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    Instrumentalisation de la justice
    © Photo: REUTERS/Benoit Tessier

    Instrumentalisation de la justice

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    Depuis que Nicolas Sarkozy a quitté la scène politique après sa défaite aux élections présidentielles de 2012, il ne cesse d’apparaître au devant de la scène médiatique.

    C’est encore une fois le cas aujourd’hui, ce début de semaine Nicolas Sarkozy fait la Une, d’abord par ce que c’est le premier président Français à être passé en garde à vue, il a été appelé pour témoigner sur l’affaire dite des écoutes téléphoniques et ensuite parce qu’il en a profité pour donner sa première interview depuis les présidentielles de 2012. L’ancien président accumule les affaires dans lesquelles apparaît son nom pour ne citer que les dernières, Bygmalion et les fausses factures, l’affaire des écoutes et le financement de sa campagne, néanmoins Nicolas Sarkozy n’en a pas perdu de son charisme et de sa poigne, devant les journalistes et tout un pays il a affirmé ne jamais avoir enfreint la loi et être une victime d’un acharnement d’une justice instrumentalisée. Cette affaire ressemble à une tentative d’assassinat politique, qui viendrait pile poil au moment où l’ex-président voulait annoncer son retour possible en politique, pour Geoffroy Didier secrétaire général adjoint de l’UMP rien n’est encore perdu et vu la nécessité Nicolas Sarkozy peut encore revenir :

    La Voix de la Russie : Suite à l’affaire qui a été ouverte contre Nicolas Sarkozy il a annoncé dans son interview qu’il y a un certain acharnement sur lui et que il y a une instrumentalisation de la justice en France, est-ce que vous êtes d’accord ?

    Geoffroy Didier : Nicolas Sarkozy n’a pas mis en cause la justice dans son ensemble, il n’a pas mis en cause l’institution judiciaire. Nous partons tous du principe que nous faisons tous confiance à la justice et je crois que l’immense majorité des magistrats font leur travail en toute intégrité. Ce qu’il a regretté et ce qui l’indigne profondément, c’est l’instrumentalisation politique par quelque uns de l’institution judiciaire, c’est par exemple le fait que l’une des juges qui instruit l’affaire dite des écoutes et qui est membre d’un syndicat de la magistrature, qui est le même syndicat qui avait lui même publiquement appelé à battre Nicolas Sarkozy dans les urnes. Ce même syndicat qui lui même avait érigé un mur des cons, qui épinglait au sens propre et au sens figuré plusieurs responsables publics de droite. Les magistrats prêtent un serment d’impartialité, il y a donc pour chaque justiciable l’exigence du respect des principes élémentaires du droit à commencer par celui de l’impartialité. Lorsque ces principes sont bafoués il est légitime qu’un justiciable quel qu’il soit puisse s’en indigner.

    LVdlR : Vous pensez que cette instrumentalisation de la justice, qui reste ponctuelle à quelle niveau est-ce qu’elle se trouve ? Est-ce que ça vient juste d’une conviction personnelle de certains magistrats avec leurs propres convictions politiques ou ça pourrait venir de plus haut d’un ordre donné par le parti au pouvoir ?

    G.D.: Il y a deux choses différentes qu’il ne faut pas confondre. La première c’est l’appartenance d’un magistrat à un syndicat, qui fait des choix politiques et qui a appelé à faire battre Nicolas Sarkozy dans les urnes et qui a même considéré que Nicolas Sarkozy est « un con » puisqu’il était épinglé parmi d’autre personnalités sur ce fameux mur des cons. Et puis il y a la question que chacun peut légitimement se poser, qui est la suivante – est-ce que les membres du gouvernement, Christiane Taubira, Manuel Valls étaient-ils au courant que Nicolas Sarkozy était placé sous écoute. Est-ce qu’ils savaient que quelqu’un enregistrait des conversations entre un ancien chef de l’état et la grande partie des responsables de l’opposition. Dans les conversations privées de Nicolas Sarkozy vous imaginez bien qu’il y a des conversations entre Nicolas Sarkozy et d’autres responsables de sa famille politique. Et là c’est une question politique qui est posée – qui a pu lire ces écoutes et qu’elle en était la légitimité et la destination. Chaque citoyen peut légitimement s’interroger sur l’opportunité de telles écoutes et sur leur destination.

    LVdlR : Il a d’ailleurs parlé d’humiliation, est-ce que vous pensez qu’il y a eu une véritable intention d’humilier Nicolas Sarkozy et si oui par qui ?

    G.D.: Ce qui est vrai c’est que une personne qui avait avoué avoir commis un délit qui était Jérôme Cahuzac, lui n’avait pas été placé en garde à vue. Nicolas Sarkozy lui a été placé en garde à vue alors que rien n’obligeait les policiers à le placer en garde à vue et qu’il avait répondu à l’appel de l’audition, qu’il était présent et que la garde à vue paraissait superflue.

    LVdlR : Nicolas Sarkozy s’est lui même qualifié comme quelqu’un qui pouvait avoir des responsabilités d’opposition. Est-ce que il va annoncer bientôt son retour, est-ce que cette interview qu’il a donnée est une contre offensive médiatique ?

    G.D.: Je ne crois pas qu’il s’agissait d’une contre offensive médiatique, mais avant tout d’une pédagogie à partir d’un cas d’espèce qui est le sien, de l’exigence du respect élémentaire du droit. S’agissant de la question qui lui a été posé sur son retour dans la vie politique, il a été très clair il a lui même fixé un calendrier d’expression. Fin aout début septembre il dira alors si il s’engage à nouveau pour la France et si il le fait comme il l’a rappelé ce n’est pas par envie, mais c’est parce qu’il considérera que le devoir l’appelle. Et je crois que le devoir l’appelle, parce que les circonstances politiques sont réunies. Parce que nous avons un président de la république dont l’autorité est défiée par plus de quatre Français sur cinq, ce qui est totalement inédit sous la cinquième république. Parce que nous avons un parti d’extrême droite, le Front National qui se considère aujourd’hui comme la première force politique du pays. Et nous avons entre le chaos socialiste et le mirage extrémiste une droite républicaine, sans ligne et sans leader. Face à ces trois circonstances politiques, je crois que nous avons besoin à la fois de renouveau et d’une nouvelle génération et en même temps de quelqu’un de solide, d’expérimenté et qui fait preuve d’autorité pour porter cette nouvelle génération au pouvoir, pour pas seulement rassembler les Français, mais véritablement réformer la France.

     

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