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    L’ambassadeur russe à Paris sur la division des médias en «bons» et «mauvais»

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    Commentant la discussion par des élus français de la proposition de loi destinée à lutter contre les fake news en période électorale, l’ambassadeur russe à Paris, Alexeï Mechkov a rappelé dans un commentaire à Sputnik qu’aux yeux de nombreux experts la division des médias en «bons» et «mauvais» n’était rien d’autre que de la censure.

    La proposition de loi anti-fausses informations étant discutées par le parlement et le Président français n’ayant accusé que Sputnik et RT de diffamation, certains experts estiment que la loi ne vise que ces deux médias russes. Dans ce contexte, Sputnik a prié l’ambassadeur de Russie en France, Alexeï Mechkov d’évaluer d’éventuelles conséquences de cette loi.

    «Comme vous devez le savoir, ce projet de loi a suscité une vaste polémique non seulement dans les milieux médiatiques étranges, dont russes, mais aussi à l’intérieur de la France. De nombreux experts ont tendance à estimer que la tentative de l’État [français, ndlr] de diviser au niveau législatif les médias en bons et mauvais, en fiables et pas fiables n’est rien d’autre que de la censure. En outre, on ne comprend pas bien comment elle sera appliquée dans la pratique. On a envie de demander "Qui sont les juges?" et comment ces juges définiront quelles publications ou sujets tombent sous l’action de cette loi», a-t-il indiqué.

    Et de rappeler que cette loi prévoyait des sanctions pour les médias étrangers pouvant aller jusqu’au retrait de leur licence.

    «Et là, tous les médias étrangers travaillant en France, pas seulement russes, se trouvent dans la même situation. Certes, le fait que les Français ont notamment inscrit la chaîne RT France et l’agence Sputnik comme "agents d’influence" ne peut que préoccuper, tandis qu’une série d’experts disent que cette loi les vise directement», a poursuivi l’ambassadeur.

    Et d’ajouter que d’après ses informations les accusations visant ces deux médias n’avaient pas été fondées sur des preuves factuelles.

    «Nous espérons que la France ne s’écarte pas de sa position de dévouement à la liberté de parole dont on a tant entendu parler», a-t-il conclu.

    Pour rappel, adoptées par l’Assemblée nationale début juillet, les deux propositions de loi controversées visent à permettre à un candidat ou un parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de «fausses informations» durant les trois mois précédant un scrutin national. Elles imposent aussi aux plateformes numériques (Facebook, Twitter, etc.) des obligations de transparence lorsqu'elles diffusent des contenus contre rémunération. Une série de personnalités, dont le secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes (IFJ) Ricardo Gutierrez, ont exprimé leur préoccupations face à cette initiative, ce dernier l’ayant jugé de «mauvaise stratégie contre-productive et inefficace».

    S’exprimant toujours au sujet de cette loi, Alain Houpert, sénateur de la Côte-d'Or, a relevé qu’elle mettait la «démocratie dans les cordes».

    «Voulons-nous vraiment revenir à l'époque de Galilée et Copernic? Je ne veux pas que l'on passe d'une démocratie à une démocrature», avait-il récemment déclaré.

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    Tags:
    loi anti-fake news, ambassadeur, Alexeï Mechkov, France, Russie
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