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    Enfants réfugiés

    Les centres d’accueil français pour les enfants réfugiés «en dessous de tout»

    © AP Photo/ Amel Emric
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    Après avoir été expulsés de la Jungle de Calais, ces enfants ont été accueillis au Royaume-Uni. Mais, rejetés par le gouvernement britannique, ils ont été rapatriés en France dans des centres d’accueil censés s’occuper d’eux. Mal nourris, sans soutien psychologique, ils souffrent. Certains vont jusqu’à se suicider.

    Certains des 64 camps improvisés sur le sol français où les mineurs non-accompagnés ont été envoyés et qui, selon le gouvernement britannique, devraient leur fournir des soins adaptés, ne le font pas et ne leur fournissent ni nourriture appropriée, ni garanties de sécurité, ni soutien psychologique.

    Certains des responsables des centres d'accueil confient se sentir « impuissants face au manque de soutien », d'autres réfutent toutes les allégations et accusations dont ils font l'objet, relate The Independent. Une tentative de suicide entreprise par un enfant de 14 ans a même été constatée.

    Mme Elaine Ortiz, fondatrice du programme de charité Hummingbird qui s'occupe des enfants de la Jungle de Calais, a parlé de l'enfant du centre de Luchon qui accueille 30 mineurs non-accompagnés dont la santé mentale était désorientée ces derniers mois :

    « Il n'avait pas de vêtements appropriés. Il n'avait pas de veste, pas de vêtements de rechange. Alors, même s'il les lavait, il devait mettre la housse de son duvet en attendant que ses vêtements sèchent. »

    M. Tourret, président de l'organisation ANRAS (Association nationale de recherche et d'action solidaire, ndlr), a confirmé que pendant les heures nocturnes, il n'y avait qu'une seule personne à veiller les enfants et que ces derniers se promenaient assez tard jusqu'à ce qu'il fasse trop froid. Il a également constaté que les enfants avaient des soucis mentaux :

    « Ce n'est pas une question de finances. C'est à cause du manque de psychologues […]. Nous nous sentons impuissants face à ce manque de soutien ».

    Il a également confirmé que la situation était « compliquée » en raison du manque de temps pour se préparer à l'arrivée des enfants. Une organisation internationale chargée du troisième centre a renié toutes ces allégations.

    Le deuxième centre en question est celui de la ville du Havre, qui accueille 48 enfants et est dirigé par l'Armée du Salut. Ce centre ne fournit ni « literie », ni « savon » et peine à nourrir tout le monde. Les enfants manquent également cruellement d'un soutien psychologique. Selon les informations, un enfant aurait même été agressé par un collaborateur du centre.

    Mais malgré les photos fournies par Sue Clayton, professeur à l'Université Goldsmith qui a visité le centre du Havre dans le cadre d'une recherche pour un film consacré au destin des enfants de la Jungle de Calais, l'Armée du Salut, en la personne de Davis Germain, son président des communications et du financement, renie toutes ces allégations.

    « Ces maisons pour enfants, elles sont en dessous de tout ce que j'ai pu voir au Royaume-Uni, pire que les pires des maisons […] Ils ne leur donnent qu'un quart de baguette (3 fois par jour, ndlr) avec du ketchup. […] C'est un scandale absolu », confie Mme Clayton.

    Dans le troisième centre d'accueil, situé à Annemasse, à la frontière suisse, les mineurs dorment dans des sortes d'entrepôts souterrains. Un jeune de 15 ans qui y habite avec 24 autres enfants, a expliqué qu'ils vivaient comme « des ânes » :

    « Nous habitons à la manufacture et nous mangeons du pain rassis ».

    L'organisation française Aries, qui dirige ce centre, a confirmé ces informations et a également confié qu'ils n'assuraient pas aux enfants de soutien psychologique, mais qu'ils étaient « sous pression » parce qu'ils avaient été prévenus trop tard de l'arrivée des enfants.

    « La France est censée être le premier pays au monde à fournir une protection adéquate aux enfants et être dotée d'une législation appropriée. Nous n'observons pas la mise en place de cela pour les jeunes avec qui nous travaillons. (…) Ils se sentent abandonnés », a déclaré Mme Elaine Ortiz.

    Selon M. Bochenek, l'avocat principal de l'organisation Human Rights Watch pour les questions relatives aux droits des enfants, qui a aussi visité quelques centres d'accueil fin décembre, les deux gouvernements sont à blâmer, français et britannique, car tous deux ont échoué à réhabiliter ces mineurs non-accompagnés qui vivaient dans la Jungle de Calais.

    Cela fait plus d'un mois que le Bureau de l'Intérieur a mis un terme au transfert des enfants réfugiés depuis la France vers le Royaume-Uni. Une nouvelle directive a fait son apparition par la suite, stipulant que l'accueil des enfants n'était possible que s'ils étaient d'origine soudanaise ou syrienne, avaient moins de 13 ans ou étaient susceptibles d'être exploités sexuellement.

    750 mineurs déclarés sur les 1900 qui habitaient la Jungle dans l'espoir de gagner le Royaume-Uni, ont été acceptés par le Bureau de l'Intérieur et transférés Outre-Manche, plusieurs d'entre eux par le biais de liens familiaux. Quelques centaines de demandes ont été rejetées sans que justifications ou explications suffisantes n'aient été présentées.

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    Tags:
    centre d'accueil, hébergement, enfants, réfugiés, Royaume-Uni, France
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