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Au Togo, le contrôle rigoureux du respect des dispositions contre la propagation du Covid-19 échoit désormais à un groupe mixte, composé de corps sécuritaires mais aussi de civils. Une façon de tourner définitivement la page de la Force spéciale antiCovid-19, accusée de nombreuses bavures.

Le Togo opte pour un changement d’approche pour faire respecter les mesures prises pour lutter contre le Covid-19. Une nouvelle structure, dénommée le «Groupe mixte de surveillance antiCovid-19» (GMS antiCovid-19), a vu le jour ce début février. Cette faction remplace la Fosap, l’ancienne Force spéciale antipandémie Covid-19, créée le 31 mars 2020.

Pour sa première journée d’action, le 3 février, le GMS antiCovid-19 a contraint avec pédagogie et dans le calme ceux qui ne portaient pas de masques à s’en procurer. D’autres ont été sensibilisés au port correct (couvrir la bouche et le nez à la fois), a constaté Sputnik.

Le respect scrupuleux des mesures barrières, c’est en partie la mission qui échoit à cette nouvelle structure créée par le décret du 13 janvier 2021 du Président Faure Gnassingbé. Auparavant, la Fosap, composée uniquement de corps de sécurité (policiers, gendarmes et militaires), était également chargée de veiller au respect des mesures barrières, de protéger les hôpitaux dédiés aux malades du Covid-19 et les lieux de confinement des personnes suspectes sur l’ensemble du territoire national. Elle devait aussi contrôler le respect de l’état d’urgence sanitaire décrété par le gouvernement depuis avril 2020 et qui court toujours.

Sauf que dans l’exercice de ses missions, la Fosap avait commis de nombreuses bavures. Certaines avaient même occasionné des blessés et des morts. Des faits qui avaient suscité à l’époque de nombreuses critiques, notamment de la société civile, au point d’entraîner un changement de commandement après un mois seulement d’activité. Mais les fausses notes n’avaient pas pris fin pour autant.

«Le mot force a été évité»

Les conclusions d’un rapport conjoint sur le fonctionnement de la Fosap, dressé fin janvier par les ministres de la Santé, de la Sécurité et de l’Administration territoriale, ont confirmé cet état de fait et ont recommandé l’intégration de civils dans une nouvelle structure à qui reviendrait la mission de surveiller l’application des mesures prises par le gouvernement.

Ce rapport a démontré, selon le ministre de la Sécurité joint par Sputnik, que «la Fosap aurait pu faire mieux s’il y avait eu des civils dans l’équipe».

«Maintenant, avec les civils, il va être difficile pour les militaires et les agents de sécurité de frapper les citoyens. C’est aussi pour cela que le mot force a été évité dans la dénomination de la structure. C’est pour créer une nouvelle confiance entre la population et les membres du groupe mixte», a expliqué le général Yark Damehane.

Le Togo connaît depuis le début de l’année 2021 une flambée inquiétante des contaminations au Covid-19. Pour le seul mois de janvier, 1.500 cas ont été comptabilisés, un record depuis le premier malade enregistré le 6 mars 2020.

«Pas besoin de faire peur»

Le GMS antiCovid-19 devra donc amener les Togolais au respect scrupuleux des mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la riposte sanitaire. Il s’agit notamment de l’interdiction de réunion de plus de 15 personnes, de la distanciation sociale dans les lieux de culte, au demeurant fermés la nuit, du port obligatoire des masques, etc.

Et pour y arriver, «pas besoin de faire peur», a soutenu mercredi 3 février, face à la presse, le médecin-colonel Djibril Mahama, premier responsable de la Coordination nationale de la gestion de la riposte contre la pandémie de Covid-19. C’est pour faciliter l’approche, affirme-t-il, que le gouvernement mise sur des volontaires issus des comités de développement des quartiers (CDQ), des comités de développement des villages (CDV). Ces structures existaient déjà depuis de nombreuses années et servaient d’appui aux initiatives de leurs différents milieux. «L’objectif du gouvernement est d’arriver à plus d’efficacité et plus d’inclusion dans la lutte», précise Yark Damehane à Sputnik.

«Nous espérons que cette fois-ci, avec cette nouvelle stratégie, des agents zélés ne commettront plus de bavures sur les populations», a commenté pour sa part le pasteur Edoh Komi, président du Mouvement Martin Luther King (MMLK), une organisation de la société civile togolaise.

Ce pasteur faisait partie de ceux qui avaient beaucoup critiqué les bavures policières depuis le début de l’état d’urgence sanitaire.

En tout cas, le gouvernement togolais est déterminé à inverser la courbe de la flambée des nouveaux cas de Covid-19 observée depuis janvier 2021 dans le pays. Et il prévoit même d’engager une campagne de vaccination nationale dès le mois de juin.

Il peut se réjouir pour l’heure de la gestion efficace qu’il fait du Covid-19. Selon les résultats d’une étude réalisée par Lowy Institute de Sydney (un groupe de réflexion australien) et publiés le 29 janvier 2021, le Togo est classé premier pays ouest-africain en matière de gestion de l’épidémie, deuxième sur le plan africain après le Rwanda, et 15e mondial.

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Tags:
groupe, bavures, gouvernement, Covid-19, Togo
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