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    Hôtel de Matignon

    Matignon confirme avoir été en lien avec le parquet avant la perquisition de Mediapart

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    D’après Mediapart, c’est le gouvernement français qui a transmis des «éléments» au parquet de Paris qui a ouvert une enquête à son encontre. Contacté par Le Monde, Matignon confirme que c’est le directeur de cabinet d’Édouard Philippe qui a transmis au procureur de Paris des informations émanant de journalistes.

    Après que deux procureurs accompagnés de policiers sont venus lundi mener une perquisition dans les locaux de Mediapart, ce média, ayant rendu publics des enregistrements compromettants d’Alexandre Benalla et Vincent Crase, a déclaré que c’est l’hôtel de Matignon qui avait provoqué l’enquête.

    «Quarante-huit heures après la tentative de perquisition […] le parquet de Paris continue d'entretenir le mystère sur les "éléments" reçus qui sont à l'origine de sa procédure pour atteinte à la vie privée ouverte à la suite des révélations de Mediapart de la semaine dernière. […] Selon nos informations, cette procédure attentatoire à la liberté de la presse a été ouverte à la suite de la transmission, vendredi 1er février, de rumeurs par le pouvoir exécutif, plus précisément les services du Premier ministre Édouard Philippe», indique le média.

    Et d’ajouter que, la veille de ces faits, ces derniers avaient été eux-mêmes interrogés par l’édition Valeurs actuelles.

    Comme l’explique Mediapart, le 31 janvier, Valeurs actuelles a adressé des questions à Matignon visant à savoir si la conversation enregistrée entre Benalla et Crase avait eu lieu dans l'appartement de la responsable du Groupement de sécurité du Premier ministre (GSPM) et si les enregistrements d’une discussion entre Benalla et Crase ne seraient pas des écoutes administratives. Ayant reçu des réponses négatives, le média n’a donc rien publié.

    Mediapart conclut que c’est sur la base d’une simple alerte «qui repose sur du sable» que l’enquête a été ouverte.

    Matignon confirme au Monde avoir contacté le parquet

    Dans les heures qui ont suivi la publication, Le Monde a publié la réponse de Matignon, expliquant que c’est le directeur de cabinet d’Édouard Philippe, Benoît Ribadeau-Dumas, qui a transmis au procureur de Paris des informations émanant de journalistes.

    Matignon, confirmant les informations de Mediapart, a adressé la réponse suivante au Monde: «Plusieurs journalistes nous ont contactés jeudi et vendredi pour tenter d’établir un lien entre la chef du GSPM, son conjoint, et la rupture du contrôle judiciaire de MM. Benalla et Crase».

    Et d’ajouter: « Il ne s’agit en aucun cas d’un signalement ou d’un article 40 [du code pénal, qui impose aux agents publics le signalement des crimes ou délits dont ils ont connaissance]. Il s’agit simplement de partager en toute transparence avec la justice des éléments de réponse transmis à la presse et qui sont susceptibles de concerner une affaire judiciaire en cours. Qui comprendrait que Matignon réserve à la presse des informations que la justice pourrait estimer utiles?».

    Après la divulgation la semaine dernière de six enregistrements de discussions entre Benalla et Crase par Mediapart, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris pour «atteinte à l'intimité de la vie privée» et «détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception et de télécommunications ou de conversations». Mediapart souligne que s’il a accepté de remettre une copie des enregistrements à la justice, il a refusé lundi à deux procureurs et aux policiers les accompagnant de perquisitionner ses locaux, expliquant que cela risquait de «permettre de voir et récupérer des documents et informations confidentielles dans cette enquête au cœur du pouvoir mais aussi dans d'autres dossiers en cours».

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    Tags:
    enquête, hôtel Matignon, Valeurs actuelles, Mediapart, Parquet de Paris, Le Monde, Edouard Philippe, France
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