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L'étau de la justice américaine se resserre autour de la Trump Organization et de son directeur financier. S’agit-il réellement de punir des coupables de fraude fiscale ou d’une chasse aux sorcières politique? Analyse de l’ancien agent spécial du FBI, Marc Ruskin, au micro de Rachel Marsden.

Le bureau du procureur du district de Manhattan a inculpé la Trump Organization de 10 chefs d’inculpation pour un système de fraude fiscale qui aurait débuté en 2005. Son directeur financier, Allen Weisselberg, fidèle de Donald Trump, s’est retrouvé menotté et accusé personnellement de 15 autres infractions financières, dont le vol qualifié, pour lequel il encourt 15 ans de prison. Il a plaidé non coupable.

Si l’entreprise portant le nom de l’ancien Président américain se retrouve inculpée dans l’État de New York –à majorité Démocrate– pour de prétendus stratagèmes fiscaux antérieurs à sa présidence, est-ce parce que Trump n’est pas mort politiquement et que ses fidèles partisans font encore entendre leur voix? Certes, il n’est pas inquiété à ce stade, mais ces accusations sont clairement une épine dans le pied pour lui. Elles peuvent le gêner à la fois dans la conduite de ses affaires et dans sa carrière politique.

Les procureurs ont un pouvoir discrétionnaire total sur les affaires qu’ils décident de traiter et pour lancer des poursuites. Assiste-t-on à une instrumentalisation du droit américain et de ses leviers pour effectuer un assassinat politique ciblé? 

Marc Ruskin est un Français qui a été 20 ans agent spécial du FBI, carrière durant laquelle il a reçu cinq éloges. Également ancien procureur adjoint de district à Brooklyn, New York, il est l’auteur du livre The Pretender: My life undercover for the FBI (Éd. Thomas Dunne Books). Il nous emmène dans les coulisses du système judiciaire ciblant l’ancien Président:

«[Cyrus] Vance, le procureur de la ville de New York, est connu comme étant un personnage très politique. Il est très fort dans le parti Démocrate. Il favorise le parti Démocrate avec le lancement d’une enquête mettant en cause Trump et ses proches.»

L’ancien agent spécial de la police fédérale analyse l’évolution de la justice américaine dans le traitement de ces affaires:

«Quand j’étais au FBI, on travaillait sur des affaires de corruption contre les Démocrates et les Républicains. On ne regardait pas la couleur politique des cibles, on regardait seulement les faits. On a mené beaucoup d’enquêtes et il y avait beaucoup de corruption dans les deux partis. Mais ici, on voit seulement des enquêtes contre des Républicains.»

La politisation de la justice semble donc patente aux yeux de Marc Ruskin. Peut-on aller jusqu’à dire que l’entourage de Trump est expressément ciblé? L’ancien procureur adjoint de district à Brooklyn ne semble guère en douter:

«Ce qui se devrait se passer, c’est que d’abord il y a des accusations et après on cherche les coupables. D’abord, choisir les coupables et après chercher les crimes pour lesquels on peut les inculper, ce n’est pas idéal dans une vraie démocratie.»

Que pourrait donc être l’objectif de ces poursuites? Marc Ruskin a son idée sur la question:

«L’impression que cela donne, c’est qu’ils essaient de planter le dernier clou dans le cercueil de Trump, pour être certains qu’il ne revienne pas à une position d’importance comme celle qu’il avait avant. Alors, une enquête politique criminelle comme ça, s’ils ont ne serait-ce qu’un tout petit peu de succès, au moins ça traîne son nom dans la boue et ça continue à le distraire pour qu’il ne puisse pas continuer aussi facilement dans la politique nationale.»

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