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Élections municipales de 2020 en France (95)
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Surprise à Marseille, où la candidate d’union de la gauche, Michèle Rubirola, a devancé de 1% Martine Vassal (LR). Déception en revanche pour le candidat RN, Stéphane Ravier, qui n’est que troisième. Dans un scrutin marqué par la crise du coronavirus, Sputnik a interrogé le sénateur marseillais, qui ne croit pas à l’organisation d’un second tour.

En ces temps de pandémie de coronavirus, la grande gagnante des élections municipales organisées ce dimanche 15 mars en France est plus que jamais l’abstention, avec un taux de 55,25%, un record historique pour les Municipales.

À Marseille, la deuxième ville la plus peuplée de France, ce chiffre a grimpé à 67,24%. Nombre de politiques ont appelé au report de ces élections, considérant que son résultat était faussé par la crise sanitaire. Dans un tel contexte, le deuxième tour, prévu le 22 mars, va-t-il être reporté? C’est ce que réclame le sénateur Rassemblement national, Stéphane Ravier, arrivé en troisième position dans la cité phocéenne, avec 19,45% des voix, derrière Michèle Rubirola, (union de la gauche, à 23,44% des suffrages) et Martine Vassal, (LR, 22,32% des votes).

​Expliquant cette contre-performance, le sénateur estime que son électorat a été «le plus discipliné», le plus à l’écoute des mesures de l’exécutif afin de lutter contre le coronavirus.

«Que peut-on tirer comme enseignement réel de la situation politique à Marseille? Aucun. L’abstention est telle que ça ne veut rien dire, en tout cas, cela ne correspond pas à la réalité.»

Il a ainsi été difficile pour les électeurs de faire fi de la crise sanitaire en cours. En conséquence, le sénateur marseillais ne veut pas croire à l’organisation d’un second tour.

«Je suis certain que le Président de la République va annoncer un report du 2e tour, avec un délai tel que cela annulera le premier tour. À moins qu’il n’y ait des juristes au raisonnement fumeux qui nous fassent avaler que le résultat du 1er tour est enregistré et acquis, mais ça m’étonnerait. Avec Macron, on peut s’attendre à tout. Mais je ne le vois pas ne pas reporter le second tour.»

Pourtant, le scrutin phocéen est intéressant à analyser à plusieurs titres. Le maire sortant, Jean-Claude Gaudin, ne se représentait pas.

Vers un report du 2d tour des Municipales?

À la tête de la ville depuis vingt-cinq ans, il a désigné Martine Vassal, présidente Les Républicains de la métropole et du département, pour lui succéder. Celle-ci a la lourde tâche d’assumer un bilan municipal notamment entaché en 2018 par l’effondrement de deux immeubles, rue d’Aubagne, faisant huit morts.

L’insécurité y est également toujours présente. Deux jeunes hommes ont été tués par balles depuis le mois de janvier. Contacté par l’AFP, Maurice Olive, maître de conférence en sciences politiques à l’université d’Aix-Marseille, évoque une campagne marquée par «des enjeux urbains, sanitaires et environnementaux». Trois thématiques politiques plutôt marquées à gauche, qui pourraient constituer un facteur d’explication pour cette troisième place de Stéphane Ravier. Il réfute en bloc.

«Nous avons parlé d’urbanisme, de propreté, de transports, mais aussi d’insécurité, de communautarisme, d’islamisme. Je pense que nous n’avons rien oublié. Je ne me défile pas en martelant que notre électorat était celui qui s’est le plus démobilisé et celui de la gauche le plus mobilisé. Je ne pense pas avoir fait d’erreur stratégique, la campagne a été complète.»

L’ancien maire du VIIe secteur de Marseille et candidat aux Municipales a reçu la visite de Marine Le Pen le 6 mars pour un grand meeting organisé dans le parc Chanot. La présidente du Rassemblement national fondait ainsi ses espoirs en Stéphane Ravier, malgré un schéma de triangulaires qui pouvait difficilement lui sourire, car le candidat RN manquait de réserves de voix.

À Marseille, une triangulaire défavorable au RN

En attente de l’allocution d’Emmanuel Macron à 20h qui pourrait décider la mise en place du confinement généralisé, le sénateur marseillais dresse un jugement sans appel: le second tour ne doit pas avoir lieu.

«La campagne a volé en éclats, s’est fissurée lorsque le Président de la République s’est exprimé. Je rappelle que trois ou quatre jours avant, il nous demandait et préconisait que nous nous rendions dans les bars, les restaurants, les cinémas et que tout allait bien. Trois jours après, il nous annonce ce qui ressemble à un cataclysme et la veille de l’élection, nous avons son Premier ministre qui annonce fermer les commerces. Il y a vraiment le feu à la maison France. Ça a fait exploser la campagne. Et je ne vois pas comment cela pourrait aller mieux dimanche prochain.»
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Élections municipales de 2020 en France (95)

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France, Marine Le Pen, Edouard Philippe, Emmanuel Macron
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