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Roué de coups par une dizaine d’individus le 15 janvier, Yuriy, toujours hospitalisé, «se réveille» peu à peu du coma. La violente agression, filmée par une caméra de surveillance, a provoqué de vives réactions. L'enquête pour «tentative d'homicide volontaire» est en cours, alors que la famille ne cesse de recevoir des manifestations de soutien.

Près de son collège Guillaume-Apollinaire, dans le 15e arrondissement de Paris, Yuriy, 15 ans, a été sauvagement pris à partie le 15 janvier dans l'après-midi, par une bande d’individus encapuchonnés. Ce déferlement de violence a été enregistré par une caméra de surveillance et dans les jours qui ont suivi le lynchage, la vidéo choc s'est largement propagée sur les réseaux sociaux.

Ce qu’il s'est passé le 15 janvier

Un collégien de troisième a été pris pour cible le 15 janvier, à proximité de son établissement scolaire du 15e arrondissement, par au moins huit individus qui lui ont porté de violents coups de pied, de poing et apparemment de bâton, à en juger par les images fournies par une caméra de surveillance qui circulent en ligne. Selon BFM TV, une massette et une barre de fer ont été retrouvées sur place.

L’agression a eu lieu lorsque Yuriy rentrait chez lui après les cours, accompagné de deux copains.

Sur la vidéo en question, le garçon est à terre. Comme l'a expliqué la mère de la victime sur Instagram, Yuriy «est tombé au moment où tout le monde est parti en courant».

Quand la police est arrivée sur place, les agresseurs du garçon avaient déjà quitté les lieux. L’adolescent a été pris en charge à l'hôpital Necker dans un état grave.

«Règlement de comptes» entre bandes rivales?

D'après le cousin de la victime, contacté par LCI, l’agression s’est produite «sur la dalle Beaugrenelle après les cours, entre 17 h et 18h». Évoquant «une histoire de bandes rivales», le jeune homme a raconté à la chaîne de télévision qu’«une bande d'individus, apparemment de Vanves [une commune des Hauts-de-Seine limitrophe de Paris, ndlr]» s’est rendue sur place cherchant «visiblement des jeunes du quartier».

«Ils ont dû se dire que Yuriy faisait partie des personnes qu'ils recherchaient. Et quand mon cousin a voulu partir en courant, il est tombé au sol et là, ils l'ont tabassé», a-t-il déclaré au micro de LCI.

BFM TV précise que plusieurs témoins ont rapporté avoir entendu les agresseurs crier «c'est nous, Vanves », information qui semble confirmer l'hypothèse. Toujours selon cette chaîne, il pourrait s’agir d’une vengeance de la part de la bande de Vanves dont l’un des membres aurait été passé à tabac lors d’une première bagarre avec le groupe de Beaugrenelle.

Il est pour le moment impossible de dire si l’adolescent est une victime collatérale de cette rivalité. Par ailleurs, sa famille souligne qu’il n'a jamais évoqué le moindre problème avec la bande de Vanves, selon Le Parisien.

Le parquet de Paris a ouvert dès le 15 janvier une enquête pour «tentative d'homicide volontaire» qui a été confiée au troisième district de la police judiciaire de la ville. Un appel à témoins a été lancé par la famille, y compris sur les réseaux sociaux. Pour le moment, aucune information concrète sur ses agresseurs, vêtus de noir et encapuchonnés au moment du passage à tabac, n’est disponible mais les images de la vidéosurveillance seront examinées à cette fin.

L’état actuel de Yuriy

D'après le premier certificat médical, Yuriy souffre d'un traumatisme crânien avec plusieurs fractures graves, d'un hématome entre le cerveau et le crâne et d'une contusion cérébrale. Un de ses doigts et son nez sont cassés, il a également plusieurs plaies à la cuisse. Il a passé huit jours dans un coma artificiel. À ce stade, son pronostic vital n’est plus engagé.

Sur le compte Instagram dédié à la recherche de témoins qu’elle a créé, la mère du garçon tabassé donne de temps en temps des nouvelles de son fils plongé dans un coma artificiel. Le 23 janvier, huit jours après l’agression, il a commencé «à se réveiller et à bouger un peu». Pour autant, précise-t-elle, il «ne parle pas pour le moment».

Interrogé ce dimanche par CNews, la femme a déclaré que son fils, pas très «rassuré», «se réveill[ait]» peu à peu et qu’il souffrait de temps en temps «de crises d’angoisse».

Un vif émoi dans la société

Cet «acte immonde» pour Gérald Darmanin, a provoqué de vives réactions dans la société française. Le monde politique n’a pas tardé à exprimer son soutien à la famille de la victime: la mère de Yuriy a déclaré avoir même été contactée par le cabinet présidentiel qui, selon BFM TV, lui a fait part de son soutien ainsi que de sa volonté d'être intraitable avec les auteurs de l’agression.

Après le ministre de l’Intérieur, c’est la maire de Paris Anne Hidalgo qui s’est dite «extrêmement choquée» par cette agression qu’elle qualifie d’«inouïe».

Réagissant à l’antenne de CNews, Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement, a pour sa part pointé la nécessité de «sanctions pénales», évoquant en outre la nécessité d’«une présence policière plus forte».

Outre les personnalités politiques, plusieurs célébrités comme l’acteur Omar Sy ou le footballeur Antoine Griezmann ont également exprimé leur émotion après l’agression de Yuriy.

«Bon rétablissement à toi Yuriy, je pense bien à toi et aux tiens», a écrit Omar Sy le 23 janvier.

Un autre message, cette fois-ci du footballeur Antoine Griezmann, va «faire vraiment plaisir » au garçon qui, d'après sa mère, a rêvé de devenir footballeur professionnel.

«Des images insoutenables. Force à toi Yuriy et bon rétablissement», a tweeté la vedette des Bleus.

D’autres stars parmi lesquelles l'acteur et humoriste Ahmed Sylla ou le nageur Amaury Leveaux, ont eux aussi apporté leur soutien à l’adolescent.

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Tags:
coma, agression, Paris
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