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Un militant tunisien des droits de l’homme a porté plainte contre son Président, sa chef de cabinet et le responsable de la communication à la présidence de la République pour «avoir simulé un attentat terroriste» dans l’affaire de la lettre suspecte envoyée à Kaïs Saïed.

La polémique continue d’enfler en Tunisie autour de la lettre suspecte adressée au Président de la République Kaïs Saïed. En effet, un militant des droits de l’homme de la ville de Mahdia (nord-est du pays) a déposé une plainte auprès du procureur de la ville contre le chef de l’État et sa chef de cabinet Nadia Akacha qu’il accuse d’avoir monté «un coup de communication» via cette affaire.

Dans la missive introduite auprès du procureur, dont le site Webdo a publié une copie, Redha Radia accuse le chef de l’État, sa chef de cabinet et le responsable de la communication à la présidence de la République «d’avoir simulé un attentat terroriste» qui aurait visé l’empoisonnement du Président.

Selon le plaignant, cette «rumeur massivement rapportée par les médias» lui a causé d’énormes «préjudices moraux et matériels, ainsi qu’aux membres de sa famille». Dans une déclaration à Jawhara FM, M.Radia affirme avoir été écouté par le procureur qui a transmis la plainte au pôle judiciaire chargé de la lutte antiterroriste dans le but de finaliser la procédure. Il ajoute que d’autres parties étaient en train de préparer d’autres plaintes similaires, selon la radio.

Que dit le communiqué de la Présidence?

Alors que l’information sur le prétendu empoisonnement de Kaïs Saïed avait commencé à circuler lundi 25 janvier dans les médias tunisiens et sur les réseaux sociaux, la présidence de la République n’a réagi que jeudi 28 janvier via un communiqué publié sur Facebook.

«Lundi 25 janvier 2021, vers 17 heures, la présidence de la République a reçu un courrier spécial adressé au Président de la République sous la forme d’une enveloppe qui ne portait pas de nom d’expéditeur», indique la note.

La santé de Nadia Akacha, qui a ouvert l’enveloppe «s’est rapidement détériorée». Elle «s’est sentie faible et a presque complètement perdu la vision, ressentant aussi un grand mal de crâne», poursuit le document qui précise qu’un autre employé de la présidence «était présent lors de l’accident et a ressenti les mêmes symptômes, mais dans une moindre mesure».

Par ailleurs, le communiqué indique que «l’enveloppe a été passée par inadvertance dans un broyeur de papier avant que la décision de l’envoyer aux services du ministère de l’Intérieur ne soit prise, empêchant ainsi l’analyse de la substance qu’elle contenait».

Samedi 30 janvier, le parquet a infirmé dans un communiqué la découverte d’une substance toxique dans les échantillons du courrier envoyés pour analyse par la Présidence de la République.

La polémique

Cet incident, qui intervient sur fond de crise politique et sociale, alimente la polémique entre les partisans du Président qui défendent la thèse de la tentative d’assassinat et ses opposants qui pointent une manipulation de l’opinion publique.

Ces derniers se demandent en effet comment l’enveloppe a pu passer à travers tous les filtres des services de sécurité pour arriver jusqu’à la chef de cabinet du Président. Ils s’interrogent également sur l’identité de la personne qui a passé l’enveloppe, soit la preuve, dans le broyeur à papier et pourquoi?

La présidence tunisienne a fait savoir via plusieurs communiqués, également publiés sur Facebook, que les Présidents algérien et égyptien, le prince du Qatar et chef du Gouvernement d’union nationale libyen ont tous appelé Kaïs Saïed pour exprimer leur «pleine solidarité avec le Président et avec le peuple tunisien suite à l'échec de la tentative d'empoisonnement du chef de l'État».

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Tags:
simulation, Kaïs Saïed, attentat, Tunisie
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