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    Espionnage des pauvres

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    J’avoue que j’ai cru d’abord à un canular. Pourtant j’ai d


    J’avoue que j’ai cru d’abord à un canular. Pourtant j’ai dû me rendre à l’évidence après avoir constaté qu’il s’agit non d’une blague mais d’un document tout ce qu’il y a de sérieux que l’Union russe d’industrie touristique vient d’adresser au ministère russe des Affaires étrangères pour se plaindre des nouvelles conditions d’obtention des visas touristiques que l’Ambassade du Canada à Moscou entend imposer aux citoyens russes.

    En vertu de cette disposition tout citoyen russe ayant dépassé l’âge de 18 ans et désireux se rendre au Canada en voyage touristique est tenu de répondre aux questions qui risquent de lui valoir en Russie des pursuites judiciaires pour divulgation des secrets d’État. Jugez-en vous même. Les bureaucrates canadiens veulent savoir si le postulant à un visa canadien fait ou faisait partie de l’armée, de la police ou d’un service d’espionnage. Toute réponse positive à cette question entraîne d’autres questions encore plus détaillées – la période de service, type des forces armées, le numéro et l’emplacement de l’unité militaire et même le grade et le nom complet du commandant de ladite unité. En plus le demandeur de visa canadien doit donner une information non moins détaillée sur les partis et les mouvements politiques dont il est militant ou partisan.

    Pendant que les ministères russes des Affaires étrangères et de la Défense gardent un silence embarrassé face à cette initiative sans précédent je me permettrais d’emettre quelques considérations personnelles au sujet des raisons qui auraient pu pousser les fonctionnaires canadiens à agir de la sorte.

    Il n’est pas exclu qu’ils aient pris cette décision pour donner une tacite leçon de vigilance à l’Union européenne et même aux États-Unis dont la politique en matière de visas pour les ressortissants russes ils trouvent probablement dangereusement libérale. Pourtant la modestie traditionnelle des Canadiens m’interdit de retenir une telle explication. Il est beaucoup plus probable que faute de moyens plus efficaces les services secrets canadiens aient tout bonnement fait recours à une sorte d’espionnage rustique, voire resquilleur, pour obtenir gratuitement quelques bribes de secrets militaires russes.

    Cela certainement en prévision du jour où Ottawa décide de déclarer la guerre à Moscou.

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