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    Le président chinois Xi Jinping

    Rêve américain vs rêve chinois

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    Economie
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    Maria Tonkova
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    Les États-Unis ont de nouveau refusé d’octroyer le statut d’économie de marché à la Chine. Comment cette décision, annoncée jeudi par le Bureau du représentant américain au commerce, s’inscrit-elle dans la lutte économique et commerciale sino-américaine?

    Le refus des États-Unis de reconnaître la Chine, la plus grande économie mondiale, en tant qu'économie de marché leur permettrait d'imposer des droits de douane «punitifs» sur les produits chinois afin de réduire leurs avantages concurrentiels. Voici encore un signe du protectionnisme agressif que Donald Trump emploie dans les relations sino-américaines.

    Trump se prépare à une réunion «très difficile» avec Xi Jinping
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    Trump se prépare à une réunion «très difficile» avec Xi Jinping

    Sur quoi se fondent les peurs des États-Unis?

    Les relations commerciales sino-américaines battent de l'aile depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis. Pour le nouveau Président américain, la Chine est un ennemi, capable de déjouer ses plans pour rendre l'Amérique à nouveau grande («Make America Great Again», le slogan de sa campagne présidentielle).

    «Il y a ceux qui veulent que je ne qualifie pas la Chine d'ennemi. Mais c'est exactement ce qu'ils (les Сhinois, ndlr) sont. Ils ont détruit nos industries en embauchant des ouvriers peu rémunérés, […] espionné nos entreprises, volé nos technologies, manipulé et dévalué leur devise pour rendre nos produits plus coûteux à importer», avait écrit en 2015 le futur Président américain dans son livre «Crippled America: How to Make America Great Again».

    Rendre l'Amérique à nouveau grande
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    Rendre l'Amérique à nouveau grande

    Par ailleurs, Donald Trump a fait de la réduction du déficit commercial, qui en 2016 avait atteint presque 500 milliards de dollars ou soit 2,7 % du PIB américain, une des priorités de sa présidence.

    Les mesures particulièrement dures contre la Chine s'expliquent par le fait que le montant du déficit commercial avec ce pays est passé de 34 milliards de dollars dans les années 1990 à 347 milliards en 2016. Les produits chinois bons marchés importés aux États-Unis entrent en concurrence avec leurs analogues américains, ce qui a une influence négative sur les producteurs américains et réduit le nombre d'emplois.

    Les États-Unis semblent tenter d'organiser un front contre la Chine au sein de l'Organisation mondiale du commerce et dans d'autres organisations internationales. Lors du sommet de l'APEC à Danang, au Vietnam, Donald Trump a dirigé tous ses efforts vers le renforcement des relations bilatérales avec les principaux partenaires des États-Unis dans l'Asie-Pacifique, comme le Japon et l'Inde, pour faire face à la Chine. Selon certaines estimations, suite à la guerre commerciale avec les États-Unis la Chine perdrait 458 milliards de dollars par an (le montant de ses exportations vers les États-Unis), un chiffre qui pourrait augmenter, si les partenaires américains entrent dans cette guerre.

    Néanmoins, les tentatives des États-Unis peuvent s'avérer vaines puisque la Chine a une arme de rétorsion et n'abandonne pas ses projets ambitieux, en s'affirmant comme le leader mondial sur plusieurs plans.

    «Nouvelle ère» chinoise: se débarrasser de l'étiquette d'«atelier mondial»

    Le 19e Congrès du Parti communiste chinois, qui s'est tenu du 18 au 25 octobre, a établi les priorités du développement économique de la Chine pour les 30 ans à venir. Ce congrès a permis de systématiser les idées proposées par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans. Le principal objectif est simple: devenir une grande puissance dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la robotique, des énergies renouvelables et de la biotechnologie, et de se poser en rival des pays occidentaux.

    Aujourd'hui, la Chine possède déjà de fait plusieurs leviers économiques. Dans la guerre commerciale imposée par les États-Unis, la Chine pourrait se servir du «talon d'Achille des États-Unis» — leur dette publique. La Chine est en effet le plus grand créancier des États-Unis et peut potentiellement faire chuter le cours des bons du Trésor américain en les vendant en grande quantité.

    Xi Jinping
    © AP Photo/ Jason Lee
    Xi Jinping

    De plus, la Chine impose sa vision de l'ordre économique mondial, en fondant les nouvelles institutions financières et organisations économiques où elle s'affirme comme un leader. En 2014, la Chine et les autres pays des BRICS ont fondé la Nouvelle banque du développement qui pourrait rivaliser avec les structures financières créées par les occidentaux (Fond monétaire international et Banque mondiale) dans l'avenir.

    La Chine promeut également le projet «La ceinture, la route» censé permettre à la Chine d'acheminer plus rapidement ses marchandises vers les consommateurs en Europe et en Afrique.

    Depuis les années 1980, la Chine affiche un taux de croissance économique spectaculaire qui s'était maintenu au-dessus de 10% par an jusqu'en 2010. Bien que la croissance se soit ralentie sur fond de crise économique mondiale, la Chine a réussi à dépasser les États-Unis en tant que première économie mondiale en 2014.

    Les États-Unis et la Chine sont donc des adversaires appartenant à la même catégorie de poids et capables de se porter des coups graves. Combien de rounds tiendront les adversaires?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    commerce, économie, OMC, BRICS, Donald Trump, Xi Jinping, Chine, États-Unis
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