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Au Togo, les enseignants des établissements privés, laïcs et confessionnels, tirent la sonnette d’alarme. Du fait de la pandémie de Covid-19, quelque 3.000 enseignants vivent déjà dans les tréfonds de la précarité, après des mois sans salaire. Les syndicats appellent les pouvoirs publics au secours.

Au Togo, près de 3.000 enseignants des établissements privés, laïcs et confessionnels appellent le gouvernement à l’aide, pour éviter de «sombrer dans la précarité» consécutive à l’avènement de l’épidémie de Covid-19.

Loyers impayés, manque de moyens pour se nourrir et prendre en charge leurs familles, difficultés pour s’acheter des médicaments, c’est toute une litanie de problèmes auxquels ces enseignants disent être confrontés depuis que la pandémie de Covid-19 a obligé, le 30 mars dernier, le gouvernement togolais de fermer écoles et établissements d’enseignement primaire, secondaire et universitaire.

«Le chef de l’État, dans son adresse du 1er avril, a promis qu’aucune couche vulnérable ne serait laissée pour compte. Mais aujourd’hui, je peux vous assurer que les enseignants du privé sont la couche la plus vulnérable du pays, sans aucun accompagnement. Les fondateurs de nos écoles refusent de nous payer. Les propriétaires de nos maisons nous renvoient pour loyers non payés. C’est triste de voir ce que nous vivons», a déclaré à Sputnik Yao Agbovi, président du Syndicat national des enseignants des instituts et établissement d’enseignement privé du Togo.

Le syndicaliste soutient que toutes les tentatives pour faire comprendre au gouvernement la situation des enseignants semblent pour l’instant vouées à l’échec.

«Pour beaucoup d’écoles privées et laïques, les salaires du mois de mars n’ont pas été payés sous prétexte que les frais de scolarité n’ont pas été versés. Ce qui est incompréhensible, puisque les cours n’ont pas été suspendus pendant le mois de mars. Ce mois reste donc dû. Pour d’autres, comme dans l’enseignement catholique, si le mois de mars est payé, les salaires des mois suivants sont suspendus parce qu’il n’y a pas eu de cours», a confié à Sputnik Sénouvo Vissikou, secrétaire général du Syndicat des enseignants des écoles privées, laïques et confessionnelles du Togo

Offensif, ce syndicaliste affirme par ailleurs que les établissements qui refusent de payer ses collègues «cherchent la bagarre et ils l’auront.»

Dans l’attente d’une réaction du gouvernement

Il déplore que «si la situation évolue comme telle, ou reste dans le statu quo, ces enseignements, qui sont déjà maigres, risquent de devenir des rayons de bicyclette.»

«Ces enseignants des secteurs privé, laïc et confessionnel, nous les estimons à près de 3.000. Si l’on y ajoute les personnes qu’ils ont à charge, à raison d’un minimum de trois par enseignant, on en sera à 9.000 personnes qui vont sombrer dans la précarité, comme du plomb dans l’eau», a alerté Sénouvo Vissikou.

La première demande que ces enseignants formulent au gouvernement togolais, c’est de leur apporter soit une aide directe, soit un appui aux fondateurs de leurs établissements pour que les salaires dus puissent être payés conformément aux contrats signés.

«Nous demandons que les autorités apportent l’appui nécessaire auprès des banques pour que les conditions de prêts soient assouplies aux écoles afin de régler les problèmes», a déclaré à Sputnik Sénouvo Vissikou.

Ils demandent aussi au gouvernement togolais de «saisir au bond l’occasion de la situation actuelle, pour assainir le secteur des enseignements privés, laïcs et confessionnels» de manière à éviter ces problèmes à l’avenir.

Le gouvernement avait promis, dès avril dernier, de «prendre en compte» cette préoccupation des enseignants, sans toutefois que cette promesse soit suivie d’effet. Dès lors, les enseignants n’excluent pas une grève avec la réouverture des classes pour la tenue des examens de fin d’année scolaire, à partir du 15 juin.

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enseignant, Covid-19, Togo
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