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    Actualités scientifiques et techniques 09.11.2011

    Actualités scientifiques et techniques 09.11.2011

    Photo: RIA Novosti
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    Au sommaire : - La Russie va se doter de porte-avions modernes - Une


    Au sommaire :

    - La Russie va se doter de porte-avions modernes      

    -  Une clef pour comprendre l’Arctique  

    - L’équipage de Mars-500 se porte à merveille

    - Les phoques seront recensés

                 

    La Russie va se doter de porte-avions modernes      

    Le commandement de la Marine nationale a pris la décision de former plusieurs groupes aéronavals pour étendre la zone d’influence de la Marine russe au Pacifique et à l’Atlantique du Nord. Deux groupes aéronavals seront opérationnels vers 2027, l’un dans le Pacifique et l’autre en Atlantique du Nord.

    Cette décision semble clore le débat autour de la construction de porte-avions modernes bien que la décision finale sur cette question dont le coût s’élève à des milliards de dollars relève du président de la Russie. La marine russe n’a actuellement en dotation qu’un seul porte-avion lourd qui est en l’occurrence l’Amiral Kouznetsov en service depuis 20 ans. Tout Etat puissant aspire à se doter d’un groupe aéronaval pour faire la démonstration de son prestige, note le rédacteur de Nezavisimoe voennoe obozrenie (Revue militaire indépendante) Victor Litovkine.

    «Les États-Unis n’ont pas le monopole des porte-avions parce que la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Brésil et la Chine en possèdent aussi. L’Inde a en dotation un vieux porte-avions anglais et nous sommes en train de moderniser pour elle le porte-avions l’Amiral Gorchkov qui a reçu le nom de «Vikramaditia». Le navire sera remis à la marine indienne à la fin de 2012. Nous nous bornons actuellement à protéger nos côtes et zones économiques côtières, mais nous aurons forcément un jour nos propres intérêts dans l’Océan mondial et les porte-avions s’imposent impérativement pour les défendre».

    La marine devra achever la formation du groupement d’escorte au moment de mise à flot du premier porte-avions. Ce groupement comprendra des croiseurs porte-missiles, destroyers, sous-marins multifonctionnels, frégates, corvettes et navires de ravitaillement. Le groupe unifié de constructions navales (OSK) a mis en chantier plusieurs frégates et corvettes, étudie un nouveau destroyer et les projets de remise en service des croiseurs porte-missiles actuellement tenues en réserve. Certes, les considérations de prestige sont importantes mais il existe d’autres facteurs au moins aussi sinon plus importants qui expliquent la nécessité de cet effort de construction, - note Victor Litovkine.

    « Les porte-avions se voient confier de nombreuses missions. C’est un aérodrome flottant qui approche des côtes d’un Etat et porte des chasseurs, avions d’assaut, bombardiers et avions de reconnaissance et de commandement à grand rayon d’action. Les dirigeants de l’Etat en question ne peuvent plus dormir tranquilles. Et puis, des SNLE croisent toujours au-dessous des navires de surface du groupe aéronaval qui assurent la protection de leurs zones de déploiement ».

    Le projet de porte-avion sera fin prêt vers 2017 et sa mise à flot est programmée en 2023. Il sera construit en modules et assemblé sur les chantiers de «Sevmash». Le nouveau porte-avions  sera équipé de propulseur nucléaire et l’entreprise a un grand savoir-faire dans ce domaine. Selon les estimations des experts, le tirant d’eau de la nouvelle «forteresse flottante» de la marine russe pourrait être de 50 à 70.000 tonnes.


    Une clef pour comprendre l’Arctique   

    La thématique de l’Arctique est actuellement sur toutes les lèvres. C’est un sujet à la mode mais la mode passe, alors que l’Arctique et l’Océan glacial du Nord resteront toujours actuels pour la Russie qui est la grande puissance du Nord. Nous avons même une maison d’édition qui traite du passé et du présent de cette région austère au-delà du Cercle polaire.

    La maison porte le nom de Paulsen en commémoration de son fondateur Frédéric Paulsen. Cet explorateur et voyageur suédois est un passionné de l’Arctique russe et participent aux expéditions uniques comme le plongée au fond de l’Océan glacial en bathyscaphe «Mir» et contribue personnellement aux explorations menées par l’Etat russe dans le Grand Nord.

    Paulsen estime que la littérature documentaire, de vulgarisation scientifique et les belles lettres traitant de ce sujet peut donner la clef pour comprendre les problèmes actuels de l’Arctique. C’est pour cette raison que la maison a entrepris d’éditer « L’Encyclopédie du Nord ». Comme l’a confié à la « Voix de la Russie » la collaboratrice de la Maison d’édition Svetlana Dolgovo, il s’agit là de la première édition au monde entièrement consacrée au Nord de la Russie et à ses voisins de la région arctique.

    L’encyclopédie compte plus de 4000 entrées qui traitent de l’environnement, des sites géographiques, des ressources, de l’architecture et des peuples autochtones peu nombreux. Certains diront que l’édition ne s’adresse qu’à un public de spécialistes mais c’est complètement faux parce qu’elle rendra également des  services aux étudiants, écoliers et surtout à ceux qui ont longtemps vécu au-delà du Cercle Polaire. Il s’agit pour eux de l’histoire qu’ils avaient créée eux-mêmes.

    La soi-disant « Série polaire » de la maison d’édition est également unique en son genre. Elle raconte l’histoire des premières expéditions dans l’Arctique, comme les souvenirs de Valerian Albanov, le navigateur du « Sainte-Anne ». En 1912 ce bateau a été emprisonné par les glaces de la mer de Kara et seuls trois membres de son équipage ont survécu. Parmi les publications se fait également remarquer l’étude de Vladimir Vizé qui a pris part aux expéditions vers le Pôle Nord, véritable livre de chevet pour les explorateurs polaires de tout âge. La série inclut aussi plusieurs livres qui racontent l’histoire de la flotte de brise-glaces, depuis le légendaire « Ermak » jusqu’au premier brise-glaces nucléaire portant le nom de Lénine. D’ailleurs, le mot « premier » se rencontre souvent dans l’histoire de l’exploration de l’Arctique par la Russie.

    «Nous disons que la Russie avait pendant longtemps conservé la priorité dans l’exploration de l’Arctique qu’il s’agisse du premier brise-glaces, des premières liaisons radio avec les expéditions polaires ou des premiers avions partis à destination d’Arctique, comme le premier vol effectué en 1912 par Yan Nagourski».

    Pour la création de la « Série polaire » nous avons fait appel aux documents inconnus conservés jusqu’à tout dernièrement dans les archives avec la marque « confidentiel » et « strictement confidentiel ».l

    Tous les livres de la Maison d’édition « Paulsen » sont des référentiels uniques pour ceux qui étudient les Territoires du Nord de la Russie. Ils ont en même temps une belle présentation et contiennent un grand nom de photographies et de cartes géographiques anciennes et modernes. Mais nous avons surtout voulu évoquer les hommes qui se sont consacrés à l’Arctique, raconte le directeur créatif de la Maison, le Français Emmanuel Duran :

    « Je me suis toujours intéressé aux livres mais je ne suis pas pour autant un passionné du Nord. Ce qui m’intéresse le plus en Russie, ce sont ses hommes vraiment héroïques qui travaillent dans les stations polaires et sur les brise-glaces,  ingénieurs, chercheurs, hommes et femmes. Les jeunes et les personnes entre deux âges ont tendance à les oublier, à passer l’éponge sur les stations arctiques qui ont existé et existent toujours. On parle beaucoup ces derniers temps de la Voie maritime du Nord qui est géniale pour l’économe russe. Mais qui connaît aujourd’hui les ingénieurs, capitaines et explorateurs polaires? Cette connaissance est pourtant vitalement indispensable ».

    La Maison d’édition a pour logo le renne du Nord stylisé. Les livres munis de ce logo font renaître l’intérêt pour l’Arctique, ce grand espace mystérieux qui dort dans le silence sous son linceul de glace.


    L’équipage de Mars-500 se porte à merveille

    L’expérience de simulation d’un vol vers Mars vient de se terminer à Moscou. Vendredi 4 novembre les six volontaires de l’équipage international dont 3 Russes, un Français, un Italien et un Chinois ont ouvert le sas et quitté la capsule sur le site de l’Institut des problèmes médico-biologiques où ils se trouvaient enfermés pendant 520 jours. Les scientifiques qui menaient l’expérience avaient pour objectif de mettre en évidence les particularités du comportement humain dans l’espace clos pendant le vol vers Mars.

