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    La police municipale française

    Armer ou ne pas armer? Ces villes françaises disent oui à l'armement de leurs policiers

    © AFP 2019 PASCAL GUYOT
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    Quand la menace évolue, la réponse doit évoluer aussi. De plus en plus de villes françaises refusent de jouer le jeu des terroristes et décident d'armer leur police municipale. Quelles démarches sont déjà entreprises en l'espèce?

    Alors que la police municipale a pour fonction principale de prévenir et constater les infractions mineurs, de surveiller l'ordre publique, les policiers ne portent toujours pas d'armes, mais le djihadiste, s'arrêtera-t-il devant une ville non armée? Non, il y ira plutôt plus vigoureusement, lui-même bien armé au contraire.

    Et la France devient petit à petit consciente de la nécessité de ce type d'armement. Tout d'abord, les assassinats d'Aurélie Fouquet en 2010 et celui de Clarissa Jean-Philippe en 2015 ont relancé le débat. Puis, le gouvernement a décidé de mettre à disposition des collectivités plus de 4.000 revolvers en février 2016. Les conditions de port d'armes pour les policiers municipaux ont été assouplies dernièrement.

    L'attentat de Nice a poussé de nouvelles communes à équiper leurs policiers d'armes à feu. Par exemple, le maire de Pau François Bayrou a rejoint vendredi dernier la liste des maires qui ont accepté d'armer la police municipale, cette liste contient déjà Lyon, Marseille, Metz, Orléans, Tarbes, Belfort et bien d'autres. A peu près la moitié des polices municipales en France sont déjà armées.

    Découvrez avec Sputnik qu'en est-il précisément de l'armement des policiers municipaux dans chaque ville.

    Alès

    Quelques jours après l'attentat de Nice, le syndicat Force ouvrière (FO) de la police municipale de la ville a demandé que ses agents soient armés.

    Bayonne

    La préfecture des Pyrénées-Atlantiques et la ville de Bayonne ont renforcé le dispositif de sécurité des fêtes estivales: installation de chicanes pour éviter toute intrusion d'un véhicule à l'intérieur des remparts de la ville, un espace transformé en gigantesque zone piétonnière et où se concentre la fête, augmentation des effectifs des forces de l'ordre et des services de secours qui passent de 1.800 l'an dernier à 1.900 et présence visible de 60 militaires de l'opération Sentinelle et tireurs d'élite du Raid.

    Belfort

    Dans la foulée de l'attentat de Nice, le député-maire de Belfort, Damien Meslot, a pris la décision de faire armer la police municipale.

    "Je n'y étais pas favorable jusqu'ici, mais je ne peux pas laisser nos policiers seuls avec des tasers face à une voiture folle", a-t-il expliqué, cité par L'Est républicain. "La menace terroriste augmente et peut éclater partout, sous n'importe quelle forme. Il faut s'y adapter".

    La décision doit faire l'objet d'un vote lors du prochain conseil municipal de la ville.

    Besançon

    Le sujet a suscité un débat vif au sein de la société de Besançon.

    "Dans ce contexte, nous réitérons notre demande au maire, Jean-Louis Fousseret, pour obtenir des armes de poing, revolvers ou pistolets, que le gouvernement tient à la disposition des maires de France désireux d'en équiper leur police municipale", explique le syndicat FO de Besançon. "Comment pourrions-nous riposter en cas d'attaque ciblée? Nous serions démunis, sachant qu'il n'y a que deux cartouches pour le pistolet électrique et qu'il faut s'approcher de l'agresseur à moins de dix mètres pour le neutraliser avec", justifie-t-il.

    "Si je devais les envoyer dans les quartiers difficiles la nuit, je changerais de position", répond le maire.

    Béziers

    La ville de Robert Ménard a armé ses policiers municipaux dès le 1er février 2016 et l'a annoncé avec des affiches sur lesquelles on pouvait lire "Désormais la police municipale a un nouvel ami" qui ont largement fait parler sur les réseaux sociaux.

    Neuf policiers — déjà formés et en provenance d'autres polices municipales déjà armées — patrouillent avec cette arme, essentiellement la nuit.

    Bourg-en-Bresse

    "C'est une réflexion qui était engagée avec les policiers municipaux depuis les actes terroristes du mois de janvier (2015, ndlr)", a expliqué au Progrès Baptiste Monnot, directeur de cabinet du maire Jean-François Debat (PS).

