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    L’OPEP hier, aujourd’hui et demain

    © AFP 2019 ALEXANDER KLEIN
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    L’OPEP ne peut plus ou ne veut plus s’occuper de la stabilité sur le marché pétrolier. Tel est l’avis du chef du groupe énergétique italien Eni Claudio Descalzi. Selon lui, la situation a une seule issue : il est nécessaire d’organiser la coopération entre les principaux producteurs, à savoir l’OPEP, la Russie et les Etats-Unis.

    Les brusques changements des prix mondiaux du pétrole n'étonnent plus personne. Dans ce contexte les Emirats arabes unis assurent le monde que la production de pétrole restera au même niveau même si le prix du baril est inférieur à 40 dollar. Il est vrai que presqu'aussitôt ils font une réserve disant qu'une telle baisse des prix est peu possible et que les prix se stabiliseront eux-mêmes. Dire que les prix du pétrole puissent s'autoréguler et se stabiliser est pour le moins étrange, étant donné qu'en quelques mois l'Arabie saoudite a augmenté sa production dans les quantités égales à la moitié de la production du plus grand gisement du pétrole de schiste aux Etats-Unis.

    Quant à l'Europe, elle en a déjà assez des surprises venant de l'OPEP et de l'Arabie saoudite et elle est disposée à exiger des règles de jeu distinctes. Elle souhaite plus particulièrement que les gros producteurs travaillent en commun sans quoi il est impossible de mettre de l'ordre sur le marché. En attendant l'OPEP prouve qu'un accord est impossible même en son sein. Selon le directeur général du Fonds de la sécurité énergétique nationale Konstantin Simonov, c'est la raison pour laquelle l'influence de l'organisation, d'ores et déjà sensiblement diminuée, sera encore plus faible:

    "La masse monétaire sur le marché des contrats pétroliers à terme et le cours du dollar sont le facteur majeur qui influe sur les prix du marché. On peut dire qu'ils sont déterminants pour le prix de l'or noir. Là-dessus, rien ne dépend de l'OPEP. D'autant plus que cette organisation s'est discréditée depuis longtemps. Je crois que le retour de l'Iran sur le marché pétrolier l'enterrera définitivement. L'Arabie saoudite s'est appropriée les quotas iraniens, elle ne veut pas diminuer la production c'est pourquoi l'avenir est incertain."

    Une solution a été proposée par le Venezuela: mélanger le pétrole lourd avec le pétrole léger africain. Il n'est pas à exclure que cette idée résulte de la position des Etats-Unis où le pétrole vénézuélien est raffiné. Dans la classification mondiale, ce pétrole est de très faible qualité et est donc vendu à des prix bas. Pour le Venezuela le pétrole est un produit de base, rappelle Iouri Rykov de l'Institut de l'énergie et des finances:

    "Le Venezuela se trouve dans une situation difficile parce que son économie dépend trop du pétrole. Il n'a pas d'autre issue que d'accroître son expansion sous n'importe quelle forme parce que son économie en dépend. Pour le Venezuela c'est important, c'est la façon de soutenir l'Etat."

    Il paraît que les Européens sont les premiers à comprendre que le plaisir du pétrole actuellement bon marché aura un prix à payer demain. Par conséquent il faut faire tout pour que ces dettes ne fassent pas la croix sur l'avenir.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    pétrole, OPEP, Claudio Descalzi, Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite
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