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Retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, août 2021 (140)
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Angela Merkel s’est attiré les foudres de la presse allemande en assistant à la première d’un film au lendemain de la chute de Kaboul. Critique sur la responsabilité américaine en Afghanistan, la chancelière reste plus discrète sur la question des réfugiés.

À un mois des élections législatives allemandes, qui la verront tirer sa révérence après 16 ans de règne, Angela Merkel s’est sans doute payé l’une de ses dernières polémiques. En se rendant au cinéma alors que les cris de victoire des talibans* retentissaient dans les rues de Kaboul, la chancelière a suscité un tollé.

Des photos la montrant souriante à la projection de «Die Unbeugsamen», un documentaire aux accents féministes sur la place des femmes en politique, n’ont pas tardé à faire le tour des réseaux sociaux.

Une forme de désinvolture qui a suscité l’indignation chez de nombreux internautes, mais également dans la presse. Le quotidien Bild, pas toujours tendre avec la chancelière, a fustigé son attitude, affichant la dirigeante allemande en Une, tout sourire, au-dessus d’une photo de l’évacuation chaotique de Kaboul. «Et Merkel rit au cinéma!», titre le tabloïd.

Le journaliste de Bild Philip Fabian a précisé sa pensée dans un article au vitriol, reprochant à la chancelière sa «bonne humeur» un peu trop apparente, alors que «des milliers de ressortissants allemands et d’auxiliaires afghans craignent pour leur vie en Afghanistan».

Même son de cloche du côté du Tagesspiegel, qui regrette une «malheureuse apparition» pouvant écorner encore un peu l’image de la chancelière. Le quotidien souligne en outre qu’Angela Merkel a fort à faire avec l’aide envoyée à Kaboul, rappelant que le premier avion envoyé par Berlin n’a pu rapatrier que sept personnes, dans la confusion la plus totale.

Favorable à l’accueil de migrants

Dans un discours précédant l’avant-première du film, la chancelière avait cependant tenu à adresser ses pensées aux femmes afghanes «qui doivent craindre pour leur vie lorsqu’elles sont devenues politiquement actives».

La dirigeante allemande s’était déjà exprimée sur le dossier afghan ces derniers jours. Devant les cadres de son parti (CDU), elle avait notamment pointé la responsabilité américaine et l’«effet domino» engendré par le retrait de leurs troupes, selon l’AFP. Angela Merkel avait également souligné que l’Allemagne aurait été prête à laisser ses soldats sur place, si les États-Unis en avaient fait de même. Berlin a en effet fourni l’un des plus gros contingents armés en Afghanistan: près de 160.000 soldats allemands y ont été mobilisés en 20 ans.

Ce 17 août, la chancelière a également annoncé être favorable à l’accueil «contrôlé» de réfugiés, appelant les pays voisins de l’Afghanistan à s’investir en premier lieu. En matière d’accueil, Angela Merkel marche néanmoins sur des œufs, après avoir offert l’asile à près d’un million de migrants en 2015 et 2016, déstabilisant durablement le camp conservateur.

En France, certains appellent d’ores et déjà à ne plus suivre la ligne allemande en matière d’accueil des migrants. Laurent Jacobelli, porte-parole du RN, a exhorté sur LCI Emmanuel Macron à ne plus «donner les clefs» de la gestion des flux migratoires à Angela Merkel.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Dossier:
Retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, août 2021 (140)

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Tags:
Angela Merkel, cinéma, Afghanistan, Bild, presse, Allemagne
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