    La décision d'armer les policiers municipaux de jour (ils l'étaient déjà de nuit depuis 2004) est prise, pour l'instant, "pour la durée de l'état d'urgence".

    Caen
    La commune de Caen est déjà armée depuis une trentaine d'années.

    Evreux

    L'attentat de Nice a précipité les discussions sur l'armement de la police municipale à Évreux.

    "Il y aura un débat sur cette question à la rentrée", a expliqué à Paris-Normandie le maire (LR) de la commune, Guy Lefrand, en marge d'un rassemblement en hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet.

    Le Havre

    En réponse aux sollicitations des syndicats, Le Havre mettra en place un groupe de travail pour mener une réflexion sur le port de l'arme de poing par les policiers municipaux.

    Lyon

    Les attentats de novembre à Paris ont précipité la décision du maire Gérard Collomb. Historiquement opposé à cette mesure, il a finalement proposé que 200 agents volontaires pour être armés puissent désormais l'être.

    "Les circonstances ont changé", estime-t-il pertinemment.

    Marseille

    Après l'attentat de Nice, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin(LR), dont les policiers municipaux sont armés, a demandé au premier ministre, une mobilisation accrue et significative de tous les moyens humains et matériels nécessaires à la protection des Marseillais, ainsi que des milliers de visiteurs ou de touristes.

    La police de Marseille utilise le gaz lacrimogène contre des fans en marge d'un match de l'Euro 2016
    © REUTERS / Jean-Paul Pelissier
    La police de Marseille utilise le gaz lacrimogène contre des fans en marge d'un match de l'Euro 2016

    Nice

    Armés, les policiers municipaux de Nice réclament plus de moyens depuis l'attentat du 14 juillet. Ils souhaitent disposer du même armement que la police nationale et pouvoir porter leur arme en dehors de leur service.

    La police sur le Promenade des Anglais. Nice, le 17 juillet, 2016
    © AP Photo / Luca Bruno
    La police sur le Promenade des Anglais. Nice, le 17 juillet, 2016

    Le Puy-en-Velay

    Six policiers municipaux de la ville étaient armés fin juin, après une décision prise au lendemain des attentats de Paris.

    "Les cinq autres policiers suivront leur formation fin août et début septembre", a indiqué l'adjoint au maire en charge des questions de sécurité.

    Saint-Quentin

    Onze policiers municipaux de Saint-Quentin ont obtenu en juillet l'autorisation, accordée pour cinq ans, de la préfecture de porter une arme, après une demande exprimée par la ville en novembre.
    "La question de l'armement est apparue comme une évidence compte tenu du contexte national et international", explique le maire de la ville, Frédérique Macarez.

    Pau

    Jusqu'ici réticent à une telle mesure, le maire MoDem François Bayrou a indiqué le 29 juillet que les policiers municipaux (36 prévus fin 2016) de Pau seraient désormais armés, après avoir passé une qualification.

    Jusqu'ici, seules les brigades de nuit de la police municipale de Pau étaient équipées de Taser ou de Flash-Ball.

    Romilly-sur-Seine

    Les huit agents de la police municipale sont équipés depuis le 20 juin. "La première demande date du 29 septembre 2011", rappelle l'adjoint à la sécurité Jacques Beaujean dans l'Est éclair. Les événements de 2015 ont accéléré le processus.

    Nancy

    La réflexion est lancée à Nancy depuis le mois de mai au sujet de l'armement des 65 agents de la police municipale, motivée par les attentats de janvier et novembre 2015. La décision sera rendue à l'automne.

    Toulouse

    De jour comme de nuit, les policiers municipaux de Toulouse sont munis d'un revolver.38 depuis novembre 2014.

    Au total, sur plus de 21.000 policiers municipaux dans le pays, la moitié est dotée d'armes à feu, d'après Les Échos. Auparavant divisés sur ce sujet, les maires se mettent de plus en plus d'accord, surtout après l'attentat de Nice, sur le fait qu'il faut bien remettre la question de l'armement sur la table des discussions. Sur cette carte, les villes en rouge sont armées ou favorables à l'armement, en bleu — opposées et le vert signifie que la question est en cour d'étude.

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    Tags:
    armements, police, commune, France
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