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    Jérôme Rodrigues

    «Mensonges», vidéos «inexploitables»: les zones d'ombre entourant la blessure de Rodrigues

    © AFP 2018 Zakaria ABDELKAFI
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    Le 26 janvier à Paris, Jérôme Rodrigues est grièvement blessé à l’œil, accusant un tir de LBD. Contrairement aux déclarations de Laurent Nuñez, l’émission Quotidien affirme qu’un tir de LBD a réellement eu lieu en présentant deux vidéos. De plus, France Inter écrit que les vidéos tournées par les policiers ce jour-là seraient inexploitables.

    Face aux enquêteurs de l'IGPN (la police des polices), le Gilet jaune Jérôme Rodrigues déclare qu'il a fait l'objet d'un tir de lanceur de balles de défense. De son côté, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé qu'il n'y avait pas eu de tir de LBD place de la Bastille à ce moment-là. À l'aide de plusieurs éléments, Quotidien conteste la version de ce dernier.

    Tout d'abord, un «bruit sourd», qui est entendu sur une vidéo de la scène, suggère l'utilisation de cette arme. Les images filmées d'un autre angle montrent un policier dégainer et faire usage de son LBD juste après l'explosion de la grenade.

    Ensuite, l'émission télévisée s'appuie sur une vidéo au ralenti, reprise d'un Facebook Live de Gilets jaunes.

    Le scénario du journal correspond à ce que le Gilet jaune a affirmé après son audition par la police des polices. «L'IGPN m'a confirmé que sur les vidéos qui ont été vues il y a bien le "boum" de la grenade et le "poc", qui suit derrière, du tir de LBD», avait-il indiqué lors d'une conférence de presse.

    De plus, selon des informations de France Inter, l'IGPN rencontrerait des problèmes pour analyser les images fournies par les caméras-piétons, dont la police a doté ses agents à l'aube de l'acte 11. Des dysfonctionnements des batteries ou des objectifs obstrués par la position des bras rendraient ces séquences inexploitables.

    «Il y avait également la possibilité de s'appuyer sur deux caméras fixes placées en hauteur, place de la Bastille mais l'une d'elle filmait une autre charge de policiers et la deuxième n'aurait pas eu le "bon angle de vision"», écrit le journal, s'appuyant sur une source proche du dossier.

    Auparavant, le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait rejeté la version de M.Rodrigues sur sa blessure des suites d'un tir de LBD. «Je n'ai aucun élément qui me permette de dire qu'il y a eu usage du lanceur de balle de défense à cet endroit-là et qui aurait touché M.Rodrigues. 32 tirs ont été filmés, y compris les 18 qui ont eu lieu à la Bastille et à ce moment-là, nous n'avons pas de tir de LBD», a-t-il constaté sur LCI dimanche.

    Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a commenté lui aussi les accusations du Gilet jaune.

    «Pour l'accident dont a été victime Jérôme Rodrigues, ce que je sais c'est qu'il y a eu l'envoi d'une grenade de désencerclement et qu'à ce moment-là, il a été blessé. Il y a débat, il y a une enquête», a affirmé ce mardi le ministre.

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    Inspection générale de la police nationale (IGPN), Laurent Nuñez, Christophe Castaner, Jérôme Rodrigues, France
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