"Pas une imposition ou un diktat", le Burkina commente les drapeaux russes brandis en Afrique

Kassoum Coulibaly lors de son interview exclusive à Sputnik Afrique
Kassoum Coulibaly lors de son interview exclusive à Sputnik Afrique - Sputnik Afrique, 1920, 19.08.2023
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L’éveil des consciences bat son plein en Afrique, de telle sorte que nul ne dicte aux populations ce qu’elles doivent faire. C’est pourquoi les individus n’ont pas besoin des conseils de leurs dirigeants pour brandir des drapeaux russes, cela se fait naturellement, a expliqué à Sputnik Afrique le ministre de la Défense du Burkina Faso.
Les populations africaines éprises de paix et de liberté lèvent de leur propre gré les drapeaux russes sans avoir besoin d’un quelconque dirigeant pour leurs demander de le faire, a déclaré à Sputnik Afrique le colonel Kassoum Coulibaly, ministre burkinabé de la Défense.
"Est-ce que ce sont les dirigeants des trois pays qui disent aux populations de sortir les drapeaux russe? Quand nous sommes aussi assis, vous êtes surpris de voir des gens qui manifestent mais ils ont des drapeaux russes dans la main. C'est eux qui crient, mais ce n'est pas une imposition ou un diktat des autorités en chef, c'est la population qui le manifeste", a-t-il expliqué.

Canaliser et non manipuler

Selon le ministre de la Défense, les dirigeants actuels n’ont pas la prétention de manipuler les populations, mais ont le devoir de les encadrer afin d’éviter des débordements comme ceux qui se sont produits à l’ambassade de France au Niger qui a suscité l’intervention de son homologue nigérien pour limiter les dégâts.
"Et les drapeaux qui sont brûlés, et pourquoi ça? Ce n'est pas un dirigeant actuel qui dira ça, non, on ne fera pas cette manipulation. On laisse les populations assez conscientes, assez matures, il faut peut-être les canaliser pour éviter les casses et c'est ce que nous faisons en ce moment. J'ai même vu ça au Niger, où mon collègue de la Défense est obligé lui-même d'aller au niveau de l'ambassade de France pour éviter les casses".
M.Coulibaly affirme que les dirigeants ne sont ni de près, ni de loin en relation avec les manifestations.
"Nous faisons le meilleur possible pour essayer de canaliser les gens, mais souvent, c'est mal compris. Même dans les grands pays on voit les manifestants et on voit comment ça se passe", a-t-il dit.

Vers une fédération Mali-Burkina-Niger?

Concernant l’intérêt du Niger à rejoindre la fédération créée par le Mali et le Burkina, M.Coulibaly pense qu’il revient au pays et à sa population de décider.
"Mais nous savons que c'est une idée qui choque et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a lancé cette histoire-là", a-t-il conclu.
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