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    Le gaz liquéfié US concurrencera-t-il l’or bleu russe sur le marché nippon?

    © Sputnik . Alexander Polegenko
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    Début janvier, les États-Unis ont commencé à exporter du gaz naturel liquéfié au Japon, pays auquel la Russie livre de l’or bleu depuis l’île de Sakhaline. Le combustible russe étant plus cher que celui livré par les USA, Sputnik Japon s’est posé la question d’une éventuelle concurrence entre les deux acteurs du marché gazier.

    Le 8 janvier, le premier tanker a acheminé 70 000 tonnes de gaz naturel liquéfié américain à la centrale électrique de Jōetsu (préfecture de Niigata), gérée par la compagnie Chubu Electric Power Co. Le coût moyen du gaz importé au Japon était au début de l'année en cours de 7,5 dollars par million de British thermal unit (7,04 EUR/MMBtu), selon l'agence d'informations américaine Platts. Le gaz exporté par la Russie depuis l'île de Sakhaline coûte 7,8 dollars/MMBtu (7,3 EUR/MMBtu), soit 32 % de plus que le gaz liquéfié US (5,3 USD/MMBtu, soit 4,97 EUR/MMBtu). Cette différence de prix explique l'aspiration du Japon à se procurer du gaz américain. Qui plus est, plusieurs experts estiment que les compagnies énergétiques nippones sont intéressées par la revente du combustible bleu américain à d'autres pays de la région.

    Or, avant de tabler sur la compétitive du combustible, il faut se rappeler que la chute des prix du gaz aux États-Unis était liée à un pic de l'extraction du gaz de schiste dans ce pays, à des hivers doux ainsi qu'à la politique des États-Unis qui cherchaient à saper les positions de la Russie sur le marché mondial de l'énergie.

    Toutefois, l'hiver 2016/2017 est plus rigoureux que les précédents, quant à la position des États-Unis, ce pays se penche de plus en plus vers le pragmatisme et le profit réel. Ainsi, il n'est pas à exclure que les prix mondiaux se remettent à croître. Dans ce cas de figure, le gaz russe sera plus compétitif que celui américain.
    Par ailleurs, il convient de rappeler que le volume de gaz américain livré au Japon ne couvre pas pour le moment les besoins du pays, si bien qu'il est prématuré de parler de toute concurrence au détriment du gaz russe.

    Rappelons qu'en décembre 2016, le géant russe Gazprom et les société japonaises Mitsui et Mitsubishi ont signé un accord portant sur la construction de la troisième ligne de l'usine de liquéfaction de gaz pour 5,4 millions de tonnes par an (275,5 millions de MMBtu), ce qui montre que les compagnies nippones ne misent pas que sur le gaz américain.

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    © Flickr.com/Beyond Coal and Gas/cc-by-sa 3.0
    Effectivement, privilégier un des deux fournisseurs serait imprudent, car en optant pour la Russie les compagnies nipponnes font moins de bénéfices mais en misant sur le gaz américain elles pourraient se heurter à une brusque remontée des prix. De ce point de vue, les combustibles russe et américain ne sont pas concurrents sur le marché japonais, mais s'inscrivent parfaitement dans la stratégie de diversification menée par les compagnies nippones.

    Le marché japonais étant prioritaire pour Sakhaline et les capacités de liquéfaction ne couvrant que 10 % de la demande, l'île joue le rôle de garante de la stabilité des livraisons du gaz au Japon. Et si Tokyo prend la décision de construire un gazoduc pour relier Sakhaline à ses côtes, ceci ne fera que renforcer l'importance du gaz russe.

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    Tags:
    concurrence, gaz de schiste, gaz, Sakhaline, États-Unis, Japon, Russie
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