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En Russie, le film «Kalachnikov», qui raconte le destin du légendaire créateur du fusil d'assaut AK-47, est sorti sur grand écran. Pour en parler, Sputnik a rencontré le réalisateur russe Serguei Bodrov, producteur du projet.

Le sujet du film «Kalachnikov», réalisé par Konstantin Bouslov, s’inspire des mémoires de Mikhaïl Kalachnikov, ingénieur russe et auteur du fusil automatique le plus connu au monde. C’est l’histoire du tankiste sergent-chef Kalachnikov (interprété par Yuri Borisov), mais le public ne doit pas s'attendre à un documentaire au sens propre du terme. Le film débute avec la grave blessure qu’il a subie lors d’une bataille au tout début de la guerre, en octobre 1941. Puis on le suit à travers sa convalescence à l'hôpital et les épreuves de la vie. On le voit dessiner les premières esquisses du prototype de l’arme, le travail de toute une vie.

«Un soldat qui crée une arme pour un soldat», disait l’ingénieur Kalachnikov.

La première russe du film «Kalachnikov» a eu lieu à Ijevsk. Un choix logique puisque cette capitale de la république d'Oudmourtie, près de l’Oural, est considérée comme le centre de l’industrie militaire depuis 1807. Spécialisées dans le domaine de la défense, ses usines de métallurgie, armes à feu et fusils de chasse ont fait sa gloire depuis la guerre contre Napoléon.

Serguei Bodrov, connu du public français en tant que réalisateur du Prisonnier de Caucase ou de la fresque historique Mongol, a été le producteur de ce film. Il avoue que «la tâche n’a pas été facile».

«Nous étions surtout intéressés par le destin de Kalachnikov. Il a gardé beaucoup de secrets. Par exemple, il ne disait à personne que sa famille avait été déportée en Sibérie. Les enfants mouraient là-bas et il a fui en fabricant de faux papiers. Ça a été un vrai miracle qu’il ait réussi, mais il n’en a jamais parlé pendant 70 ans», commente pour Sputnik Serguei Bodrov.

Une fiction basée sur la réalité

C’est l’arrivée de Gorbatchev («qu’il n’aimait pas trop, d’ailleurs», commente le producteur) et le changement d’époque qui ont délié la parole d’un homme connu pour sa modestie. «Vous ne pouvez pas tout mesurer par l'argent. Pour moi, la chose la plus précieuse est quand les gens disent: ‘Votre arme m'a sauvé la vie!’ Pourquoi aurais-je besoin de millions? Je vis déjà bien», disait-il dans les interviews.

«On s’est basé sur la vision qu’il avait de son propre destin, il voulait que le pays ait une arme de qualité. Kalachnikov avait ce désir simple: il voulait défendre sa patrie. Et il y travaillait. La kalach’ a finalement été validée en 1947», précise Serguei Bodrov.

Le film, déjà acheté pour la distribution en France, séduira certainement les amateurs d'histoire militaire. Il peut également concerner les experts car il contient nombre d'informations historiques intéressantes. Néanmoins, les premiers spectateurs russes conseillent de «ne pas trop analyser» et de tenir compte qu'il s'agit d'une fiction basée sur l'histoire réelle de la vie du constructeur.

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Tags:
film, cinéma, armements, Seconde Guerre mondiale, Kalachnikov (fusil d'assaut), Mikhaïl Kalachnikov
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