique (INRAP) au ministère de l'Éducation nationale de la RCA.
Selon lui, les habitants de ce qui était à l'époque l'Oubangui-Chari (territoire français en Afrique centrale entre 1903 et 1958), avant de devenir la République centrafricaine, sont aujourd'hui "très heureux, très contents de célébrer l'anniversaire de l'indépendance".

Un retard à rattraper

Cependant, "la République centrafricaine n'est pas encore développée comme les autres" malgré les années écoulées, a-t-il constaté. Et de regretter que"notre pays est loin derrière les autres, c’est pourquoi nous sommes en retard par rapport à notre indépendance et par rapport aux autres" pays avec "une économie forte, une éducation forte, avec des infrastructures qui permettent de se développer".
Car pour le moment, estime M.Ouanfio, la Centrafrique n'a pas encore réussi à prendre son destin en main. "Nous devons voir aujourd'hui notre pays émerger comme les autres pays". Et la façon d'y arriver, "c'est une question de vision et une question de responsabilité".
"Aujourd'hui, la mentalité des Centrafricains a évolué", affirme l'expert. Ils veulent prendre en main leur destin et parler en leur propre nom, selon lui. "Les Centrafricains devraient s'entendre entre eux. Qu'est-ce que nous allons léguer à nos enfants: quelle éducation, quelle économie, quelles infrastructures pour le développement de notre pays?"

S'affranchir du néocolonialisme

S'agissant de l’image de Paris, Samuel Feizounam Ouanfio a souligné que dans le concept centrafricain, "c'est la France qui a colonisé les pays africains", dont la République centrafricaine. Et aujourd'hui, la position vis-à-vis de l’Hexagone est "mitigée".
Les uns acceptent que sans Paris le pays ne pouvait pas se développer. D'autres disent que la cause du malheur de la République centrafricaine est la France. Et qu'aujourd'hui le pays n'a pas connu de développement "parce qu'il y avait la mainmise de la France" sur ses ressources minières.
Qui plus est, quand un Président de la République demande à pouvoir exploiter indépendamment ses ressources, "on le dégage par un coup d'État et on peut en installer d'autres".
S'affranchir du néocolonialisme "est une question de la responsabilité de chaque État", a ajouté le responsable. "Aujourd'hui, nous ne voulons plus que les néocolonialistes continuent à imposer leur volonté aux leaders africains ou centrafricains".
"Il va falloir que chaque État puisse définir ce qu'on appelle la vision du développement. […] Il nous faut avoir des cadres, des responsables bien formés. Il va falloir que les autorités puissent prendre leurs responsabilités pour donner des orientations et des axes de développement."
Les pays africains doivent être capables de dire "non", de réclamer "un partenariat gagnant-gagnant".
Il importe de "mettre l'accent particulier sur l'éducation, la formation", souligne-t-il.

Le rôle de la Russie

Avant de commencer à penser à la souveraineté, il faut penser à la stabilité, a fait ressortir M. Ouanfio. Pour lui, la Fédération de Russie doit la mettre au centre de son action en Centrafrique. La stabilité et la sécurité sont "le socle du développement".
"À un moment donné, l'intervention de la Russie était cruciale" et a "calmé la situation". "On demande à la Russie aujourd'hui d'être peut-être un ange gardien de la Centrafrique", a-t-il ajouté.
"Nous avons défini avec la Fédération de Russie les axes d'intervention en éducation, santé, développement rural, mines, etc."
Bangui souhaite avoir plus de bourses pour ses étudiants en Russie. "Après la sécurisation de la République centrafricaine, il va falloir à travers l'éducation amorcer le développement d'autres secteurs publics."
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