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    L’Afrique du Sud et les armes russes : de la nostalgie aux actes concrets
    © Collage : La Voix de la Russie

    L’Afrique du Sud et les armes russes : de la nostalgie aux actes concrets

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    Les partenaires traditionnels de Russie dans la sphère militaro-industrielle sont localisés sur la côte méditerranéenne du continent africain. Quant à l’Afrique noire, au sud du Sahara, elle représente seulement 2% du total des exportations d'armes russes dans le monde.

    En même temps, la réputation des armes soviétiques qui étaient et sont toujours utilisées par multiples pays de l’Afrique subsaharienne est affirmée depuis une cinquantaine d’années. En 2013-2014, la Russie a réussi à signer 25 contrats pour un montant total de 1,7 milliard de dollars. Les pays africains s'intéressent au matériel d'aviation, aux systèmes antiaériens, aux armes d'infanterie et aux munitions, y compris pour avions. Aujourd’hui, l’Ouganda a acheté des chasseurs pour un montant total de 740 millions de dollars. Un contrat a été signé en août avec le Nigéria pour des Mi-35 et des Mi-17, avec l’Angola pour des Su-30M.

    A la pointe extrême du continent, l’Afrique du Sud présente le marché le plus prometteur. Du point de vue économique et militaire, c’est une superpuissance régionale qui ouvre la voie à tous les marchés de cette région et, dans la perspective, permettrait de gagner tout le marché du continent. Rappelons que, depuis 2011, l’Afrique du Sud fait partie des pays de BRICS ce qui suppose de facto des relations privilégiées avec la Russie.

    On ne dirait pas que le secteur militaire sud-africain dépend d’un pays tiers. Depuis l’apartheid, les Sud-Africains ont lutté sur tous les fronts et, par conséquent, se connaissent bien dans les moyens de défense et d’attaque, à rappeler les véhicules blindés MRAP résistant aux engins et explosifs. Chaque année, l’Afrique du Sud déploie près de 5 milliards de dollars pour la Défense. Au titre de comparaison : la somme déployée par l’ensemble de tous les pays de cette région ne dépasse pas 8,5 milliards de dollars. Plus loin, les Sud-Africains sont de plein droit fiers de leurs salons internationaux de l'armement (« African Aerospace & Defense ») capables de concurrencer leurs analogues réputés de la Russie, des Etats-Unis et de la France.

    Cependant, l’armée sud-africaine est en grande partie équipée d’armes russes et soviétiques. Rappelons que l’URSS avait appris ce pays à lutter contre le régime d’apartheid et l’avait aidé à faire ses premiers pas dans l’aéronautique. L’Afrique du Sud privilégie surtout chasseurs et hélicoptères dont il dispose environ 600. Ils sont souvent tellement anciens qu’ils font éveiller un sentiment nostalgique. Bonne nouvelle : en été 2014, un centre de modernisation russo-sud-africain a ouvert ses portes à Johannesburg pour faire renaître les fameux Mi-8 et Mi-17 polyvalents, et les Mi-24, 25 de combat, ainsi que les chars T-72.

    Aujourd’hui, pour fidéliser les clients sud-africains, il faut non seulement moderniser les armes anciennes ou introduire de nouveaux types d’armement, mais surtout localiser la production. Prenons l’exemple de la coopération russo-indienne, dont nous avons parlé la semaine précédente. Sous la licence russe, l’Inde produit elle-même des composantes des Su-30MKI et des chars, elle veut développer la production des missiles BrahMos au sein du pays. C’était même la condition principale pour gagner l’appel d’offre des chasseurs multi-rôles. A l’instar de son partenaire des BRICS, l’Afrique du Sud s’intéresse à concevoir et à produire des armes conjointement avec la Russie aussi bien pour ses forces armées que pour les exportations vers les pays tiers. Un pas concret : la Russie et l’Afrique du Sud ont déjà créé une commission intergouvernementale pour la coopération militaro-technique.

    Développer les relations avec une superpuissance régionale, un partisan actif du monde multipolaire et un des acteurs de l’alliance BRICS, est encore une stratégie brillante du président russe Vladimir Poutine. La coopération militaire au sein des BRICS est pour le moment bilatérale, mais si on imaginait un complexe militaro-industriel commun de Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ?

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