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Les militants du régiment ukrainien Azov, l’ancien bataillon volontaire intégré par l’armée, tiendront une « conférence » à Nantes le 16 janvier. Depuis le lancement de l’évènement, quelques dizaines de français ont lancé l’alerte en dénonçant les activités de ce groupe néo-nazi.

C'est la communauté juive désormais qui s'adresse à la mairie nantaise en pointant du doigt d'éventuels recrutements d'Azov en France, le Centre Simon Wiesenthal les compare à ceux de Daech.

C'est le mouvement White Rebels Crew qui organise la réunion, if faudra donc préparer 5 euros pour l'entrée, mais la consommation est offerte, comme l'annonce le flyer virtuel. Par contre le lieu de l'évènement n'est pas précisé, ce qui empêche les autorités nantaises d'annuler l'évènement. C'est ce qu'explique Damien Cerqueus à Sputnik, conseiller stratégie médias à la mairie de Nantes, en précisant que la ville dénonce ce genre de réunions et reste en lien avec la Préfecture pour pouvoir les localiser. Sur le flyer, on trouve une adresse mail par laquelle il est possible de s'inscrire à l'évènement et avoir plus de précision, La préfecture nantaise a probablement choisi un autre moyen pour localiser le lieu de rencontre des militants d'Azov…

Docteur Shimon Samuels, directeur des relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, a adressé une lettre à la mairie de Nantes, avec une demande d'annulation de la réunion, il attend toujours la réponse:

« J'ai téléphoné à la mairie aujourd'hui, vendredi, lorsque nous avons envoyé notre lettre lundi [pour demander] pourquoi il n'y a pas eu de réponse. Et on m'a dit que quelqu'un de mon bureau avait téléphoné quinze minutes avant avec des prétentions d'être du centre Simon Wiesenthal. Ce n'était pas de nous. C'est-à-dire que cette affaire devient mystérieuse. Nantes qui se présente comme la ville des droits de l'homme ça colle pas avec l'image de la maire de Nantes qui ne réagit pas ou est absente lorsqu'il y a une vraie menace, un danger à ses jeunes citoyens et à travers Nantes aux jeunes de la France »

Docteur Shimon Samuels met en garde les autorités françaises, il estime que ce genre d'évènement est un symptôme dangereux:

« Le parlement ukrainien dit que s'il y a des volontaires ils doivent avoir la citoyenneté ukrainienne. Mais il y a [effectivement] des volontaires, nous le savons, qui viennent de Suède, d'Italie, de Biélorussie, de Croatie et aussi de la France. Il y a un Monsieur qui apparait dans des films sur Youtube, un Français qui se présente comme Gérard Besson [sic] (Gaston Besson — ndlr) qui essaie maintenant de recruter à travers l'internet ou sur les réseaux sociaux des jeunes français, et c'est très dangereux »

L'année dernière le régiment Azov avait été dénoncé par Amnesty International pour mauvais traitements, extorsions, vols, détentions illégales et de possibles exécutions. D'après Diana Johnstone, journaliste et spécialiste du monde slave, ce genre d'activité a un but en France:

La France semble être la cible de provocations multiples venues de l'Ukraine, je pense aux Femen qui sont aussi des provocatrices et qui viennent ici apparemment pour créer la confusion et des conflits internes. Je ne sais pas s'il y a un but conscient derrière. Mais j'observe que tout est fait pour créer la consternation et la division dans la population française et surtout la désinformation et la confusion

Le recrutement par Azov en France semble peu probable à Diane Johnstone et la désinformation de la population française est la seule raison qui pourrait y conduire…

« Ce qui me frappe c'est plutôt l'ignorance en France de la nature de cette organisation, qui est à peu près totale. C'est-à-dire que les médias ont tenu le public français dans une ignorance totale sur la nature d'Azov qui avait contribué au putsch en Ukraine, en les présentant comme des anges. Alors évidemment dans ces circonstances n'importe quoi devient possible »

Les réunions des militants d'Azov sont déjà interdites au Canada et aux Etats-Unis. Quant à la France, la Marie et la Préfecture de Nantes ont encore une semaine pour trouver le lieu de rassemblement et de l'interdire.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
nazisme, bataillon Azov, Nantes, Ukraine
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