    La simulation du vol s’est faite en trois étapes à savoir : le vol virtuel de 240 jours vers Mars, le séjour de 30 jours sur «la surface martienne» et le vol de retour de 240 jours. Durant  ce « voyage », l’équipage a réalisé plus d’une centaine d’expériences scientifiques qui comprenaient des explorations physiologiques et microbiologiques, des tests cliniques en laboratoire et d’hygiène. Le projet Mars-500 avec la participation de la Russie, des spécialistes de l’Agence spatiale européenne et d’autres pays, avait pour mission d’acquérir l’expérience pratique en vue de préparation du vol humain réel vers Mars. A leur tour, les recherches scientifiques réalisées dans le cadre du projet devaient permettre d’évaluer les effets de l’isolement, de l’espace clos et du stress sur les divers aspects psychologiques et physiologiques de la vie humaine, comme les rapports au sein du groupe, la qualité du sommeil, l’humeur, la régulation hormonale, l’immunité et l’efficacité de la ration alimentaire.

    L’équipage comprenait trois Russes, le commandant de bord Alexeï Sitev et les médecins Soukhrob Kamoolov et Alexandre Smolevski, un Français, l’ingénieur de bord Roman Charles, un Italien, le chercheur Diego Urbina, et un Chinois, le chercheur Vang Yu. A l’issue de l’expérience les Russes et les Européens recevront une rémunération de l’ordre de 3 millions de roubles (environ 100 000 dollars). Le montant dû au membre chinois n’est pas dévoilé.

    Roscosmos a l’intention de répéter l’expérience Mars-500 dans deux ans à bord de l’ISS, - a déclaré Alexeï Krasnov qui dirige le département des programmes pilotés de Roscosmos. Nous espérons pouvoir compléter les résultats de l’expérience Mars-500 en le tentant cette fois en orbite, - a précisé le responsable.

     

    Les phoques seront recensés

    L’expédition permanente de l’Académie russe des sciences lancera en 2012 un nouveau projet d’envergure en commun avec des scientifiques américains. Les chercheurs s’occuperont du recensement de la population de phoques dans le secteur russe de l’Arctique.

    Dmitri Glazov, collaborateur de l’Institut de l’environnement de l’Académie des sciences et directeur adjoint du programme «Baleine blanche», se penche sur les détails de ce projet.

    «La Russie et les États-Unis ont signé un accord sur la protection de l’environnement qui prévoit aussi la protection des mammifères marins. Nous avons programmé pour l’année prochaine le recensement des phoques qui se reproduisent sur la banquise. Tous les phoques ont à un moment donné besoin de surface solide pour se reproduire. Quatre variétés de phoques habitent les mers d’Okhotsk et de Béring à savoir le phoque barbu, à capuchon, annelé et à ventre blanc.

    Nous avons l’intention de faire appel à l’aviation et au marquage par satellite.  Plusieurs animaux seront équipés de balises spéciales qui donneront leurs coordonnées sur la banquise et les transmettront vers le satellite. Les membres de l’expédition permanente de l’Académie se préparent déjà au projet : ils ont marqué 7 animaux auxquels vont bientôt s’ajouter une dizaine de phoques de la mer d’Okhotsk. Recenser les animaux marins n’est pas une tâche de tout repos.  Premièrement, parce que le marquage par satellite est une procédure onéreuse (une balise de fabrication russe coûte environ 40 000 roubles et il en faudra entre 20 et 25). Deuxièmement, on ne peut recenser les phoques que lorsqu’ils se trouvent sur terre ferme, ce qui ne se produit que rarement», précise Dmitri Glazov.

    «C’est que, à la différence des dauphins blancs et des baleines, les phoques sont très mobiles et se déplacent à très grandes distances en traversant les mers. Par exemple, ceux de la mer d’Okhotsk peuvent migrer vers la Tchoukotka et revenir sans problème, ce qui signifie que le recensement devra couvrir toute cette zone».

    L’expédition de l’Académie des sciences dévoilera les détails du projet et fera une démonstration des balises destinées à marquer les phoques à l’occasion de l’exposition internationale «Océan mondial» qui se tiendra en décembre prochain à Moscou. Ses membres donneront également le détail d’autres recherches liées aux habitants marins. Il s’agit notamment du programme d’étude de l’habitat et des migrations du dauphin blanc et de l’ours polaire dans le secteur russe de l’Arctique et de la population de baleines grises en mer d’Okhotsk et au voisinage des côtes coréennes, en utilisant le balayage par satellite. La zone couverte par ses études comprend le secteur russe de l’Arctique, l’Extrême-Orient, la Kamtchatka et l’île de Sakhaline et ce travail sous les auspices de la Société géographique russe, est personnellement contrôlé par le Premier ministre Vladimir Poutine.

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