Sans la France, la Russie rend hommage à 155 soldats de Napoléon III en Crimée

L’événement a été célébré en grande pompe à Sébastopol mais est passé inaperçu en France. Début octobre, les restes de 155 soldats français qui ont participé au siège de Sébastopol en 1854-1855 ont été inhumés. Paris n’y a envoyé aucun représentant, relève Valeurs actuelles.
Sputnik

Découverts en 2013 lors de travaux de construction, les restes de 155 soldats français ont finalement été inhumés dans le cimetière militaire français de Sébastopol, en Crimée, a indiqué le ministère russe de la Science et de l’Enseignement supérieur le 3 octobre. Ceux-ci avaient participé au siège de la ville en 1854-1855 sous Napoléon III.

«Ils sont morts loin de chez eux, sans avoir revu leur famille, nous leur rendons hommage», a déclaré Pierre Malinowski, initiateur du projet grâce à sa Fondation pour le développement des initiatives historiques franco-russes.

Dix cercueils étaient recouverts du drapeau français, devant lesquels l’hymne russe, puis la Marseillaise ont été joués, relate Valeurs actuelles.

Cet ancien assistant parlementaire européen a pu obtenir de nombreux soutiens du côté russe grâce à sa bonne relation avec Elizaveta Peskova, la fille du porte-parole du Kremlin. Ainsi, l’Académie des sciences, le ministère de la Science et de l’Enseignement supérieur, le gouvernement criméen et la ville de Sébastopol ont soutenu la cérémonie. 

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Du côté français, aucun représentant n’y a assisté, pas forcément en raison du Covid, mais parce qu’elle se déroule en Crimée, dont le rattachement à la Russie n’est pas reconnu. «Notre position est claire: la France ne reconnaît pas l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et refuse toute instrumentalisation de la mémoire de ses enfants. Elle n’enverra donc pas de délégation à cet événement», a indiqué au Figaro l’ambassadeur de France en Russie, Pierre Lévy.

«Punis par ces Occidentaux qui ne nous connaissent pas»

«Je sais combien la Russie est engagée dans ce type de projet et cela me réjouit. Quant à la France, c'est à elle de décider ce qu'elle veut», a simplement commenté la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. Le sujet reste en effet tendu, alors que les Américains et Européens prolongent chaque année depuis 2014 leurs volets de sanctions antirusses.

Un étudiant interrogé par Valeurs actuelles affirme ne pas comprendre la position de l’Occident. «Notre région était la plus pauvre d'Ukraine. Depuis que nous sommes russes à nouveau, les salaires publics sont enfin versés, il y a de nouvelles routes, ici un nouvel aéroport. Le seul blocage pour notre développement, ce sont les sanctions étrangères», déplore-t-il. «Pourquoi sommes-nous punis par ces Occidentaux qui ne nous connaissent pas?».

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