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    Un rêve d’enfance

    Un rêve d’enfance

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    L’airbus A300 Zéro G a emmené le vendredi 15 mars 40 personnes pour une expérience hors du commun.


    L’airbus A300 Zéro G a emmené le vendredi 15 mars 40 personnes pour une expérience hors du commun. Cet avion spécialement équipé permet d’obtenir grâce à des manœuvres spécifiques, que l’on appelle vol parabolique, la sensation de l’apesanteur. L’A300 Zéro G est aménagé particulièrement pour ce genre d’expérience, c’est dans un espace de plus de 200m3 que les passagers peuvent profiter de la gravité zéro. La manœuvre est divisée en trois phases, d’abord l’avion accélère et prend de l’altitude, pendant cette étape les passager ressentent une forte gravité, ils ressentent 1.8 fois le poids de leur corps sur terre. Ensuite s’enclenche la phase de descente, qui dure 22 secondes et pendant laquelle les personnes à bord se trouvent en apesanteur. Pour se redresser enfin, l’avion repasse en phase d’haute gravité à 1.8G. Les vols de la compagnie Novesapce, filiale du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) à bord de l’A300 Zéro G étaient jusqu’à cette date réservés uniquement aux chercheurs et aux expériences scientifiques en apesanteur. C’est donc pour une modique somme de 6000 euros que les premiers passagers ont pu pendant quelques minutes s’abroger de la sensation de l’attraction terrestre. L’avion a décollé de Bordeaux, pour réaliser au total 15 paraboles, qui ont simulé en somme un peu plus de 5 minutes d’apesanteur. Gilles Gompertz, directeur général d’Avico, compagnie, qui commercialise les vols Zéro G, nous explique comment sont organisés ces vols et qui sont les chanceux à pouvoir en profiter :

    Qui sont principalement les gens qui ont acheté leur ticket pour cette expérience ?

    On a essentiellement trois profils sur les personnes qui ont acheté. Le plus gros des personnes, ce sont les fanas d’espace, qui attendaient ce moment depuis très longtemps. Dans la pratique, quand on a fait la conférence de presse et que l’on a ouvert les vols à la vente, le soir même on a déjà fait un nombre de demandes incroyable. Il y avait des gens qui attendaient ça depuis très longtemps et qui se sont précipité pour réserver leurs places le plus tôt possible. Ce sont vraiment des fanas d’espace, qui voulaient vivre l’apesanteur, vivre leur rêve d’enfant. Ensuite on a un deuxième flux de clientèle qui était moins présent sur ce premier vol, parce qu’il s’est inscrit plus tard. Ce sont des gens qui ont envie de faire un beau cadeau à leurs proches sur une occasion particulière. Et puis on a un troisième profil, ce sont les 12 gagnants des concours organisés par le CNES. Le CNES souhaitait qu’il y ait également des places ouvertes aux amoureux de l’espace les plus méritants et pas nécessairement ceux qui auraient un budget aussi important à immobiliser. Et donc il y a douze places qui ont été mises sous forme de concours par le CNES. Donc on a 28 passagers payants et 12 gagnants sur différents concours à caractères scientifiques du CNES.

    Il y a bien trois vols organisés par an en ce moment ?

    Tout à fait. L’idée c’était de commencer sur un rythme relativement raisonnable, parce que l’objectif de Novespace, qui réalise ces vols c’est avant tout de faire des campagnes scientifiques. Les vols ont été ouverts, mais ça ne doit pas perturber le bon déroulement des opérations Novespace. Et donc le choix a été fait de limiter le nombre de vols à 3 cette année et à priori à 3 vols l’année prochaine.

    Est-ce que ça pourrait se développer en masse, pour qu’un plus grand nombre de gens puisse en profiter ?

    Il pourrait y avoir un peu plus de trois vols. On aurait tendance à dire qu’on pourrait monter jusqu’à 10 vols par an, mais au delà est-ce qu’il y aurait le même engouement ? Mais effectivement il y a la capacité à doubler ou tripler le nombre de vols assez raisonnablement.

    Est-ce que c’est l’unique attraction de ce genre en Europe ou dans le monde ?

    Il y en a un qui fonctionne aux Etats Unis et en Europe c’est le seul. Il y a également un « Ilyushin », qui fait des vols en Russie, mais en terme de commercialisation je crois que c’est un peu différent et je ne suis pas sûr que ça soit très accessible. Pour l’instant on a essentiellement des passagers français, parce que ce sont majoritairement des médias français qui ont relayé l’information. Mais on commence à avoir des demandes qui viennent d’Europe et d’autres continents. Par exemple une personne qui vient du Brésil, une du Japon et une de l’Angola. On commence à avoir un rayonnement qui dépasse largement les Frontières.

    Pour le déroulement ça se passe comment ? On achète le billet et après qu’est ce qui se passe ?

    Il y a des conditions médicales à respecter. On demande aux futurs passagers de passer une visite médicale, qui est assez proche de la visite médicale, qui est demandée pour les pilotes privés d’avion. C’est sensiblement la même logique, dans la mesure où c’est quelque chose qui sollicite l’organisme, c’est d’abord une période d’hyper gravité à 1.8G, ensuite l’apesanteur à 0G et ensuite une nouvelle période d’hyper gravité pour remettre l’avion à l’horizontale. C’est quelque chose qui sollicite l’organisme, d’où la visite médicale. Une fois que vous avez reçu l’approbation de votre médecin, on a passé le cap préparatoire, on se retrouve pour une journée sur le vol en apesanteur. Il y a un briefing qui permet de donner toutes les consignes qui sont nécessaires à la bonne réalisation du vol, tant en terme de sécurité, qu’en terme de plaisir - qu’est ce qu’il faut faire pour en profiter un maximum. Et puis également des informations sur le fonctionnement de ces vols paraboliques et leur contribution scientifique. Ensuite on montre l’avion aux passagers. Le vol dure 2h-2h30 et on fait 15 paraboles, pendant lesquelles il y a 22 secondes d’apesanteur. Au cumul il y a un peu plus de 5 minutes d’apesanteur. Puis derrière on fini la journée par une cérémonie, une remise du diplôme d’apesanteur et puis on lève un ver ensemble avec les passagers, avec les équipages et avec les pilotes.

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