Ecoutez Radio Sputnik
    Fête

    Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM? Épisode V: les systèmes d’exploitation

    CC0 / Pixabay / Fête
    Economie
    URL courte
    Par
    4436
    S'abonner

    Cinquième et dernier épisode de notre série, le système d’exploitation. Véritable chef d’orchestre de tout appareil informatique, son rôle névralgique le rend d’autant plus sensible aux problématiques de confidentialité et de sécurité. Sputnik explore les alternatives aux duopoles Windows/Mac OS sur poste fixe et Android/Ios sur smartphone.

    Indispensable, usité à chaque seconde de vos usages numériques, le système d’exploitation est la clef de voûte de tout équipement informatique, qu’il soit fixe ou mobile. Globalement le système d’exploitation remplit deux offices: le premier est la reconnaissance de la multiplicité des composants de votre appareil (disque dur, mémoire vive, processeur, etc.) ainsi que de tout périphérique qui désire s’y connecter (souris, écran, clavier, imprimante, etc.). Le second est un rôle d’interface entre les logiciels et le matériel, se caractérisant par une gestion d’aiguillage et de calibrage en fonction des ressources disponibles.

    Son importance a cru avec les besoins en automatisation et surtout la complexité des tâches à effectuer par les ordinateurs puis les micro-ordinateurs. Ce sont dans les années 1970 et 1980 que le système d’exploitation de masse s’est développé avec le CP/M, le DOS, l’Apple DOS, et MS-DOS. Puis les interfaces graphiques favorisèrent encore davantage sa croissance, avec Macintosh System 1 puis Windows. Cet essor s’est cependant accompagné d’une inquiétude proportionnellement grandissante: la position dominante de certaines sociétés en ce domaine les autorisait à favoriser prioritairement leurs produits (puisque lancés d’office) et leur permettait de disposer d’une clientèle et de fournisseurs captifs (puisqu’obligés d’utiliser ce système d’exploitation pour utiliser/vendre un produit).

    C’est alors que des initiatives ont vu le jour afin d’offrir une alternative à ce duopole. La principale, et plus pérenne d’entre elles puisqu’ayant encore un véritable impact, est Linux. Développé par le finlando-américain Linus Torvalds sur base Unix, Linux symbolisé par la mascotte du pingouin s’est rapidement posé comme véritable –et seul– choix face à macOS ou Windows (ChromeOS comme SteamOS étant des dérivés de Linux et dédiés spécifiquement à certains appareils).

    Seulement, Linux –ou plutôt GNU/Linux– n’est pas un tout monolithique. Ainsi si vous décidez d’installer Linux sur votre appareil, sachez qu’il vous faudra prendre une décision épineuse: quelle distribution choisir? Et d’abord qu’est-ce qu’une distribution? Réponse officielle: «Ces distributions sont des systèmes complets, prêts à l’emploi, dont les développeurs se sont engagés à suivre les recommandations pour les distributions libres. Cela veut dire qu’elles n’incluront et ne proposeront que des logiciels libres. Elles rejetteront les applications non libres, les plateformes de programmation non libres, les pilotes non libres, les “blobs” de micrologiciels [firmware] non libres, les jeux non libres et tout autre logiciel non libre, ainsi que les manuels et la documentation non libres.»

    Autrefois accessible uniquement en mode texte et aux passionnés de programmation, de nos jours les distributions Linux se veulent au contraire accessibles à tous, sans renier leur philosophie de départ: légèreté et liberté. Concrètement, nous avons du choix: Ubuntu est la plus prisée et la plus complète dans sa gamme, recommandée par nombre de sociétés à la stature mondiale l’ayant adoptée; le prétendant au titre se nomme Manjaro et poursuit une belle progression dans le classement des distributions en se voulant encore plus simple d’utilisation que tous ses concurrents; fort d’une progression constante dans les rangs des distributions, elementary OS entend séduire par ses atours très seyants et une ergonomie tant utile qu’esthétique; plus audacieuse est la distribution Solus, qui est une véritable création indépendante, avec la particularité de ne pas fonctionner par l’emploi de mises à jour sous forme de versions, mais permanentes (rolling relase).

    Les qualités des unes et des autres ne manquent pas, et les mises à jour fréquentes aident chaque communauté à bonifier le produit installé. D’autant que de nombreuses marques de périphériques sont attentionnées en fournissant les pilotes de leur matériel dans le souci de faciliter la reconnaissance de ceux-ci par les différentes distributions: une énorme évolution avec les débuts de Linux, où cartes graphiques ou sonores comme imprimantes avaient grand peine à être reconnues.

    Sur le plan des mobiles, la bataille a été gagnée par une solution… Linux. En l’occurrence, Android, poussé par Google au grand dam de l’iOS et de Windows 10 Mobile. À surveiller toutefois l’émergence de KaiOS, dont le succès tient à sa volonté de se propulser sur le créneau des smartphones d’entrée de gamme et des pays émergents, là où l’appareil sert aussi de banque mobile. En vérité, dans le secteur de la mobilité, le choix est surtout offert non plus aux utilisateurs, mais aux fabricants de smartphones. Un choix qui parfois peut se retourner contre eux, comme l’a illustré la crise en mai 2019 entre l’administration Trump, Google et Huawei. L’équipementier ayant décidé de se prémunir du pire en développant HarmonyOS, en se déclarant prêt à migrer sur ce système d’exploitation en cas de confirmation de son interdiction d’exploiter toute licence Android.

    En matière de systèmes d’exploitation sur postes fixes ou mobiles, Linux aura permis d’offrir une flopée d’alternatives dont l’accessibilité et les capacités ont été étendues au fil des projets et de leurs mises à jour. Si les standards Apple et Microsoft perdurent dans leur domination depuis les années 1990, ils ont dû accepter la présence à leur côté de Tux le pingouin. Enfin rappelez-vous, penser différent, ce n’est pas penser futilement, mais pertinemment.

    Tags:
    GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon)
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik