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«Nous produisions auparavant certains vaccins comme le BCG, donc on a dans la culture de notre pays un minimum de savoir-faire pour pouvoir le fabriquer», assure le directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire dans une déclaration à TSA, suggérant au gouvernement de saisir l’offre russe.

Dans le contexte du début de la campagne vaccinale contre le Covid-19 en Algérie, le directeur de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), le Pr Kamel Senhadji, appelle le gouvernement à saisir l’opportunité de la proposition russe de fabriquer localement le vaccin Spoutnik V. En effet, dans d’un entretien accordé au site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA), il estime que son pays a les moyens de lancer cette production locale qu’il juge extrêmement importante vu la difficulté d’acquérir un vaccin à l’étranger à cause de la pression que subissent les fabricants mondiaux.

«Quand on se retrouve en crise, la seule façon d’en sortir c’est de produire sur place et de relocaliser les stratégies essentielles, et ceci vaut pour tous les domaines», déclare le Pr Senhadji, soulignant que «la solution pour l’Algérie c’est de remettre en place la fabrication, puisque ça existait auparavant, et de se mettre à fabriquer les vaccins».

Évoquant le cas de la proposition russe d’aider l’Algérie à produire localement Spoutnik V, le directeur de l’ANSS affirme que «c’est possible, c’est une démarche positive».

«Notre pays a un minimum de savoir-faire»

En effet, selon lui, il est tout à fait possible de mobiliser les moyens existants aussi bien dans le secteur public que privé pour lancer rapidement la production du vaccin Spoutnik V et probablement d’autres, étant donné que l’Algérie a besoin de plus de 40 millions de doses pour mener à bien sa campagne de vaccination.

«Nous produisions auparavant certains vaccins comme le BCG, donc on a dans la culture de notre pays un minimum de savoir-faire pour pouvoir le fabriquer [le Spoutnik V], et puis nous avons des entreprises de fabrication de médicaments et de vaccins publiques et privées qui sont à même de mettre en route ce projet de redémarrage de la production locale», informe le responsable. «C’est la meilleure façon de ne plus subir ce qu’on voit actuellement comme aléas et tensions.»

Leçons à tirer et nécessité de produire localement

Prévenant qu’après le Covid-19 «il y’aura d’autres pandémies ou épidémies» à l’instar de ces 20 dernières années, durant lesquelles ont été enregistrés «Ebola, le sida, la vache folle, la grippe porcine, la grippe aviaire, les trois coronas et l’actuel Covid», le Pr Kamel Senhadji juge que «la crise que nous vivons actuellement nous a donné des leçons» à retenir.

Il ajoute que «les choses ne seront plus comme avant et que, même si on a les moyens financiers et même si l’on peut se permettre d’acquérir des médicaments et des vaccins, quand il n’y en a pas ailleurs, même avec de l’argent, vous ne pouvez pas les acheter».

Ainsi, il appelle à lancer des laboratoires de développement de vaccins avec des centres «de vaccinologie dotés de chercheurs qui travailleront sur la possibilité de fabrication d’autres vaccins dirigés contre d’autres épidémies». Ces centres auront pour mission «d’innover pour contrer ces prochaines épidémies à titre d’anticipation». Il faudra également lancer des firmes de production de «vaccins publiques ou privées».

Samedi 30 janvier, après avoir reçu la veille un premier lot de 50.000 doses du vaccin Spoutnik V, l’Algérie a lancé sa campagne vaccinale à partir de Blida, premier foyer de l’épidémie qui s’est déclaré dans le pays en mars 2020.

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Tags:
production, Spoutnik V, Russie, Algérie
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