Présidentielle à Madagascar: qui sont les candidats et quel est le contexte?

© AP Photo / JOHN ANGELILLOPresident of the Republic of Madagascar Andry Nirina Rajoelina
President of the Republic of Madagascar Andry Nirina Rajoelina - Sputnik Afrique, 1920, 16.11.2023
S'abonner
Les Malgaches sont appelés le 16 novembre aux urnes pour le premier tour de la présidentielle. La campagne électorale, marquée par des manifestations et des appels à boycotter le scrutin, s’est déroulée dans un contexte politique compliqué. Sputnik Afrique fait le point.
Après le Nigeria, la Sierra Leone, le Zimbabwe et le Liberia, c’est au tour de Madagascar d’élire un Président. Le jour J, le 16 novembre, les Malgaches sont invités à choisir un futur chef d’État parmi les 13 candidats, dont le Président sortant et deux de ses prédécesseurs.
Andry Rajoelina, le Président actuel élu en 2019, brigue un deuxième mandat consécutif. Cela pourrait devenir son troisième mandat au total car il avait déjà été aux commandes du pays entre 2009 et 2014 en tant que Président de la transition suite au renversement de Marc Ravalomanana.
Écarté de la participation à la présidentielle de 2013 pour avoir dirigé un coup d'État, il est revenu en politique en 2018 avant de remporter la présidentielle face à M.Ravalomanana, qu’il a battu au second tour avec 55,7% des voix.
Le scrutin du 16 novembre aura lieu dans un contexte de tensions. L’opposition a plusieurs fois réclamé l’annulation de la candidature d’Andry Rajoelina et a demandé le report du scrutin.

Polémique sur la double nationalité du Président sortant

En juin 2023, des médias ont révélé que le Président Rajoelina avait acquis la nationalité française en 2014. Le chef d’État avait justifié cette décision par le désir de faciliter les études à l’étranger pour ses enfants.
Le Code de la nationalité prévoit la perte de la nationalité malgache en cas d’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère. Cependant, la Haute Cour constitutionnelle a rejeté les recours réclamant l’invalidation de sa candidature. Cette décision a été qualifiée par l’opposition comme un "coup d’État institutionnel".
Plusieurs candidats qui mettent en cause la participation du Président sortant, organisent des manifestations depuis octobre. Ils ont appelé leurs compatriotes à ne pas se rendre aux urnes.
Selon les médias, le préfet de police de la capitale Antanarivo a imposé ce 15 novembre un couvre-feu de 21h00 à 04h00 du matin le 16 novembre, suite aux informations sur plusieurs incidents relatifs à l’élection. Un bureau de vote a été incendié et des documents électoraux ont été détruits, a annoncé le préfet cité par l’agence France-Presse.

Autres candidats

Andry Rajoelina sera confronté à 12 autres candidats, dont Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina, deux anciens chefs d’État.
Marc Ravalomanana (né en 1949) est leader du parti J'aime Madagascar. Il a été chef de sa propre entreprise laitière avant de se lancer dans la politique en 1999. De 1999 à 2001, il est maire d'Antananarivo, puis est élu Président et se trouve aux commandes de l’île entre 2002 et 2009.
Pendant son mandat, il a pris des mesures pour libéraliser le marché et attirer de l'aide économique internationale. Après avoir été écarté du pouvoir en 2009, il a passé plusieurs années en exil.
En 2018, M.Ravalomanana s’est qualifié pour le second tour de la présidentielle qu’il a perdu face à Andry Rajoelina.
Actuellement, il est considéré comme l'un des leaders de l'opposition. Il prône la hausse du niveau de vie, la réforme des systèmes de santé et d'éducation, ainsi que la simplification de la procédure d'octroi des prêts. En cas de retour au palais présidentiel, il a l'intention de réorganiser la commission électorale et de créer un tribunal spécial chargé d'examiner les résultats des élections.
Hery Rajaonarimampianina (né en 1958) a dirigé le Madagascar de 2014 à 2018. Il s’est présenté à la présidentielle de 2018, mais a été éliminé dès le premier tour, n’ayant obtenu qu'un peu plus de 8% des suffrages.
Il est membre du parti Force nouvelle pour Madagascar (HVM). Cet ancien chef d’État met en avant son plan Fisandratana qui se donne comme ambition de faire de l’île un pays à revenus intermédiaires vers 2030. Son programme vise entre autres une transformation structurelle de l’économie et son repositionnement à l’international sur des produits à plus forte valeur ajoutée.

Système du scrutin malgache

Système du scrutin malgache
Selon la Constitution adoptée le 11 décembre 2010, Madagascar est une république présidentielle. Le Président est élu pour un mandat de cinq ans reconductible une fois. Une même personne ne peut pas exercer plus de deux mandats consécutifs.
Le chef d’État est élu au suffrage universel direct. Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue des voix au premier tour, un second tour est organisé (prévu pour le 20 décembre 2023), auquel participent les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix au premier tour.
Un candidat à la présidence doit avoir la nationalité malgache, avoir résidé dans le pays au cours des six mois précédant sa candidature, jouir des droits politiques et civils, et avoir plus de 35 ans. Conformément à la Constitution malgache, le Président sortant souhaitant se présenter aux élections doit démissionner deux mois avant la tenue de la présidentielle, donnant lieu à un intérim exercé par le président du Sénat.
Cette année, la Cour constitutionnelle a reporté les élections d’une semaine, du 9 au 16 novembre, à la demande d’un candidat blessé lors d’une manifestation.
Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала