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    MAGADAN ET SA REGION ET L'ALTAI

    MAGADAN ET SA REGION ET L'ALTAI

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    Cette fois nous vous invitons dans le Grand Nord de Russie, plus précisément dans le

    Cette fois nous vous invitons dans le Grand Nord de Russie, plus précisément dans le district fédéral de l'Extrême-Orient, où se trouve la région de Magadan, et sur le chemin de retour passerons par le territoire de l'Altaï, dans le Sud de la Sibérie.
    Pour sa superficie, 462 400 km², la région de Magadan est en 9e position en Russie. Avec sa population de 168 500 habitants et une densité de moins de 0,5 habitant par km² elle figure parmi ses territoires les moins peuplés. Le climat ici est extrêmement rigoureux. L'hiver dure de 6 à 7,5 mois. Plus de la moitié du territoire de la région de Magadan est baignée par les eaux de la mer d'Okhotsk et de l'Océan Pacifique. La toundra et la toundra coupée de forêts occupent les trois quarts de la région. Elle est très riche en minerais : or, argent, étain, tungstène et autres. En 2006, par exemple, il a été extrait dans la région 18,5 t d'or et 625,5 t d'argent. La deuxième industrie de la région de Magadan est la pêche. Y sont développés l'élevage du renne et la chasse aux mammifères marins - le morse et le phoque.
    A 7110 km à l'est de Moscou, sur les côtes de la baie de Nagaïev de la mer d'Okhotsk, se trouve le chef-lieu de la région - la ville portuaire de Magadan, la plus importante dans le Nord-est de Russie. Elle compte un peu plus de 107 000 habitants pour une superficie de 1190 km². Fondée en tant que bourg en 1929, Magadan reçoit le statut de ville à partir de 1939. Sa construction est lié à la mise en valeur des ressources naturelles, principalement de l'or, qui était extrait dans les 30 du 20e siècle par les mains des détenus du GOULAG. La ville tient son nom de « mongodan » signifiant en langue des Evenks « bois, rejeté par la mer ». C'était aussi le nom de la rivière qui coulait à proximité du futur emplacement de Magadan. Longtemps, de 1930 à 1950 Magadan était le centre de direction des camps de travail du Nord-est de la NKVD, commissariat de l'Intérieur.
    De nos jours Magadan est un centre économique et culturel de la région. Elle représente 54 % de la population de la région et 59 % de sa population urbaine.
    La ville produit de l'équipement pour l'industrie minière, a des conserveries de poisson, des usines de construction mécanique. Le port de Magadan possède une importante flotte de pêche, et grâce aux brise-glaces fonctionne toute l'année. Magadan dispose de tout ce que doit avoir une chef-lieu régional : 5 instituts de recherche, 3 écoles supérieures, des lycées, des établissements médicaux et de culture. Le théâtre lyrique et dramatique de la ville est vieux d'environ 70 ans et son histoire remonte à un collectif artistique, organisé en 1932 dans le système du GOULAG. A Magadan il y a un théâtre des marionnettes, une philharmonie régionale.
    Magadan devient aussi un centre de tourisme et de récréation. Il y a une station de ski alpin, et l'on construit un grand centre touristique « Martchekan ».
    Dans la région de Magadan il n'y a pas de chemins de fer la reliant au centre de la Russie. Le trafic des passagers et des marchandises se fait par les transports automobile, maritime et aérien. L'autoroute de Kolyma est le principal axe routier qui permet de livrer des chargements dans diverses parties de la région. Construite par des détenus de camps dans les années 30 du siècle dernier, elle reliait le port de Magadan aux bourgs, camps de travail et mines d'or de la région et de la Yakoutie. L'autoroute qui n'est bétonné que sur 150 km est longue de 1400 km. Les principaux nœuds de transport sont le port maritime et l'aéroport de Magadan. L'aéroport international « Sokol », le plus important dans le Nord-est de la Russie, assure le trafic des passagers et des chargements à délivrer d'urgence.
    Nous poursuivons cette émission par un récit sur la terre, où naissent des légendes. Elle se trouve dans la partie asiatique de la Russie et s'appelle l'Altaï.
    Traduit de la langue turque son nom signifie - « Pays des monts d'or ». Impénétrables sont ses forêts, cristallins sont ses lacs. De hauts cèdres, pins et sapins escaladent ses versants rocheux. Les sinuosités des ruisseaux et des rivières, enlacées à la frange de la verdure et disparaissant par endroits dans des buissons d'églantier et des touffes de fougères, se dispersent par les fonds des ravins et des vallées en cours d'eau innombrables. On peut passer à côté sans rien remarquer, et seul le murmure d'un ruisseau trahit sa présence. Irrésistible dans sa course, il fait entrechoquer des galets, tels des grains de chapelet. Sautant d'une pierre à l'autre, il ne se lasse de les travailler, de les polir. Aussi mince qu'il soit à la source, un ruisseau ne manque pas de puissance : il se fraye la voie dans une roche dure, en couvrant la terre de sillons, et se transforme en aval en un torrent impétueux ponctué de rapides et de chutes...
    Les pluies ne sont pas rares dans l'Altaï et sont souvent accompagnées d'orages grandioses. Le cyclone avance inexorablement sur un large front. Couvrant tout l'horizon, un nuage géant envahit le ciel - une vision féerique faisant penser à la fin du monde. La nature change perfidement tous les cinq minutes, on se croirait sur une autre planète. La palette des couleurs et des contrastes est inimaginable : les paysages montagneux varient leurs fluorescences d'un plasma doré et d'un amalgame argenté au vert froid, en passant par le ponceau-brun. Et si le tonnerre commence à gronder, les roches tremblent sous les pieds - on dirait des divinités anciennes et des monstres ranimés s'affrontent dans un combat à mort. Le fracas dure longtemps - une ou deux minutes sans arrêt, semant la peur à de nombreux kilomètres à la ronde. Tout animal, toute petite bête cherchent à se blottir contre la terre, à se cacher dans sa tanière ou à se réfugier dans une fissure. Et ils ont raison : tous ressentent la ferme allure du dieu Indra qui s'est éveillé et qui marche en semant des foudres autour de lui. Malheur à celui qui n'a pas eu le temps de se tapir dans sa retraite et lui tombe sous la main ! Même la forêt et l'herbe s'apaisent en de tels moments et se dressent sans remuer. Mais voilà que le dieu Indra s'en va, entraînant derrière lui le nuage violet foncé, et le fourré se tire du noir. A nouveau la vie triomphe dans le rayonnement du soleil, et l'azur de la voûte céleste s'ouvre de part en part.
    Admirant des tels phénomènes, on semble pénétrer involontairement les mystères de l'existence des tribus scythes anciennes, peuplant jadis, bien avant la période turque, ce pays étonnant.
    Apparues dans l'Altaï au 7e siècle avant J.C., les tribus nomades connaissaient et ressentaient parfaitement la nature. Elles nous ont laissé en héritage une culture, reflétant leur vision du monde sous forme d'objets d'artisanat, de décorations, d'outils de chasse, de sépultures cultuelles, de peintures rupestres.
    Parmi les pictogrammes sont particulièrement expressives les figurations des animaux : cerfs, dromadaires, chevaux, panthères, ainsi que des aigles, groupées dans le «style fauve ».
    Le haut Altaï est extraordinaire à bien des égards, mais c'est, en premier lieu, son massif montagneux qui fait sa principale particularité.
    Les contreforts verts du plateau de l'Altaï ressemblent par leurs crêtes arrondies aux troupeaux de mammouths qui paissaient ici dans le temps. Ce n'est que par endroits, aux cimes, qu'on aperçoit des dents rocheuses dénudées de la crête de Kolyvan. Derrière elles, et toujours plus haut, on voit s'élever le plateau qui se prolonge jusqu'à la plus haute crête de montagnes, celle de Katoun, aux sommets recouverts de neige scintillante, s'étendant, eux, aux frontières septentrionales du Kazakhstan, de la Chine et de la Mongolie.
    Mais à présent c'est le célèbre mont Sinioukha qui attire nos regards. Il est relativement peu élevé - 1210 mètres - et est couvert principalement par une forêt de conifères et de feuillus. Et c'est seulement à son extrémité qu'il a une structure insolite de roches érodées. Elles ont l'air d'un vaste ensemble de sculptures bizarres, rappelant les vestiges d'un royaume ancien. On a l'impression que jadis c'étaient de magnifiques palais, habités par de puissants titans. Mais un jour une grandiose bataille s'est engagée entre eux, dont on ne peut que deviner la collision dramatique : il est bien possible que les titans aient irrité les dieux par leur conduite, et les dieux les punirent en les pétrifiant. Il ne reste qu'à contempler ces ruines majestueuses, reposant comme sur une paume géante, enveloppées de nuages et à composer des chansons, des mythes et des légendes. Il semble que le sifflement monotone du vent va se remplir dans l'instant de vibrations synchrones d'un instrument ancien et de la voix gutturale d'un chanteur, entamant une poésie épique...
    D'autres roches érodées se trouvent au bord du lac Kolyvanskoïé. Ses eaux pures ont gardé une plante endémique - tchilim, noix aquatique. Autour du lac s'élèvent de majestueuses sculptures de granit. La nature y a créé des compositions plastiques compliquées, figurant des idoles, des êtres anthropomorphes, des reptiles, des châteaux et des forteresses. D'abord, les vagues d'une mer ancienne ont travaillé les piliers en leur donnant des formes les plus variées, par la suite des vents forts ont parachevé l'érosion.
    En prenant une voiture sur l'autoroute qui passe à côté en direction de la ville de Zméinogorsk, le voyageur sera accompagné sur plusieurs kilomètres encore par ces images surprenantes, semblant venir spécialement d'un conte du continent asiatique.
    Merci d'avoir suivi cette édition de la rubrique « Voyagez avec nous » de la « Voix de la Russie ».

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