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    L’opéra. Image d'illustration

    Un musicien argentin apporte l’opéra aux gens des quartiers sensibles de Buenos-Aires

    © Flickr/ James Diedrick
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    Aida, Rigoletto, Carmen et Othello… Les personnages populaires des opéras italiens quittent les théâtres raffinés pour rejoindre le peuple dans les rues.

    Le musicien argentin Pablo Foladori a décidé de porter l'opéra en dehors des loges et scènes et de l'emporter dans les quartiers déshérités. L'un de ses travaux a été présenté sur un terrain de foot dans le quartier Villa Lugano de Buenos-Aires.

    "En 2014, j'ai eu l'idée de créer le projet +L'Opéra Périphérique+. J'étais surtout intéressé par savoir comment l'opéra pourrait devenir plus accessible au peuple. Il me semblait que, probablement, l'opéra était limité d'une certaine façon par des mécanismes de la production théâtrale, et l'audience était toujours la même. J'avais l'impression qu'un grand nombre de gens restaient en dehors de ce genre," a expliqué Pablo Foladori, chanteur d'opéra et metteur-en-scène de l'Institut supérieur du théâtre Colón, dans une interview à Sputnik.

    M. Folodari a étudié l'art musical à l'Université catholique. Ensuite, il a poursuivi ses études dans le domaine des sciences humaines, et aussi de la musique de chambre et du chant lyrique. En 2012, il a mis en scène son premier opéra Le mariage de Figaro, écrit par Mozart. C'est à cette époque, dans un musée loin de la sphère théâtral, qu'il a eu cette idée de mettre en scène l'opéra dans des endroits des plus surprenants. Ainsi, il voulait rapprocher les chanteurs d'opéra d'un autre groupe de spectateurs.

    La première prestation dans le cadre du projet "L'Opéra Périphérique" a été organisée lors de la Nuit Blanche à Buenos-Aires en 2015. L'équipe de M. Foladori a participé à cet évènement dans le cadre du projet culturel Galpón Piedra Buen Arte dans le quartier de Piedra Buena. Ils ont chanté un autre opéra de Mozart, Bastien et Bastienne, écrit en 1768. Ensuite, ils l'ont chanté une fois de plus sur le terrain de sport de Villa Lugano.


    "Les gens, qui n'avaient pas eu la possibilité d'écouter l'opéra avant, ont accouru pour nous voir. La réaction de la part des enfants et des familles était magnifique. Il existe un préjugé selon lequel l'opéra est considéré comme ennuyeux, mais tout le monde ne pense pas ainsi. Dans ces quartiers, je me suis persuadé que ce n'est pas comme ça."

    "Le genre de l'opéra est très fort lui-même. Si l'on travaille bien sur le titre, il attirera l'attention, et l'opéra intéressera tout le monde", explique M. Foladori.

    "Chaque endroit a son attirance. Dans le théâtre, c'est le calme qui aide à réfléchir à tous les évènements qui se déroulent sur scène. Le rythme est différent. (…) Il y a quelque chose de puissant dans les interventions, et aussi le contact immédiat avec le spectateur. Cette expérience est très forte. Chaque prestation est unique," conclut le musicien.

    Tags:
    théâtre, spectacle, opéra, musique, art, Buenos Aires, Argentine
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