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Les islamistes sont vraiment des durs à cuire – on s’en doute. Seulement voilà : lancer une fusillade dans l’Etat de Texas, il fallait l’oser !

Décidément le sens et le goût de la sensation ne manquent pas aux mouvements proches de « l'Etat Islamique d'Irak et du Levant ». Quoi qu'on en dise, il faut bien appeler un chat un chat: armés jusqu'aux dents, les policiers de Garland, un centre urbain texan, ont réussi à maîtriser une agression menée tambour battant par ceux qui se sont dits courroucés par l'organisation d'une expositin antiislamique dans le Centre Culturel Curtis-Culwell. En fait, les attaquants avaient raison quelque peu. Les organisateurs de ce show anti-religieux s'appelle Pamela Geller; Présidente de l'American Freedom Defense Initiative, elle est connue sur la place publique américaine pour ses propos antimusulmans frôlant l'indécence.

L'événement organisé chez les cow-boys était, en principe, une exposition des caricatures visant le Prophète avec une pacotille de 10.000 dollars à la clé à ramasser pour le meilleur dessin. Le tout a été suivi d'un tel tapage médiatique que l'on s'étonne, en fait, qu'il n'y ait eu que deux « fous de Dieu » décidés d'en découdre avec le « Grand Satan américain »! En bon français, cela s'appelle de la provocation, en bonne et due forme. Alors Elton Simpson et Nadir Soofi n'ont fait que « redresser la justice », à leur façon, cela s'entend. Ils ne pouvaient le savoir, mais la manipulation a été exemplaire.

Tout d'abord il est de notoriété publique que les Texans sont autorisés à porter leurs armes à feu sur eux. Autrement dit dans la foule de citoyens américains peuplant cet Etat US pas comme les autres, vous n'en trouverez pas un sans revolver ou pistolet automatique. En faire usage est une autre paire de manches, car la peine capitale est appliquée de façon systématique (il y a des Etats où elle est abrogée mais ce n'est évidemment pas le cas du Texas). Donc les deux énergumènes qui ont ouvert le feu sur le service de sécurité blessant un garde à la cheville se sont faits cribler de balles en un rien de temps. Dès le début ils se savaient déjà morts. Et à titre d'un appât royal, il y avait même le redoutable Geert Wilders, chef des extrémistes hollandais qui tenait le haut du pavé.

Alors la question qui demeure entière: tout ça est tellement cousu de fil blanc que l'on est sur le point de se demander à qui profite le crime commis sur la personne des deux malades mentaux? Car à mon sens, les véritables victimes étaient ces présumés terroristes fanatiques attirés comme des moustiques par le feu d'une lampe allumée pour les griller.

Et comme l'Amérique a toujours besoin des justifications pour arroser des bombes son autrui (on peut se souvenir de Saddam Hussein ou de Mouammar Kadhafi ou de bien d'autres chefs d'Etat légitimes renversés par les Américains au nom de leur justice), on se demande quel sale coup veut monter la CIA cette fois-ci.

Et on ne serait point étonné de voir l'Etat islamique subir une attaque à la bombe atomique. Et si la Syrie en pâtit à cause des retombées radioactives qu'à cela ne tienne! On fera d'une pierre deux coups en brouillant le jeu du pauvre Bachar qui rechigne tant à se faire égorger par les braves barbouzes d'Outre-Atlantique.

Bref, le jour où le chef de Stratfor, cellule de réflexion de la CIA, a déclaré à Chicago qu'il se fichait comme d'une guigne du danger islamique qui était le cadet des soucis américains à côté du danger d'une alliance germano-russe, on aura tôt fait de comprendre que c'est le contraire qu'il entendait. Endormir la vigilance internationale pour ensuite frapper de toutes ses forces est le coeur même de la tactique abrutissante du renseignement américain.

Les jeux sont faits et on s'attend au prochain acte de ce spectacle macabre qui est sur le point de précipiter la planète dans le feu d'un prochain remaniement territorial.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
djihadisme, Etat islamique, Texas, Syrie, États-Unis
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