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    Ombre de Angela Merkel

    Les soucis quotidiens et les succès des « locomotives » de l’UE

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    Dmitri Geer
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    La France et l’Allemagne ayant mérité le fier nom de « locomotives » de l’UE endurent une épreuve sérieuse.

    D'une part, ces pays assument le plus lourd fardeau de problèmes économiques. De l'autre, quelque influents qu'ils soient, ils ne parviennent pas à régler les questions européennes à leur avantage. Un exemple tout récent le confirme: la Banque centrale européenne a mis la cap sur l'atténuation quantitative malgré l'opposition résolue de la part de Berlin.

    Le PIB de l'eurozone a monté d'un pour cent dans le premier trimestre de l'année en cours par rapport à la période analogue de 2014. La France et l'Italie ont attesté les meilleurs indices. Or, les experts ont apprécié le succès synchronique de la France, de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Espagne. Cet accroissement est dû à la baisse du cours de change de l'euro ayant perdu plus de 20% par rapport au dollar et au pétrole bon marché. Or, les Européens se montrent toujours optimistes. Les « locomotives: la France et l'Allemagne espèrent enregistrer les indices positifs à l'avenir également. Le rôle principal a été dès le début réservé à ces pays dans les processus économiques européens, rappelle le chef du département de la sécurité européenne de l'Institut de l'Europe de l'Académie des sciences de Russie Dmitri Danilov:

    L'Allemagne et la France ont été dès la conception de l'idée d'intégration européenne parmi les fondateurs du groupe et ont joué le rôle de locomotive dans l'histoire de l'UE. Actuellement l'Allemagne est un poids lourd au sein de l'UE, un leader d'après plusieurs indices, en premier lieu économiques. La France, l'une des Quatre Grands, coopère activement dans l'espace d'intégration européenne. Qui plus est, la France et l'Allemagne se sont toujours prononcé pour une autonomie plus vaste de l'Europe sur l'échiquier international, notamment dans la politique extérieure et la sécurité.

    Dans le même temps, on n'est pas fondé d'affirmer que ces pays adoptent une attitude identique envers le règlement des problèmes européens, souligne le chef du secteur des études européennes de l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie Youri Kvachnine:

    Les approches divergent. L'Allemagne insiste plus que les autres sur la politique d'austérité et la France se montre disposée à une politique budgétaire plus souple, au programme d'atténuation quantitative appliquée maintenant par la Banque centrale européenne. Ces divergences subsistent mais elles ne sont pas essentielles.

    Les événements de l'année dernière ont traduit le rôle clé dans la politique. L'évolution de la situation en Ukraine et le format des pourparlers de Minsk le confirment. L'Allemagne et la France sont les Européens les plus actifs qui aident l'Ukraine à régler le conflit intérieur sérieux. Dmitri Danilov estime:

    La crise ukrainienne est aujourd'hui l'aspect clé des relations européennes. La France et l'Allemagne font partie des « Quatre de Normandie » et sont conjointement avec la Russie en quête de voies de règlement ce qui est très important. Ces pays jouent un grand rôle au sein de l'UE. Il existe des divergences entre eux. La France et l'Allemagne ne sont pas tout à fait unies malgré les apparences. Elles ont des intérêts et des motifs politiques différents. Or, dans l'ensemble, l'évolution de l'intégration européenne est impossible sans le consensus entre la France et l'Allemagne dans le développement de l'UE.

    La Grande-Bretagne qui joue elle aussi un rôle sérieux en Europe fait constamment part d'intention d'abandonner l'UE. Le tandem Paris-Berlin ressent sans doute l'influence de Londres et des autres eurosceptiques. Selon les experts, les « locomotives » devront déployer en perspective les efforts substantiels en Europe pour éviter des pertes sérieuses. 

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    Banque centrale européenne (BCE), Union européenne (UE), Dmitri Danilov, Iouri Kvachnine, France, Ukraine, Allemagne, Russie
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