Afrique
URL courte
Par
7213
S'abonner

«La Tunisie ne participera jamais à une quelconque initiative qui porterait atteinte aux droits légitimes du peuple palestinien frère», a déclaré son ministère des Affaires étrangères sur Facebook, soulignant que «cette position de principe reste inébranlable et ne sera jamais affectée par les changements sur la scène internationale».

Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le ministère tunisien des Affaires étrangères a catégoriquement écarté toute possibilité de normalisation des relations avec Israël, «contrairement à ce qui a été rapporté par certains médias internationaux». Ce démenti intervient au lendemain des informations publiées par le New York Times (NYT), faisant état d’un possible rétablissement des relations entre la Tunisie et l’État hébreu.

Fidèle à sa position de principe maintes fois renouvelée par le Président Kaïs Saïed, la Tunisie affirme que «toutes ces allégations sont infondées et contredisent complètement la position officielle de principe de la République tunisienne en faveur de la cause juste du peuple palestinien et de ses droits fondamentaux et légitimes».

«Cette position de principe découle de la volonté du peuple tunisien et exprime ce qu'il ressent en termes de solidarité et de soutien absolus aux droits légitimes du peuple palestinien». À savoir le droit à l’autodétermination et à l’édification d’un État indépendant et viable avec Jérusalem-Est comme capitale naturelle pays.

Quid de la position des pays arabes qui ont choisi la normalisation?

Les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan ont tous conclu un accord de paix avec Israël. C’est dans ce contexte que le NYT a rapporté lundi 21 décembre, citant des responsables américains qui se sont exprimés sous anonymat, que «la Tunisie et le Sultanat d’Oman seront les prochains à rejoindre ces traités» de paix avec l’État hébreu.

Ainsi, la note précise que «si la Tunisie respecte les choix souverains des différents pays», elle affirme néanmoins que «sa position de principe reste inébranlable et ne sera jamais affectée par les changements sur la scène internationale».

En conclusion, le communiqué affirme que «la Tunisie ne participera jamais à une quelconque initiative qui porterait atteinte aux droits légitimes du peuple palestinien frère».

Initiative d’un groupe de députés, la criminalisation de la normalisation

Lors du dernier débat de la campagne présidentielle tunisienne, l’actuel chef de l’État, Kaïs Saïed, avait affirmé que la «normalisation avec Israël était une haute trahison». «Les Arabes ont une pensée défaitiste», déplorait-il, soulignant que «ce qui se déroulait sous nos yeux en Palestine est l’injustice du siècle et le droit des Palestiniens est imprescriptible».

C’est dans ce sens que des députés, notamment ceux du groupe démocratique, ont déposé mardi 15 décembre un projet de loi incriminant la normalisation des relations avec Israël, selon l’agence Tunis Arabe Presse (TAP).

«Une fois adopté par le Parlement, ce projet de loi permettra de distinguer les forces nationales qui se prononcent contre la normalisation avec Israël, des traîtres et collaborateurs», a déclaré Haykel Mekki, président de la commission des finances à l’assemblée tunisienne lors d’une conférence de presse.

Suite à la décision de Donald Trump de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem-Est en février 2018, des élus tunisiens avaient déjà proposé un premier projet de loi incriminant la normalisation des relations avec Israël, mais qui n’avait finalement pas été adopté par le Parlement du pays, dont le mouvement islamiste proche des Frères musulmans* Ennahdha détenait la majorité.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Lire aussi:

Le MoDem lâche LREM, l'Assemblée rejette le pass sanitaire
«Un gentil garçon»: la mère du tueur présumé du policier à Avignon s’en prend aux autorités
Covid et accident de laboratoire, ces «complotistes» qui avaient vu juste
Tribune de militaires: le chef d'état-major invite les signataires à quitter l'armée
Tags:
The New York Times, Israël, normalisation, Tunisie
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook