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    Pompe de pétrole

    L'Arabie saoudite contre le reste du monde

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    L'Arabie saoudite mène un combat acharné pour les marchés pétroliers. Les experts convergent de plus en plus souvent dans ce sens que l'objectif majeur de cette lutte est de rester seul. Cependant penser que tout commence et se termine par le pétrole n'est pas très clairvoyant, avertissent les experts.

    L'Arabie saoudite lutte sur tous les fronts. Les causes de cette agressivité restent un sujet de discussion entre les analystes. D'une part, ayant obtenu une brusque baisse des prix du pétrole, les Saoudiens sont parvenus à porter un grave coup aux géants de la production comme la Russie, le Venezuela, la Norvège et le Nigeria. On pourrait dire que Riyad a servi à consolider les intérêts géopolitiques des Etats-Unis, le pays qui était à ce moment leur principal allié. Cependant la situation se retourne contre leur partenaire d'hier. Les prix bas commencent à causer du tort à la production du pétrole de schiste aux Etats-Unis dont les frais sont sensiblement supérieurs à l'extraction traditionnelle. C'est pourquoi il y a toutes les raisons de dire que la politique de l'Arabie saoudite nuit aux Etats-Unis, entre autres, signale le directeur des investissements de la société Univer-Kapital Dmitri Alexandrov:

    "L'Arabie saoudite continuera son jeu sur le marché jusqu'à ce que le taux de production diminue manifestement dans les pays concurrents. Cela concerne certains pays européens, l'Amérique du Nord, plusieurs sites au Proche-Orient et en Amérique latine. En principe, nous entendons déjà annoncer le gel ou le report des délais de lancement des projets importants. Il est vrai que cela ne concerne pas la perspective la plus proche. Il est question des projets à long terme qui devraient commencer à tourner à plein régime dans 3 ou 5 ans. Ces projets sont actuellement suspendus."

    Pour les Saoudiens ces problèmes sont incompréhensibles. Ils vivent dans un monde où les frais de production sont très bas d'où leur résolution de tenir jusqu'au bout, rappelle l'analyste indépendant Andreï Kiprovitch:

    "Les Saoudiens ont déjà déclaré qu'ils pouvaient prendre leur temps aussi longtemps que le prix de revient restait entre 8 et 28 dollars. C'est pourquoi tout prix inférieur à 28 dollars leur est confortable. Ils n'ont pas besoin de développer quoi que ce soit, ils peuvent se permettre tout avec cet argent."

    Mais le temps commence à jouer contre l'Arabie saoudite. Les négociations longues et pénibles avec l'Iran ont été l'âge d'or pour Riyad. C'était particulièrement évident sur fond des prix du pétrole de l'été dernier. A l'époque, l'échec des négociations sur le programme nucléaire a probablement incité les Saoudiens à faire chuter les prix. Or à présent l'attitude envers Téhéran a changé en Europe et aux Etats-Unis, relève Dmitri Alexandrov:

    "Face au rapprochement entre l'Iran, l'UE et les Etats-Unis, la situation divient défavorable pour l'Arabie saoudite. Celle-ci est intéressée à ce que les prix demeurent basses. Au moins, cela ferait ajourner l'intensification de la production, le lancement de nouveaux sites et l'arrivée en Iran des sociétés étrangères."

    Cette situation prise dans son ensemble ne fait qu'irriter l'Arabie saoudite. Cependant les princes saoudiens savent maîtriser leurs émotions. Ayant surmonté des moments désagréables liés au retour de l'Iran dans le club des principaux producteurs de pétrole, Riyad scrute déjà l'époque post-pétrolière. Il paraît que la porte donnant accès à cette époque sera ouverte au bord de la mer Rouge. L'Université des sciences et technologies du roi Abdallah y intensifie ses activités et recrute des spécialistes. Les recherches sont portées sur la mer, le soleil et le sable. Car c'est à partir de ces ressources qu'il faudra, tôt ou tard, tirer des profits. Tout y est sérieux: en mer et au sol l'université est contrôlée par la garde armée.

     

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    pétrole, Arabie Saoudite
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