Ecoutez Radio Sputnik
    Thierry Mariani (à droite) et le président du Conseil national de Crimée Vladimir Konstantinov

    Parlementaires français en Crimée : vers de nouvelles relations ?

    © Sputnik . Max Vetrov
    Analyse
    URL courte
    Par
    1254
    S'abonner

    La visite de parlementaires français en Crimée intervient sur fond de crise de l'agroalimentaire français. Bien que cette crise soit structurelle du fait de règlementations européennes, l'embargo décrété par la Russie vient de porter un coup décisif à cette industrie.

    Toutefois, il serait vain d'espérer un retournement rapide de la situation. Le Président russe, suite à la prolongation de 6 mois des sanctions, a étendu l'embargo pour un an.

    La Crimée, cause des sanctions européennes, est donc au cœur des débats. Le gouvernement français, drapé dans son suivisme euro-atlantiste, campe sur ses positions et alimente la désinformation médiatique.

    Assumant leurs convictions, plusieurs députés ont décidé d'effectuer une visite en Crimée afin de se rendre compte par eux-mêmes des réalités.

    Ceci est une étape essentielle pour contrer la propagande et aussi pour commencer à retisser des liens entre nos deux pays.

    La Russie a lancé un grand plan pour son agriculture et il est inconcevable qu'après avoir autant investi, elle ouvre à nouveau facilement son marché aux produits français. Le président russe a mis le secteur agroalimentaire national devant ses responsabilités, à savoir: assurer un volume de production suffisant pour le pays et un niveau de qualité élevé.

    Restera donc dans le futur que des marchés de niche pour des produits français spécifiques et de haute qualité.

    Ce problème que vit la France est partagé par nombre de pays de l'UE et si l'on veut le résoudre, il va falloir revoir les relations avec la Russie et essayer de profiter des ouvertures qu'elle peut nous donner sur l'Eurasie.

    Le temps où l'on considérait la Russie comme un simple marché capable d'absorber nos excédents de production est révolu. Désormais, il faut considérer la Russie comme un partenaire et non comme un client captif.

    Conscients de cette nouvelle donne, nos députés viennent pour ouvrir les portes du dialogue, pour repenser les relations de coopération, de partenariats.

    Le scandaleux embargo total sur la Crimée est sans doute le principal combat à mener car de lui dépendra le futur de nos relations avec la Russie.

    Il est toujours difficile de démêler les véritables motivations des hommes politiques qui affichent une attitude pro-russe. Très souvent cette posture relève d'une opposition à la politique intérieure du pays, à l'UE, à la commission européenne.

    Ce n'est pas le cas des députés français en visite en Crimée qui, au travers d'associations parlementaires ou d'engagements personnels, ont toujours fait preuve de constance dans leur sympathie à l'égard de la Russie. Ce sont donc eux qui peuvent initier un dialogue constructif, sans apriori négatifs et sans aveuglement. Nous ne pouvons que louer cette démarche en direction de la Russie d'élus français. Reste à imaginer les partenariats mutuellement bénéfiques entre la Russie et la France et espérer que ces élus soient rejoints par d'autres.

    Selon un proverbe chinois, un voyage de mille li a commencé par un pas. Monsieur Mariani et ses collègues viennent de faire ce premier pas. Ce pas était sans doute le plus difficile. 

    Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

    Lire aussi:

    Députés français en Crimée: la péninsule est une région russe
    Les Français disent "oui" au séjour de parlementaires en Crimée
    Tags:
    agriculture, sanctions, Thierry Mariani, Crimée, France, Russie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik